L’OMS alerte sur les conséquences dramatiques, dans toute la région, des bombardements contre les hôpitaux, mais aussi contre les sites pétroliers, les usines de dessalement d’eau, voire les sites nucléaires.
Quand elles ne sont pas directement bombardées, les infrastructures sanitaires souffrent elles aussi des conséquences indirectes de la guerre que mènent actuellement les États-Unis et Israël contre l’Iran. Et ce, dans toute la région. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a tiré la sonnette d’alarme ce 26 mars, au moment où le secrétaire général des Nations unies, Antonio Guterres, évoquait un conflit « hors de contrôle ». Selon la responsable régionale de l’instance onusienne pour la Méditerranée orientale, Hanan Balkhy, une « crise sanitaire se déroule en temps réel ». « Les hôpitaux et autres établissements de santé doivent être considérés comme des « refuges » », insiste-t-elle ainsi.
La responsable indique également que les établissements de santé des 22 pays de la région mettaient actuellement à jour leurs directives afin de parer aux conséquences d’une attaque contre les sites nucléaires ou contre des usines de dessalement d’eau.
Ce type d’attaques pourrait avoir des conséquences directes sur la prise en charge des patients et conduire à « un effondrement de l’accès (aux soins) à de très nombreux niveaux, bien au-delà de ce que nous aurions pu imaginer », détaille la responsable pour le journal britannique The Guardian. L’OMS travaille ainsi en coopération avec d’autres agences des Nations unies afin de minimiser les risques, d’autant que les eaux de pluie pourraient, elles aussi, charrier des substances contaminantes issues d’attaques contre des sites pétroliers ou des installations nucléaires vers les nappes phréatiques.
Des conséquences sanitaires à long terme pour les populations
Hanan Balkhy ajoute que, dans les zones directement touchées par une guerre, comme l’Iran, le Liban ou la bande de Gaza, « les personnes atteintes de maladies chroniques ont vu leur traitement interrompu par la fermeture des hôpitaux » et par « le déracinement et le déplacement de populations : en moins d’un mois, 3,2 millions de personnes ont été chassées de chez elles en Iran et plus de 1 million au Liban ».
La responsable alerte également sur les conséquences sanitaires à long terme de ces guerres une fois que les armes se seront tues : mortalité maternelle, santé mentale et sort des enfants devenus orphelins. L’OMS a recensé des dizaines d’attaques contre des établissements de santé en Iran mais aussi au Liban et en Israël, dans une stratégie délibérée d’annihilation des sociétés. En violation des conventions de Genève, depuis le début de la guerre en Iran, le 28 février.
Lina Sankari
L'Humanité du 26 mars 2026

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire