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Beyrouth a annoncé jeudi 26 mars saisir le Conseil de sécurité de l’ONU pour les actions israéliennes qui « menacent la souveraineté » du Liban, où au moins cinq personnes ont été tuées dans de nouveaux bombardements. Une décision motivée par « le bombardement de la plupart des ponts du Litani », le fleuve qui sépare une partie du sud du reste du Liban, « le déplacement massif forcé des habitants » de cette région et « la progression des troupes israéliennes sur le territoire libanais, accompagnée de destructions (…) qui menacent la souveraineté du Liban et l’intégrité de son territoire », expliqué le ministre libanais de l’Information Paul Morcos.
Selon un nouveau bilan du ministère de la Santé, les bombardements israéliens ont depuis le début de la guerre illégale lancée par Benyamin Netanyahou et Donald Trump fait 1 116 morts, dont 121 enfants, et plus de 3 000 blessés au Liban. Plus d’un million de personnes ont été déplacées.
À l’heure où Donald Trump alterne entre sortie diplomatique et solution militaire, Israël affiche de son côté sa détermination à intensifier ses opérations militaires au Liban. Une source militaire sur le terrain a déclaré à l’Agence France-Presse que l’armée israélienne avançait « un peu plus chaque jour mais lentement » dans la zone frontalière.
Une véritable opération d’annexion du Sud Liban
Sous couvert de se défendre contre le Hezbollah, une offensive terrestre a été ordonnée par Israël, suscitant les plus vives inquiétudes au regard du projet colonial du premier ministre israélien. Un nouveau cap a été franchi mardi 24 mars, avec le déclenchement d’une véritable opération d’annexion du Sud Liban.
Le ministre de la Défense, Israël Katz, a annoncé que l’armée israélienne allait s’emparer d’une zone du territoire courant de la frontière jusqu’au fleuve Litani, à une trentaine de kilomètres plus au nord. Une opération préparée ces derniers jours par la destruction de nombreuses infrastructures dont des ponts indispensables aux populations civiles.
Du Litani au Zahrani, les bombes israéliennes, l’élargissement des ordres d’évacuation et la destruction des infrastructures accélèrent le déplacement des populations. Sur place, secouristes et habitants décrivent une guerre d’usure qui redessine progressivement la carte.
Théo Bourrieau
L'Humanité du 27 mars 2026

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