Guerre au Moyen-Orient : en Israël, l’extrême droite exige une réponse militaire après l’accord entre les États-Unis et l'Iran

 

Des ministres israélien, tels que le fasciste Bezalel Smotrich (au centre) critiquent vivement l’accord de cessez-le-feu entre les États-Unis et l’Iran qu'ils considèrent comme une menace pour la sécuritié d'Israël.
© Eyal Warshavsky/ZUMA-REA
Sous pression des formations d’extrême droite de son gouvernement, le premier ministre israélien, en pleine campagne des législatives, peut difficilement accepter un compromis entre Washington et Téhéran, son pire ennemi.
Le gouvernement israélien peut-il encore torpiller l’accord de cessez-le-feu conclu entre les États-Unis et l’Iran ? Les critiques se sont multipliées, lundi 15 juin, dans ses rangs. Le ministre des Finances, le fasciste Bezalel Smotrich, a déclaré que ce compromis était « néfaste pour Israël et l’ensemble du monde libre ».
À la tête d’une formation sioniste d’extrême droite, il a écrit sur X : « Nous devrons poursuivre la campagne visant à renverser le régime [iranien] par nos propres moyens et de manière créative, et veiller à ce que l’Iran ne dispose jamais d’armes nucléaires. »

Tel-Aviv promet de poursuivre ses opérations militaires
La plupart des dirigeants condamnent cet accord et jouent la surenchère à quelques mois des élections législatives, en invoquant la sécurité d’Israël. Interdit de territoire en France, le ministre d’extrême droite chargé de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a rejeté le texte.
« Ma position est claire : nous ne sommes pas parties prenantes à cet accord, qui ne garantit pas notre sécurité, et il ne nous lie en aucune manière » car « Israël n’est pas un sujet des États-Unis », a-t-il indiqué sur X. L’ancien premier ministre et président du parti Together (Ensemble), Naftali Bennett, rival de Netanyahou pour le prochain scrutin, a lui aussi qualifié l’accord entre les États-Unis et l’Iran de « tournant dangereux pour la sécurité d’Israël », ajoutant que « seule une nouvelle direction peut redresser la situation ».
Quelques heures après l’annonce, l’armée israélienne a bombardé le sud du Liban. Si la fin de l’invasion israélienne et de la guerre est bien inscrite dans le protocole d’accord, le ministre de la Défense, Israël Katz, a avancé que « l’armée israélienne restera dans les zones de sécurité au Liban, en Syrie et à Gaza – pour une durée indéterminée – afin de défendre la frontière et les communautés israéliennes contre les éléments djihadistes ».
Dimanche 14 juin, dans un entretien au New York Times, le président états-unien, Donald Trump, qualifiait Benyamin Netanyahou de « type très difficile » qui devrait être « reconnaissant » envers les États-Unis pour l’accord avec Téhéran « car, si l’Iran disposait de l’arme nucléaire, Israël n’existerait plus au bout de deux heures ».

Benyamin Netanyahou prêt à durcir le ton
En pleine campagne, ce compromis est une vraie gifle pour le premier ministre israélien, qui a continûment plaidé ces deux dernières décennies pour une guerre avec l’Iran. « L’objectif de cette opération est de mettre fin à la menace que représente le régime de l’ayatollah en Iran. [Elle] se poursuivra aussi longtemps que nécessaire. Si nous ne les arrêtons pas maintenant, ils deviendront invulnérables », avait-il déclaré dans un message aux Israéliens, le 28 février, alors que Washington et Téhéran négociaient déjà pour aboutir à un accord.
Difficile, dès lors, d’imaginer le chef du Likoud accepter ce deal et perdre une partie des électeurs de droite et d’extrême droite. D’ailleurs, dimanche et lundi, les bombardements israéliens au Liban n’ont pas connu de trêve. « Il ne cherchera qu’à recourir à des méthodes encore plus extrêmes pour l’emporter », redoute le quotidien israélien Haaretz.

Vadim Kamenka
L'Humanité du 15 juin 2026

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