Position du Parti communiste libanais face à l'agression sioniste contre le Liban

 

L'agression américano-sioniste contre la région s'étend, engendrant une grave crise énergétique internationale. L'Iran utilise le détroit d'Ormuz comme moyen de pression pour stopper cette agression. Cette escalade de l'agression touche également le Liban et menace de se transformer en invasion terrestre du Sud-Liban, au sud du fleuve Litani. Le Liban se trouve ainsi confronté à une menace existentielle imminente, mettant en péril son destin, son intégrité territoriale, son unité et la sécurité de son territoire et de sa population. Les responsables des institutions constitutionnelles de l'État, ainsi que leurs partis politiques et les forces alliées au sein du système de partage du pouvoir confessionnel, portent une lourde responsabilité dans cette situation périlleuse. Il est désormais impératif que chacun assume sa responsabilité nationale en œuvrant à l'unité des Libanais, quelles que soient leurs affiliations et leurs convictions idéologiques, afin de stopper l'agression, de résister à l'occupation et d'éviter les dangers d'un système de conflits confessionnels, de déplacements de population et d'appauvrissement. Il est de notre devoir de sauver le Liban, de garantir sa pleine souveraineté, son unité nationale et la paix civile.

Le Parti communiste libanais, réaffirmant ses déclarations et prises de position antérieures, et alors que l'agression contre l'Iran et le Liban entre dans sa troisième semaine, juge important de faire la déclaration suivante :

Premièrement : Concernant l’escalade de l’agression et l’invasion terrestre :
Le Parti communiste libanais estime que le ciblage par l’ennemi de la capitale, Beyrouth, des équipes médicales de la Protection civile, des professeurs de l’Université libanaise et des infrastructures – ponts, routes, institutions et véhicules – ainsi que la destruction systématique, les massacres et les déplacements forcés de civils du Sud, de la vallée de la Bekaa et de la banlieue sud de Beyrouth, constituent un prélude à une invasion terrestre. Il s’agit d’une répétition du scénario criminel déjà observé dans la bande de Gaza, qui s’inscrit dans l’idéologie expansionniste sioniste mise en œuvre par le gouvernement israélien d’extrême droite.
La clé pour contrecarrer ce plan barbare réside dans l’action visant à stopper l’agression sioniste et à obtenir le retrait inconditionnel de ses forces de tout le territoire libanais occupé, jusqu’à la ligne de cessez-le-feu. Cela implique le retour des personnes déplacées, la reconstruction et la libération des prisonniers. Il est également nécessaire de travailler à l’élaboration d’une position nationale unifiée autour de laquelle tous les Libanais puissent se rassembler, car ils sont les principaux concernés. L’ennemi n’épargnera personne. Elle vise tout le Liban, dans toutes ses régions. L'unité des Libanais face à l'agression sioniste, leur solidarité envers les déplacés et leur attachement à leur terre constituent un acte de résistance nationale et populaire qui incarne l'engagement du peuple libanais envers l'unité de sa patrie. Où qu'ils soient, ils méritent toute notre reconnaissance et notre admiration pour leurs souffrances et leur fermeté face à la barbarie et aux crimes de cet ennemi sioniste.

Deuxièmement : Contrer les tentatives d'incitation aux tensions sécuritaires et préserver la paix civile :
- Contrer les tentatives d'incitation aux tensions sécuritaires et préserver la paix civile est une priorité absolue. Cela implique de ne pas blâmer les personnes déplacées pour leur déplacement, ce qui vise à semer la discorde entre elles et le reste de la population libanaise. Le déplacement forcé d'un million de Libanais du Sud, des banlieues sud de Beyrouth et de la vallée de la Bekaa par l'ennemi n'avait pas pour but leur sécurité, mais plutôt de créer des affrontements sectaires et de saper la paix civile.
- Il est essentiel de lutter contre les campagnes d'incitation sectaire diffusées par certains médias et sur les réseaux sociaux, à un moment où les Libanais devraient être unis autour de leur cause nationale. Cette incitation découle d'une rhétorique sectaire et religieuse qui alimente la division et les conflits, servant uniquement les intérêts de l'ennemi et facilitant la réalisation de ses objectifs. Le Parti communiste libanais appelle tous les Libanais et exhorte l'État, ses institutions centrales et locales, ainsi que les forces politiques et médiatiques, à préserver l'unité nationale et à contrecarrer les tentatives de division du peuple libanais en appliquant les articles de la Constitution et les lois libanaises relatives à la non-discrimination en matière de logement, de circulation et de résidence, en tenant pour responsables ceux qui violent ces lois, et en veillant scrupuleusement à la sécurité de tous les citoyens où qu'ils se trouvent, avec une application immédiate de ces lois aux individus et aux groupes afin de mettre fin à l'incitation à la haine sectaire et religieuse par le biais des médias et des réseaux sociaux.

Troisièmement : La responsabilité de l'État face à l'agression et le droit du peuple libanais à résister à l'occupation :
Le Parti communiste libanais estime que la responsabilité de défendre le Liban et de repousser l'occupation incombe avant tout à l'État et à l'ensemble de ses institutions politiques, militaires et sécuritaires. Le peuple libanais a le droit de résister à l'occupation par tous les moyens prévus par le droit international. Là où il y a occupation, il y a résistance. Le gouvernement libanais se doit d'abandonner sa vision partiale des événements actuels et d'agir avec un haut degré de responsabilité nationale, sans paraître impuissant face à l'agression. Il est également impératif que chacun mette fin au cercle vicieux des récriminations stériles et nuisibles et des accusations mutuelles visant à désigner les « responsables de l'agression », alors même que celle-ci s'intensifie. Il est donc impératif que le gouvernement prenne l'initiative d'annoncer une décision politique appelant à la mobilisation nationale et populaire contre l'occupant et ses soutiens, afin de protéger le Liban et d'appuyer l'armée libanaise dans sa position honorable de considérer Israël comme un ennemi, de refuser de céder aux appels à la sédition et de ne pas tomber dans le piège de la division. Le gouvernement devrait également prendre l'initiative de lancer la plus vaste campagne politique internationale pour exiger l'arrêt de l'agression sioniste contre le Liban, témoigner de sa solidarité avec le peuple libanais et apporter une aide au million de Libanais déplacés qui vivent aujourd'hui dans des conditions précaires, privés des besoins les plus fondamentaux.

Quatrièmement : Concernant l'initiative du Président et la position du Parti communiste libanais sur les négociations :
La position du Parti communiste libanais sur les négociations est indissociable de sa position face à l'agression et à la résistance à l'occupation. De ce fait, il considère le déroulement des négociations et les propositions controversées qui ont fuité comme tout aussi dangereux que l'agression elle-même, car ils pourraient mener à l'abandon des droits et à des troubles internes – une situation qu'il convient de prévenir.
La division politique qui entoure ces négociations est manifeste, premièrement, dans l'initiative du Président de mener des négociations directes avec l'ennemi israélien sous l'égide internationale, et dans la position du président du Parlement, Nabih Berri, selon laquelle aucune négociation ne sera possible avec Israël tant que l'agression n'aura pas cessé, ainsi que dans la position du Hezbollah, pour qui le facteur décisif réside désormais sur le champ de bataille. Deuxièmement, la tentative de former un « conseil national » pour négocier avec l'ennemi témoigne de la profondeur de la crise du système de partage du pouvoir confessionnel et des dangers qu'il représente pour l'unité et la souveraineté du Liban. Le Parti communiste libanais a déjà déclaré que l'entité sioniste ne reconnaît aucun accord ni aucune résolution internationale qu'elle signe. L'histoire de ses relations avec le Liban à cet égard est bien documentée, qu'il s'agisse de la question palestinienne ou des résolutions et accords internationaux signés avec le Liban. Elle n'a jamais respecté aucune résolution ni aucun accord, malgré toutes les concessions qui lui ont été faites. L'intérêt du Liban réside dans des négociations limitées aux seules questions de sécurité, fondées sur la cessation de l'agression, le retrait inconditionnel des forces d'occupation de la ligne de cessez-le-feu, le retour des personnes déplacées, la reconstruction et la libération des prisonniers. Cela implique également d'abandonner toute illusion de « paix » avec cette entité sioniste expansionniste, mue par des délires religieux, l'expansion territoriale, la domination économique, la mise en place d'un impérialisme régional et l'instrumentalisation des prétendus accords d'Abraham pour parvenir à ses fins d'anéantissement de la cause palestinienne et d'assujettissement de la région. Son agression contre l'Iran s'inscrit également dans ce contexte. Notre parti appelle ici l'État libanais et le peuple libanais à ne pas se soumettre et à ne pas capituler face aux conditions américano-israéliennes, qui visent à transformer le Liban en un « État servile ».

Cinquièmement : Déplacements et résilience populaire
Le Parti communiste libanais, par le biais du Comité de résilience populaire qu'il a créé, s'efforce d'alléger les souffrances des personnes déplacées de force, à l'instar de nombreuses autres forces vives de la société, outre l'État. Cependant, les progrès accomplis jusqu'à présent dans ce domaine sont insuffisants. L'ampleur, la force et la succession des déplacements de population exigent que l'État libanais, la société civile, les forces politiques, les autorités locales et les organisations de la société civile intensifient leurs efforts de secours aux personnes déplacées et à leurs abris, en fournissant tout le nécessaire dans le cadre d'un plan national fondé sur les principes de solidarité sociale et d'entraide. De plus, l'État libanais doit mobiliser les ressources nécessaires sans attendre l'aide étrangère, dans le cadre d'un plan d'urgence financé par le Trésor public, qui dispose de ressources financières importantes grâce à ses récents excédents budgétaires. Il est impératif d'agir sans délai, car les besoins des personnes déplacées sont immenses et urgents : logement, nourriture, mobilier de base, énergie, soins médicaux et autres biens de première nécessité. Plus important encore, l'aide doit parvenir à ses destinataires prévus, les personnes déplacées, et être soustraite au système de corruption inhérent au partage du pouvoir confessionnel entre les partis au pouvoir.

Sixièmement : Changement démocratique et mise en œuvre des réformes de l'Accord de Taëf
Le Parti communiste libanais estime que le Liban se trouve à un tournant décisif, exigeant, outre les positions, politiques et procédures actuelles, la préparation d'un atelier national visant à instaurer une transformation radicale du système politique libanais. Ce changement doit préserver l'unité nationale, construire un espace politique digne de notre peuple et de ses sacrifices, et permettre au Liban de progresser et de se moderniser. Le Parti considère que le changement démocratique commence par la mise en œuvre des réformes de l'Accord de Taëf, menant à l'établissement d'un État laïque, démocratique et résistant. Dans le même esprit, le Parti affirme que la création d'un nouveau système économique productif, favorisant le développement des forces productives au Liban, la croissance et le développement technologiques, l'augmentation de la productivité et, par conséquent, la prospérité pour la majorité, est la seule voie pour consolider l'avenir du Liban et jeter les bases matérielles du changement démocratique, de l'unité nationale et de la fermeté face aux ambitions et projets hostiles d'Israël.

Beyrouth, le 16 mars 2026
Bureau politique du Parti communiste libanais
Traduite de l'arabe par Roland Richa

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