Police de Gaza sous le feu des tirs : l'ennemi soutient ses agents

 

Gaza | Hier, l'armée d'occupation a ressorti le même prétexte qu'à chaque nouvelle escalade. Elle a affirmé qu'un groupe de résistants piégés dans les tunnels de Rafah avait tenté de s'échapper, sans fournir la moindre preuve de l'incident, ce qui ne constitue pourtant pas une violation du cessez-le-feu. Cette répétition témoigne plutôt de l'intransigeance de l'occupation et de son refus de toute tentative de résolution du conflit. Cette affirmation fait suite à une vague de bombardements lancée avant-hier soir par l'ennemi, visant initialement un poste de police palestinien dans la zone d'Al-Maslakh, à Khan Younis, dans le sud de la bande de Gaza. Trois membres des forces de sécurité ont été tués et quatre autres blessés. Des drones, équipés de systèmes de renseignement, ont ensuite ciblé différentes zones de la bande de Gaza.

Ces drones ont également attaqué plusieurs cibles dans la zone d'Abu Hujair, à l'ouest du camp de réfugiés de Nuseirat, dans le centre de la bande de Gaza, causant la mort de trois civils et faisant plusieurs blessés. Ces raids ont marqué le début d'une escalade plus large, ciblant clairement les postes de police le long de la bande de Gaza orientale (près de la Ligne verte), dont la présence restreint les mouvements des collaborateurs actifs en soirée. Des avions de combat ont mené plusieurs frappes aériennes sur le quartier de Shuja'iyya, à l'est de la ville de Gaza, tandis que des véhicules armés ont ouvert le feu sur des tentes abritant des personnes déplacées dans les camps de réfugiés de Beit Lahia et de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, tôt hier matin. Dans l'après-midi, un Palestinien a été tué et un autre blessé. Des drones ont également attaqué une tente abritant des personnes déplacées à l'intérieur d'une école près du complexe médical Nasser à Khan Younis, au sud, tuant un Palestinien et en blessant trois autres.

Le bilan des victimes de ces quelques heures d'escalade, injustifiées, dépasse huit martyrs, témoignant de la volonté de l'occupation d'instaurer une réalité sécuritaire où les bombardements et la liberté de circulation dans la bande de Gaza deviennent monnaie courante, sans susciter d'objection ni de réaction de la part des médiateurs et des garants. Le Hamas a perçu la dernière vague de raids comme une violation flagrante du cessez-le-feu, soulignant qu'Israël fournit systématiquement des justifications mensongères, flagrantes et transparentes, et que « l'ennemi méprise tous les efforts visant à instaurer le calme à Gaza et persiste à ignorer toutes les discussions tenues au Conseil de paix ».

Cependant, cette escalade répétée ne se limite pas à saper le « plan de paix », mais vise plutôt à créer un climat de sécurité fragile permettant aux agents des unités collaboratrices d'opérer librement dans l'ouest de la bande de Gaza. La partie israélienne aspire à utiliser ces milices comme un instrument pour mener ultérieurement des assassinats et des enlèvements peu coûteux sur les plans politique et militaire. Toutefois, le déploiement des forces de police et de sécurité de la résistance compromet cette perspective, d'autant plus que ces dernières semaines ont vu les forces de sécurité déjouer des dizaines de tentatives d'infiltration d'agents dans les régions de Jabalia, Gaza et Khan Younis.

Dans ce contexte, Omar Murad, membre du Bureau politique du Front populaire de libération de la Palestine, a déclaré à Al-Akhbar que « le ciblage des forces de sécurité par l’occupation israélienne dans la bande de Gaza représente une escalade dangereuse et une tentative désespérée et manifeste de semer le chaos et de déstabiliser la sécurité intérieure, dans un contexte national et humanitaire extrêmement complexe pour le peuple palestinien ». Il a soutenu que ces attaques répétées contre les membres des forces de sécurité s’inscrivent dans une stratégie plus large visant à « déstabiliser le front intérieur et à saper la cohésion sociale » en créant un vide sécuritaire artificiel. Ce vide lui permet de faire avancer ses objectifs agressifs et de mettre en œuvre une « ingénierie sécuritaire » à son service. Il a souligné que l’ennemi s’efforce de remodeler la réalité sur le terrain pour la conformer à sa vision sécuritaire, exploitant l’état de guerre et de siège pour imposer une nouvelle réalité.

Youssef Fares
Le 28 février 2026

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