Liban - Négocier… Comment ? Et sur quoi ?

 

Ces derniers temps, on parle beaucoup, dans les cercles officiels libanais, de la nécessité de négocier pour mettre fin à la guerre. Ces discussions coïncident avec la proposition de certains chefs d’État « amis », notamment Chypre et la France, d’accueillir des représentants du Liban et de l’entité sioniste sur leur territoire afin d’instaurer un cessez-le-feu et d’entamer la rédaction d’un accord pour la prochaine phase. Cet accord mettrait un terme définitif aux conflits et instaurerait une paix durable dans le monde arabe et au Moyen-Orient.
De beaux slogans ! Mais ils restent flous. Comme chacun sait, ce sont les détails qui comptent.
Une paix durable a ses conditions préalables, la première étant la fin de l’occupation sioniste des fermes de Chebaa, des collines de Kfarshouba et du village de Ghajar. Il faut également contraindre l’entité à payer le prix de ses crimes : massacres et destructions. Un prix exorbitant, car toute la richesse du monde ne saurait effacer la douleur. Sans parler du vol d'eau, de gaz et d'autres ressources naturelles.
Le deuxième point concerne l'Accord d'armistice de 1949, qui, selon nous, constitue toujours le fondement solide de nos rapports avec l'entité sioniste. Cette entité représente une occupation du territoire d'autrui et une menace pour tous les peuples et États de la région. Sa mission demeure inchangée, telle que définie par le colonialisme des années 1940 : piller le pétrole et le gaz arabes et ouvrir la voie au capitalisme mondial, désormais sous l'égide de l'impérialisme américain, afin d'exercer un contrôle total sur le cœur du monde, ses ressources et les moyens de communication entre ses peuples. Cet objectif est atteint en maintenant le monde arabe, qui s'étend de l'Atlantique au Golfe, sous la coupe des dieux de l'argent et de l'exploitation.
Le troisième point à prendre en considération concerne la cause palestinienne, et plus précisément le sort des réfugiés palestiniens au Liban et leur droit au retour sur leurs terres et dans tous les foyers dont ils ont été chassés, ainsi qu'à la restauration de leur État-nation avec Jérusalem pour capitale.
Nous l'affirmons, et nous insistons tout particulièrement sur l'Accord d'armistice, car nous rejetons aujourd'hui, comme nous l'avons fait depuis l'Accord du 17 mai, toute « démarcation » de nos frontières terrestres et maritimes. Nos frontières terrestres et maritimes, telles que définies par l'accord du 7 mars 1923, sont claires et sans ambiguïté. Toute concession, même d'un seul pouce de notre territoire, constitue un crime et une violation de l'article 2 de la Constitution, qui affirme l'interdiction de « céder ou d'abandonner toute partie du territoire libanais ».
Par conséquent, nous réitérons notre appel à l'unité nationale, transcendant les divisions sectaires et régionales, car cette unité forme un rempart infranchissable contre tous les défis et toutes les ambitions. Soyons à la hauteur des responsabilités qui nous sont confiées.

Marie Nassif-Debs
17 mars 2026
Traduit de l'arabe par Roland Richa

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