Sanctionnées par Washington pour avoir exercé leurs fonctions au sein de la Cour pénale internationale en délivrant un mandat d’arrêt international contre Benyamin Netanyahou, trois magistrates ont déposé plainte contre Donald Trump et son administration.
Interdiction d’entrée aux États-Unis ou encore restrictions financières… Trois juges de la Cour pénale internationale ont décidé d’attaquer en justice Donald Trump. Les magistrates Kimberly Prost (Canada), Solomy Balungi Bossa (Ouganda) et Reine Adelaide Sophie Alapini-Gansou (Bénin) ont déposé ce mercredi 24 juin une plainte devant le tribunal fédéral de New York contre le président états-unien ainsi que plusieurs membres de son administration dont le secrétaire d’État Marco Rubio et Scott Bessent, ministre des Finances.
Dans leur recours, les trois magistrates dénoncent une tentative d’intimidation visant à entraver leur travail concernant Israël, dont Washington est l’allié inconditionnel, tout en estimant que les sanctions imposées constituent une pression politique « illégale » sur une juridiction internationale indépendante.
La CPI dans le viseur de l’administration Trump
Au cœur du litige on retrouve le décret signé par Donald Trump en février 2025, qui autorise des sanctions contre la CPI et plusieurs de ses responsables, dans le seul but d’entraver l’exercice indépendant de la Cour.
L’administration américaine reproche à la juridiction internationale d’avoir ouvert des enquêtes sur le génocide en cours à Gaza et d’avoir délivré un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou. En annonçant les sanctions, Marco Rubio avait affirmé que les États-Unis ne toléreraient « aucun abus de pouvoir de la CPI » portant atteinte à la souveraineté américaine et israélienne.
Les trois magistrates à l’origine de la plainte figurent parmi les premiers juges visés par Trump. Mais d’autres responsables ont également été ajoutés à la liste noire, parmi lesquels on retrouve des procureurs adjoints comme Nazhat Shameem Khan, ou encore le français Nicolas Guillou, qui avait fait l’objet d’une intervention d’Emmanuel Macron auprès de Donald Trump en février dernier, sans que cela n’aboutisse à ce jour à une levée des sanctions.
Zubeyde Cacan
L'Humanité du 25 juin 26

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