| Manifestation à New york contre l'intervention américaine au Venezuela.DR |
Les Américains se sont réveillés samedi 3 janvier dans un pays en guerre. C’est ce que beaucoup ont réalisé après l’annonce par Donald Trump que des forces américaines avaient bombardé la capitale vénézuélienne, Caracas et capturé le président Nicolás Maduro. Alors, malgré les courts délais et les températures glaciales, ils étaient plusieurs centaines à se réunir à Times Square, devant le drapeau américain lumineux du centre de recrutement de l’Armée américaine pour protester le dernier acte d’agression des États-Unis
Michael White, un homme de 73 ans portant un manteau de laine, une épaisse écharpe de laine et un bonnet bordeaux, tous les trois arborant des pins « Hands Off Venezuela » (« Venezuela, bas les pattes »), était « plus consterné que surpris ce matin ». Pour lui, « la direction vers laquelle Trump nous menait ces derniers mois était claire », en référence aux frappes entreprises depuis septembre par l’armée américaine contre des bateaux de pêche au large du Venezuela et de la saisie de deux pétroliers en décembre dernier.
Une manifestation à l’ombre de la Trump Tower
Yasmine, une membre des Democrats Socialists of America (l’organisation à laquelle appartient le nouveau maire de New York, Zohran Mamdani, qui a appelé directement Donald Trump pour manifester son opposition à cet acte de guerre) de 29 ans, a appris la nouvelle quand elle a été « réveillée par un déluge de notifications vers 4 heures du matin. Les vidéos des bombardements sur Caracas commençaient à tourner sur les réseaux et on était très choqués de voir qu’une fois de plus, des atrocités allaient être commises en notre nom. »
Selon le président américain, Nicolás Maduro et sa femme, Cilia Flores, allaient être amenés à New York, pour comparaître devant la cour fédérale du district de Manhattan où ils ont été inculpés en 2020 pour narcoterrorisme. La manifestation est partie de Times Square et a fini sur Columbus Circle, au sud-ouest de Central Park. Dans un discours prononcé à l’ombre de la Trump International Hôtel et Tower, Sara Flounders, membre de la United International Antiwar Coalition a dénoncé « la nouvelle doctrine Monroe, version Trump, qui n’est que plus d’impérialisme américain. »
Un rappel des mensonges de la guerre en Irak
L’annonce du président que les États-Unis allaient « prendre le contrôle du pays », ses accusations selon lesquelles le Venezuela est le vrai agresseur essayant d’empoisonner le peuple américain avec des drogues et ses références aux larges réserves de pétrole du Venezuela ont donné à de nombreux Américains des impressions de déjà-vu de l’invasion d’Irak de 2003. Sara Flounders a ainsi souligné : « Nous connaissons bien ces histoires. Nous nous rappelons les armes de destruction massive et les mensonges pour essayer de nous convaincre de soutenir des guerres sans aucun sens. C’est à nous de résister et de dire ‘Non.’»
L’intervention de l’armée américaine dans la nuit du 2 au 3 janvier s’est faite sans l’approbation du Congrès, censé voter pour autoriser tout acte de guerre. Pourtant, beaucoup des manifestants n’avaient néanmoins peu d’espoir sur la capacité ou la volonté des élus à maîtriser les actions d’un président s’étant attribué tellement de pouvoirs. « Si quelque chose se passe, on sait que ça sera parce que nous nous mobilisons et les forçons à agir, ponctue Yasmine. Les Démocrates semblent toujours aussi faibles et le laissent faire ce qu’il veut. »
Sarah Laurent
L'Humanité du 03 janvier 26
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