Le G7 réclame un « arrêt des attaques » en Iran… en présence de l’agresseur Washington

 

Les discussions du G7 ont largement porté sur le blocage du détroit d'Ormuz, et par conséquent sur celui du pétrole et du gaz, qui a entraîné une flambée des prix de l’énergie et déstabilisé les marchés financiers.© Michael Kappeler/DPA/ABACAPRESS.COM
Les sept principales puissances économiques occidentales ont appelé ce vendredi, depuis l’abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris « à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles » au Moyen-Orient. Les Nations unies alertent sur une catastrophe humanitaire à venir.

En pleine guerre au Moyen-Orient, les ministres des Affaires étrangères du G7 (le groupe des sept principales puissances économiques), se sont réunis, durant deux jours, à l’abbaye des Vaux-de-Cernay, près de Paris. Dans un communiqué commun, les sept États membres – Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Royaume-Uni – ont appelé « à un arrêt immédiat des attaques contre les populations et les infrastructures civiles » en Iran. Ils ont en outre « réaffirmé la nécessité absolue de rétablir de manière permanente la liberté de navigation gratuite et sûre dans le détroit d’Ormuz ».
Au bout d’un mois d’une guerre illégale déclenchée par les États-Unis et Israël le 28 février, qui a engendré une réplique iranienne sur les pays du Golfe et une fermeture du détroit d’Ormuz, un minimum diplomatique pour le G7 ? Occupation, crimes de guerre, devant les conséquences humanitaires de ce conflit les condamnations demeurent insignifiantes.

Une catastrophe humanitaire
L’Unicef vient de confirmer que sur un million de déplacés, plus de 370 000 enfants ont été contraints de quitter leur foyer au Liban depuis le 2 mars et l’agression israélienne. « Au total 121 enfants ont été tués et 399 blessés. Il s’agit d’un déplacement massif, soudain et chaotique, qui déchire les familles et vide littéralement des communautés entières, avec des conséquences qui se feront sentir bien après l’accalmie de la violence », constate le représentant de l’Unicef au Liban, Marcoluigi Corsi.
La situation du Liban est « extrêmement préoccupante », avec un risque « réel » de « catastrophe humanitaire », a également alerté, vendredi, l’agence de l’ONU pour les réfugiés (HCR). Selon le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), ce conflit est en train d’éroder les fondements de la vie civile au Moyen-Orient.
Un mois d’hostilités a bouleversé la vie de millions de personnes et provoqué des répercussions bien au-delà de la région, à une échelle et à une vitesse qui menacent de submerger l’action humanitaire. Le CICR s’inquiète de la manière dont les hostilités ont été menées. « Sans respect des règles de la guerre, les civils continueront de subir des conséquences profondes qui pourraient perdurer au-delà du conflit actuel », condamne l’organisation.
Avec la venue du secrétaire d’État américain, Marco Rubio, vendredi pour le deuxième jour, les négociations ont porté sur la stratégie et les objectifs de Washington. Depuis lundi 23 mars, Donald Trump maintient que des négociations sont en cours avec les autorités iraniennes et vient de reporter à nouveau jusqu’au 6 avril son ultimatum de frappes sur le secteur énergétique. Téhéran n’a rien confirmé et aurait même rejeté le plan en 15 points présenté par le président des États-Unis, ce qui entretien le flou sur la réalité des pourparlers et la volonté de Washington de mettre un terme à la guerre.
Présent en France, le ministre allemand des Affaires étrangères, Johann Wadephul, a confirmé lors d’un entretien à la radio publique allemande Deutschlandfunk la préparation de discussions directes entre Washington et Téhéran au Pakistan. Néanmoins, les gouvernements européens qui sont directement impactés par les conséquences économiques après un mois de conflit souhaitent être informés de l’évolution.

L’Afrique du Sud écartée du prochain sommet
Les discussions ont porté sur le blocage du détroit d’Ormuz, une voie navigable cruciale du golfe Persique pour le transport du pétrole et du gaz, ayant provoqué une flambée des prix de l’énergie et déstabilisé les marchés financiers. Une situation économique qui pèse sur les membres du G7.
Sur cette question, Marco Rubio a rappelé la demande pressante de Donald Trump d’une coalition militaire pour aider Washington à la réouverture du détroit d’Ormuz. La ministre britannique Yvette Cooper a de nouveau défendu « l’approche défensive » des alliés et des Européens.
L’autre point à l’ordre du jour qui devait être abordé portait sur l’Ukraine, alors qu’un scandale diplomatique a précédé le sommet. L’Afrique du Sud, initialement invitée au G7 de juin prochain dans la ville française d’Evian, a été écartée de ce sommet. Pretoria a d’abord évoqué des pressions américaines sur Paris, ce que Washington a démenti, avant de faire machine arrière.
Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a assuré dans la foulée jeudi que son pays n’avait « cédé à aucune pression », mais avait fait le choix d’un « G7 resserré » et d’inviter le Kenya pour préparer le grand sommet de la France sur le continent africain en mai à Nairobi, Africa Forward…

Vadim Kamenka
L'Humanité du 27 mars 2026

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