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| Mandat d'arrêt de la CPI pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité. |
Cette rhétorique s'interprète à la lumière de la situation délicate dans laquelle se trouve l'agression menée par les États-Unis et Israël contre l'Iran. Le projet sioniste-américain était censé obtenir des résultats rapides, conformément à ses priorités : un changement de régime ou la soumission du pays, à l'instar du scénario vénézuélien. Cependant, l'incapacité à remporter une victoire décisive face à la résilience iranienne, qui a surpris les agresseurs, ainsi que les coûts et la complexité croissants de la confrontation, ont placé Netanyahu, qui se présentait comme le pharaon invincible de la région, face à un véritable dilemme.
Dans de tels moments, la rhétorique idéologique devient un outil permettant de compenser les échecs sur le champ de bataille en les présentant comme un affrontement civilisationnel ou religieux d'envergure. Lorsque la guerre est définie, dans le discours politique, comme une confrontation entre Israël et « l’islam sunnite et chiite », l’absence de résultats militaires rapides n’apparaît plus comme un échec direct, mais plutôt comme une composante d’une bataille longue et intrinsèquement complexe.
Cette rhétorique sert également un autre objectif : remobiliser le camp occidental autour d’Israël. En présentant Israël comme le fer de lance d’une « menace islamique » globale, il devient plus aisé d’exiger un soutien politique et militaire accru de la part des alliés occidentaux, transformant ainsi le conflit régional en un enjeu mondial.
Il est à noter, dans ce contexte, que Netanyahu a réuni sunnites et chiites dans un même discours, ce qui témoigne de la prise de conscience sioniste que la polarisation sectaire (sunnite-chiite) qui a prévalu dans la région ces dernières années ne suffit plus à garantir l’environnement stratégique dont Tel-Aviv a profité. On observe donc un glissement d’un discours exploitant les divisions régionales vers un discours qui redéfinit la ligne de confrontation entre Israël et l’ensemble du monde islamique.
En ce sens, le retour de Netanyahu au langage de la confrontation civilisationnelle ne semble pas tant exprimer une confiance dans la victoire que refléter une tentative de gérer les conséquences de cette situation critique. Plus les succès militaires s'essoufflent, plus se fait sentir le besoin d'un discours qui élargisse la portée du conflit et le redéfinisse, servant un double objectif de mobilisation à la fois nationale et internationale.
Dr Tannous Chalhoub
Le 13 mars 2026

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