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| Des navires marchands traversent le détroit d’Ormuz le 29 mai dernier, près des côtes de la ville de Khasab au nord d’Oman. © IMAGO / Xinhua |
Les États-Unis ont mené, ce jeudi 11 juin, à l’aube de nouveaux bombardements contre l’Iran, qui a annoncé des ripostes contre des bases militaires au Koweït et à Bahreïn et promis de prendre pour cible tous les navires s’aventurant dans le détroit d’Ormuz. Des bombardements, qui selon l’armée américaine ont visé « des installations de surveillance militaire, des systèmes de communication et des sites de défense aérienne iraniens à travers tout le pays ». Mercredi 10 juin, Donald Trump avait en effet menacé Téhéran, l’accusant de tergiverser dans les négociations pour mettre fin au conflit.
« On était vraiment sur le point de conclure un accord, mais ils n’arrêtent pas de nous mener en bateau, ils se foutent de nous », s’était-il emporté devant la presse. Le ministre américain de la Défense, Pete Hegseth, a, quant à lui, reproché à l’Iran de « jouer au chat et à la souris » dans les négociations. « Si nous devons négocier à coups de bombes, nous négocierons avec des bombes, et nous sommes très doués pour ça », a-t-il menacé.
Les bases états-uniennes du Golfe ciblées par Téhéran
Malgré un cessez-le-feu conclu le 8 avril, les deux pays s’étaient déjà mutuellement attaqués dans la nuit de mardi à mercredi. Tôt ce jeudi, des explosions ont été entendues sur l’île de Qeshm, à Minab, Sirik et au niveau du port de Bandar Abbas dans le sud du pays, selon les informations diffusées par les médias iraniens.
En représailles aux dernières frappes américaines, les Gardiens de la Révolution, ont dit avoir lancé des drones sur les bases militaires d’Ali al-Salem et Ahmad al-Jaber, au Koweït, et sur la base aérienne de Sheikh Isa, à Bahreïn. Les médias iraniens avaient auparavant annoncé une attaque contre le quartier général de la 5e flotte américaine à Bahreïn. Les sirènes d’alerte aérienne ont été déclenchées à Bahreïn, selon le ministère de l’Intérieur. Au Koweït, l’armée a annoncé « combattre des cibles aériennes hostiles », et l’autorité de l’aviation civile a fermé l’espace aérien.
Les Gardiens de la Révolution ont par ailleurs affirmé avoir tiré 12 missiles balistiques contre la base d’Al-Azrak, en Jordanie, utilisée par les États-Unis. Téhéran a également averti que ses forces prendraient pour cible tout navire tentant de franchir le détroit stratégique d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du commerce mondial du pétrole et du gaz naturel liquéfié.
Le détroit d’Ormuz de nouveau bloqué ?
« Suite aux violations répétées du cessez-le-feu par l’ennemi américain, le détroit d’Ormuz sera fermé jusqu’à nouvel ordre », ont fait savoir les Gardiens de la Révolution, cités par la télévision d’État. « Aucun navire ne doit quitter son mouillage dans le golfe Persique et la mer d’Oman. Toute approche du détroit d’Ormuz sera considérée comme une collaboration avec l’ennemi », ont-ils averti.
Dans la foulée, la marine iranienne, citée par les médias, a annoncé que « deux navires qui tentaient de franchir illégalement le détroit d’Ormuz ont été frappés », sans plus de précision. « Vous rendez le détroit sacré d’Ormuz dangereux ? ! Nous ferons de cette région un enfer pour vous », a menacé le commandant de l’aviation des Gardiens de la Révolution Sardar Mousavi.
Washington, qui impose pour sa part un blocus aux ports iraniens, a démenti tout blocage du détroit. « Les navires commerciaux continuent de transiter par le détroit d’Ormuz ce soir », a écrit sur X le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Au Liban, Netanyahou tente de rallier la population
À plusieurs milliers de kilomètres, le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, a appelé, mercredi, les Libanais à se joindre à la lutte d’Israël contre le Hezbollah, affirmant que leur pays avait été « pris en otage » par le mouvement chiite.
Après des frappes israéliennes sur Beyrouth, l’Iran d’abord, puis Israël, avaient mené des attaques réciproques dimanche et lundi, pour la première fois depuis l’entrée en vigueur du fragile cessez-le-feu entre Téhéran et Washington le 8 avril.
Téhéran exige que le Liban, où s’affrontent depuis le 2 mars son allié du Hezbollah et Israël, soit inclus dans tout accord pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, déclenchée le 28 février par une attaque israélo-américaine contre l’Iran. Mercredi, au moins douze personnes ont été tuées par les bombardements israéliens dans le sud du Liban. Depuis le début de la guerre, plus de 3 600 Libanais ont été tués par l’armée israélienne.
L'Humanité du 11 juin 26

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