Les autorités libanaises et israéliennes reprennent leurs négociations directes, ce mardi. Donald Trump veut éviter que ce dossier empêche la réussite du protocole d’accord avec l’Iran. Les deux pays pourraient négocier des zones pilotes qui seraient transférées sous contrôle militaire exclusif du Liban.
Les négociations directes entre Israël et le Liban ont repris à Washington, ce mardi. Cette cinquième session doit s’achever jeudi 25 juin et se tient dans l’ombre des pourparlers entre l’Iran et les États-Unis. Les autorités iraniennes ont fait du dossier libanais un volet majeur du protocole d’accord du 17 juin. Beyrouth tient à garder la main sur les modalités de l’après-guerre.
Dans une interview à la radio Sawt Koul Loubnan, le député et ancien ministre Marwan Hamadé, juge que ces discussions « demeurent essentielles malgré les discours selon lesquels le dossier serait désormais géré » par Téhéran Islamabad et le Qatar. Depuis le 20 juin, l’administration Trump a réussi à obtenir un relatif arrêt des combats. « Le cessez-le-feu a rétabli une certaine stabilité au Liban et ouvert la voie aux retraits et à la reconstruction qui s’ensuivra », a-t-il souligné dans une interview à la radio Sawt Koul Loubnan.
Des violations demeurent
Des violations demeurent de la part de l’armée israélienne. Le quotidien libanais, L’Orient-Le Jour évoque qu’une personne a été tuée lundi par des tirs israéliens dans le district de Nabatieh, au sud Liban. La municipalité de Nabatieh el-Faouqa, des civils ont également été pris pour cible alors qu’ils inspectaient leurs habitations dans le quartier d’el-Daïr, a indiqué le maire de la ville. L’attaque a fait trois blessés dont deux dans un état critique, selon une source médicale au sein de l’hôpital Najdaa Chaabiya.
Le Hezbollah a dénoncé mardi une « violation flagrante » du cessez-le-feu après des tirs israéliens. Tel-Aviv a affirmé mardi avoir tiré contre des « terroristes armés ». Depuis la reprise de la guerre au Liban le 2 mars et l’occupation du sud du pays, les opérations israéliennes ont fait plus de 4 100 morts dont une majorité de civils. L’armée israélienne a recensé 36 militaires tués.
Le premier ministre israélien a réaffirmé que les soldats ont toute liberté d’action « pour contrecarrer toute menace directe ou émergente pour eux ou pour les habitants du nord. » Benyamin Netanyahou et sa coalition d’extrême droite font le pari que sur le terrain la mise en place de l’accord soit difficile.
Mais l’administration états-unienne se fait davantage pressante. Si le Liban reste secondaire aux yeux de Donald Trump, le secrétaire d’État, Marco Rubio, a échangé depuis vendredi à plusieurs reprises avec le président libanais Joseph Aoun et le dirigeant israélien. Le journal Haaretz indique que les deux pays allaient négocier afin de « déterminer les zones pilotes qui seraient transférées sous contrôle militaire exclusif du Liban ».
Cet accord impliquerait que l’armée israélienne se retire au sud de la « ligne jaune », une démarcation non officielle du territoire contrôlé par Israël dans le sud du Liban. L’armée libanaise opérerait dans ces zones pilotes sous étroite supervision américaine précise le quotidien.
Lors des négociations en Suisse, entre Téhéran et Washington lundi, une « cellule de gestion des conflits », a été présentée pour s’assurer du respect de la fin des opérations militaires au Liban, comme spécifié dans le mémorandum. Elle serait composée des représentants du Qatar, du Pakistan, de l’Iran mais pas d’Israël.
Vadim Kamenka
L'Humanité du 23 juin 26

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