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| Le camp de réfugiés d’Al-Isra, dans le centre de la ville de Gaza, bombardé par Israël le 23 mars 2025. © Saher Alghorra / Imago |
« Pas d’arme, pas de génocide » : sous la verrière de la Bourse du Travail de Paris, quatre organisations de solidarité avec la Palestine (BDS, l’association France Palestine Solidarité, Urgence Palestine et Stop arming Israël) ont lancé, au cours d’une soirée d’échanges, un mois d’action contre l’armement d’Israël, le nerf de la guerre à Gaza et au Liban. « Les armes ne viennent pas de nulle part, le génocide se fabrique aussi à nos portes, dans des contrats discrets », a résumé Salah Hamouri pour Urgence Palestine.
L’ex-prisonnier des geôles israéliennes a détaillé le rapport, que l’Humanité a pu se procurer, sur les livraisons d’équipements militaires par des entreprises françaises. « Que l’on ne vienne pas nous parler d’usage défensif. Des visières électroniques pour des pilotes d’hélicoptère, est-ce défensif ? Un système de refroidissement pour l’électronique de chars, c’est défensif ? », s’est interrogé Salah Hamouri.
« Des actionnaires en France font du profit sur ce commerce »
« L’arrêt du commerce des armes avec Israël est une obligation internationale », a développé Anne Tuaillon pour l’Association France Palestine Solidarité (AFPS). Or la France n’a jamais cessé d’en livrer, sans compter que 6 500 citoyens français servent dans l’armée d’occupation israélienne.
« Nous lançons ce mois contre l’armement parce que nous en sommes à trois ans de génocide, lance Anne Tuaillon, et que derrière, il y a des décennies de dépossession, rendues possibles seulement parce que nos gouvernements accordent une impunité totale à Israël. » La branche française de Stop arming Israël, créée en novembre 2023, souligne, elle, que d’après les décomptes effectués, ce sont environ 70 entreprises françaises qui contribuent à l’effort de guerre de Tel Aviv, et que « des actionnaires en France font du profit sur ce commerce ».
Des actions des dockers dans les ports
La France, ont rappelé les députées Mathilde Panot (La France insoumise) et Sabrina Sebaihi (Les Écologistes), continue de nier fournir des armes, en se réfugiant derrière le secret-défense. Pour Olivier Besancenot (NPA-Anticapitaliste), qui qualifie la France de « puissance impérialiste complice », « exprimer sa solidarité à l’égard des Palestiniens, c’est aussi s’opposer à un appareil d’État en voie de fascisation » – tirant ainsi un trait d’union avec l’actualité sociale du pays.
En miroir, Pascal Fournet du bureau confédéral de la CGT dénonce, avec la politique de Netanyahou, « la perpétuation d’un système colonial répressif ». Et prévient : après la journée de manifestations le 10 octobre, le mois d’action se clôturera le 30 octobre, avec une journée d’action internationale, « il y aura des actions des dockers dans les ports européens, et même de la côte ouest des États-Unis ».
Porté également par Solidaires, ce mois d’action est destiné à peser aussi sur le pouvoir israélien – et non seulement un gouvernement français « qui a trois ans de retard » a dénoncé Sabrine Sebaihi. « De même que l’embargo contre l’Afrique du Sud a contribué à l’isolement du régime d’apartheid avec, alors, la mobilisation d’organisations internationales », la société civile palestinienne se mobilise contre le complexe militaro-industriel israélien, a noté Imen Habib pour l’association BDS.
Car, si la répression israélienne a besoin d’équipements et d’armes étrangères, « n’oublions pas non plus que des systèmes avec l’argument qu’ils ont été ‘‘testés sur le terrain” sont aussi vendus par des sociétés israéliennes. Ce mois d’action est l’occasion d’agir sur chaque maillon de cette chaîne. »
Lionel Venturini
L'Humanité du 02 octobre 26

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