La CGT annonce 1,6 million de manifestants
La journée de mobilisation et de grève du 5 novembre a rassemblé « près d’1,6 million » de manifestants en France. 350 000 personnes ont défilé à Paris, a indiqué la CGT.
Contrairement aux attentes du gouvernement, la mobilisation ne faiblit pas. La CGT avait annoncé 800 000 manifestants lors des journées de mobilisation des 17 et 24 octobre. Le Ministère de l’Intérieur a annoncé, lui, 600 000 manifestants, soit plus que les 550 000 recensés le 17 octobre et les 410 000 comptabilisés le 24 octobre.
La plus importante mobilisation « depuis la réforme des retraites de 2023 » (CGT)
Dans un communiqué, la CGT indique qu’avec près d’1,6 million de manifestants, la mobilisation de ce 5 novembre, qui est la huitième journée d’action depuis le 29 septembre, a atteint « un niveau inégalé depuis la réforme des retraites de 2023 ». La centrale a recensé « 250 manifestations et rassemblements » sur l’ensemble du territoire. « À 17h30, dans 207 villes, la CGT recense 1 573 000 manifestantes et manifestants dont 350 000 à Paris, 150 000 à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Nantes et Rennes, 30 000 à Rouen, 28 600 à Grenoble, 26 000 à Caen et Strasbourg, 25 000 à Brest, 22 000 à Tours, 20 000 à Orléans », indique la confédération.
« Les grèves ont été fortes dans de nombreux secteurs », insiste la CGT qui dénombre « un cheminot sur trois en grève », « plus de 2 000 arrêts de travail recensés dans la métallurgie, l’agro-alimentaire, le verre/céramique, la construction, le commerce et les services, les industries chimiques, les organismes sociaux, les ports et docks, les activités postales et de télécommunication, les transports ». S’y ajoutent des centaines de milliers de grévistes dans la Fonction publique.
L’organisation de défense des salariés dénonce « la répression qui continue de s’abattre contre les lycéen·nes mobilisé·es ces derniers jours » et « affirme avec force » que la lutte se poursuivra « tant qu’ils n’auront pas répondu aux revendications sur les salaires, les services publics, les conditions d’étude, la protection sociale ».
Place de la Nation, une sortie dans le calme tandis que la place de la République se vide enfin de ses derniers manifestants
Il est un peu plus de 17 heures. Pour quitter la place de la Nation, lieu d’arrivée du cortège à Paris, des manifestants font la queue rue de Bouvines devant un cordon de CRS qui procède à un rapide contrôle des sacs. La sortie se déroule dans le calme. Un hélicoptère survole la place.
Au même moment, la place de la République, d’où partait le tracé, a presque retrouvé une activité normale après que le cortège, fermé par Force ouvrière, l’a enfin quittée, plus de trois heures après le début de la manifestation. Les camions de gendarmerie suivent le cortège, la situation est calme.
Sébastien Lecornu réunit une « conférence sociale » entre syndicats et patronat lundi
Dans un communiqué de presse, les services du premier ministre ont annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi lors d’une « conférence sociale » pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », enjeu au cœur des mobilisations sociales depuis plusieurs semaines.
Le chef du gouvernement a demandé au ministre du travail Jean-Pierre Farandou « de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours » sur ces sujets, ajoute Matignon. Le ministre de l’action et des comptes publics David Amiel « poursuit » par ailleurs « ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique ».
Près de 600 000 manifestants en France ce jeudi, selon une estimation provisoire du ministère de l’intérieur
Peu avant 17 heures, Beauvau, à la demande de presse, a fait savoir que près de 600 000 personnes ont participé à la mobilisation ce jeudi, ajoutant qu’il s’agit d’une estimation non définitive. Les syndicats n’ont pas encore communiqué leur chiffrage.
Lyon: Des manifestants sérieusement blessés et choqués à la suite d’une nasse policière
Plusieurs manifestants ont été sérieusement blessés et choqués au cours d’une nasse opérée par la police, vers 15 h 30, square René Bayet, dans le 8e arrondissement de Lyon. La scène s’est produite une heure environ après la dispersion officielle de la manifestation qui a rassemblé plus de 30 000 participants, 55 000 selon l’intersyndicale. Des cordons policiers ont repoussé des groupes de manifestants avec des grenades lacrymogènes, pour les inciter à se disperser plus rapidement en remontant l’avenue Berthelot.
« Nous avons vu un barrage en amont, alors on a pris une rue à gauche et on s’est retrouvés devant une autre rangée de policiers, ils ont chargé sur nous, on n’avait rien fait, ça a été très violent », témoigne une quadragénaire qui a vu « les jeunes courir et tomber » et parle de « cinq manifestants qui ont dû se faire soigner ». Plusieurs témoignages font état de « violents coups de matraque ». « Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie », dit un étudiant, tout pâle, après la charge.
« On faisait la chenille dans la bonne humeur, ils ont voulu vider la place avec des grenades de désencerclement », dit un autre, un bandeau sur la tête, alors qu’un de ses camarades tient un bandage sur sa main, après un « coup de matraque ». Prise dans cette nasse, une trentenaire raconte avoir pris « trois coups de matraque à la tête, à l’épaule et aux fesses ».
Une autre charge a provoqué des blessés, plus tôt dans la manifestation, au niveau de la station de métro Garibaldi, selon des témoignages recueillis par Radio France. Alors que la police cherchait à stopper une attaque de black blocs sur une vitrine de banque, des manifestants pacifiques ont reçu coups et grenades alors qu’ils étaient placés contre le cordon syndical.
Selon les autorités, des « groupes hostiles » n’ont cessé de perturber le cortège, ce qui a nécessité plusieurs « interventions compliquées », pour limiter violences et dégradations. La journée s’est soldée par 5 commerces dégradés, 24 interpellations, et 40 blessés, dont 34 membres des forces de l’ordre, selon le bilan de la préfecture. Le bilan des blessés parmi les manifestants pourrait être plus important, selon les témoignages recueillis par Le Monde.
Auxerre - Un millier de manifestants et des tracteurs : « On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général »
Les deux tracteurs rouges plantés de drapeaux jaunes de la Confédération paysanne font une arrivée remarquée sur la place de l’Arquebuse d’Auxerre (Yonne), au départ de la manifestation. Au volant, les frères Baptiste et Antoine Rouger, 32 et 26 ans, qui ont repris ensemble la ferme de leur père, des céréales bio qu’ils transforment en farine et pain.
Ils ont laissé les semis en plan pour être là. L’aîné, Baptiste, a embarqué son fils de deux ans. Il était déjà là les samedis précédents. A chaque fois, c’est une demi-journée de travail de perdue. « Mais c’est important de montrer notre présence, considère-t-il. On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général. »
Dans le cortège auxerrois, ils sont un millier. Un chiffre qui satisfait Eric Beaujean, secrétaire départemental de la CGT de l’Yonne. On trouve des fonctionnaires, des étudiants, des retraités, des cadres du privé quelques lycéens… L’ambiance est festive, les visages souriants, qui tranchent avec la gravité des revendications.
Surveillante dans un établissement classé en REP de Migennes, Célestine, 23 ans, a fabriqué une pancarte sous forme de BD sur laquelle elle a écrit tous ses griefs : « J’ai 23 ans et je m’inquiète pour mon avenir, c’est pour ça que je fais grève. » Une journée de grève qui pèse lourdement sur son salaire de 1 153,29 euros par mois, qu’elle connaît à la virgule près. Sans compter le prix de l’essence qu’elle a dû mettre dans sa vieille voiture pour venir de Joigny, à 30 kilomètres. « Mais j’estime que faire grève et manifester restent le seul moyen de se faire entendre », dit-elle, en évoquant tous les autres « petits grévistes comme elles » qu’elle imagine être en train de défiler dans les rues, partout en France, au même moment.
A quelques pancartes de là, Gwen et Stéphanie, la première CPE dans un lycée professionnel, la seconde professeur de biologie au lycée agricole La Brosse, ont fabriqué une pancarte que tout le monde veut prendre en photo. Celle-ci reprend le slogan à la mode cet automne, en y ajoutant une « petite note locale », s’amusent les deux amies, comme si elles avaient fait un sacré coup : « On fait caca sur Bardella, pipi sur les nazis, popo sur les fachos… et on gerboule sur Odoul [du nom du député de l’Yonne et porte-parole du RN, Julien Odoul] ».
Une pancarte qui ne serait pas du goût de certains des élèves de Stéphanie. L’enseignante de biologie se sent impuissante face à la décomplexion de la parole raciste chez certains de ses élèves : « On fait remonter, on sanctionne, ils s’en fichent. » Dans ce genre de cortège marqué à gauche, elle ressent une forme d’exutoire à pouvoir serrer les rangs de ses valeurs, alors même que son territoire désigne des députés d’extrême droite. Bien qu’elle soit consciente que chaque milieu reste « enfermé dans sa bulle et ses médias ».
Argenteuil : plaintes déposées après des tirs de mortier d’artifice sur du personnel éducatif
Le rectorat de Versailles a annoncé jeudi que des plaintes seraient déposées concernant les blessures par tirs de mortiers d’artifice de trois personnels mercredi, dont une enseignante du lycée Jean-Jaurès d’Argenteuil (Val-d’Oise) atteinte à la tête et brièvement hospitalisée, en marge des mobilisations lycéennes. Au lycée Nadia-et-Fernand-Léger de la même ville, des tirs de mortiers ont également blessé au dos une assistante d’éducation, tandis qu’un autre AED a subi une perte auditive en raison de sa proximité avec la détonation, assure le rectorat, selon lequel « le chef d’établissement a lui aussi été visé par un tir de mortier » d’artifice. Trois plaintes seront déposées pour ces « actes de violence inacceptables », écrit le rectorat, ajoutant qu‘« une procédure disciplinaire sera engagée contre les auteurs dès leur identification ».
Mercredi soir, le parquet de Pontoise avait indiqué à l’AFP que l’enquête se poursuivait concernant ces violences afin d’identifier les auteurs. Il s’agissait aussi de « déterminer si les membres du personnel enseignant étaient visés en raison de leur qualité ou non », puisqu’ils se trouvaient alors au sein de groupes de personnes.
En Guyane, ventre affamé n'a pas d'oreilles
C’est à l’aube que les travailleurs de Guyane et leurs représentants ont remis au goût du jour ce proverbe local. Et ont foulé le pavé, dès 7h30 à Cayenne, puis à Kourou et Saint-Laurent du Maroni. Comme dans le reste du pays et des outre mer, on manifeste “contre la vie chère, pour l’augmentation du pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires”. Mais aussi pour le blocage des prix des produits de première nécessité, la baisse des loyers, et des investissements dans les services publics. Reçus il y a deux mois par le préfet, les secteurs public et privé déplorent encore l’incurie de l’État dans le département.
Enfin, l’éducation n’est pas en reste, après le soulèvement des lycéens en septembre, l’un des premiers mouvements du genre en France. Une cinquantaine d’établissements étaient fermés ce jeudi dans l’ensemble des villes du département. D’autres conflits continuent de s’y dérouler, comme la grève des agents de la Société guyanaise des eaux, notamment contre Suez.
Des lycéens mobilisés, des policiers en embuscade
Au lycée Jules Ferry dans le 18e arrondissement de Paris, place de Clichy, les lycéens ont bloqué leur établissement, pour la seconde fois de la semaine, ce jeudi 5 novembre, jour de manifestation. Pour la seconde fois de la semaine aussi, la réplique a été immédiate, et la police a empêché les élèves de manifester. Ce scénario et cette disproportion, entre des lycéens de 16 à 18 ans et des hommes surarmés et surentraînés, se sont répétés plusieurs fois dans la capitale et en région ce matin, comme au lycée Charlemagne où les lycéens se sont poisitionnés en face de la police, en tapant sur des poubelles.
Les élèves de Charlemagne sont ensuite aller prêter main forte à leurs camarades de Victor Hugo, tous deux dans le 3eme arrondissement, avant de bloquer la rue de Rivoli et de se faire encercler.
Sur la participation au mouvement, la bataille des chiffres continue entre le ministère et les organisations lycéennes, étudiantes, et les syndicats de professeurs: le ministère balançait ce matin le chiffre de 81 sur 3700 lycées en mouvement, soit 2,2% des établissements. L’Union syndicale lycéenne revendique pour sa part 1 000 établissements en mouvement, qu’ils soient bloiqués ou fermés administrativement par crainte des blocage.
Idem pour l’Enseignement Supérieur: selon le ministère, 22% des établissements universitaires sont “perturbés”, soit 60 universités sur 184. L’Union Etudiante et l’Union Syndicale Lycéenne estiment que 90% des universités sont à l’arrêt.
Du côté de sprofesseurs, le SNS/FSU recense 52% de personnels en grève.
A noter que deux lycées ont subi de gros dommages: à Toulouse, des individus ont provoqué un incendie en tirant au tir de mortier sur le lycée Françoise de Tournefeuille. L’accueil et le service de vie scolaire sont partis en flammes. A Lille, le lycée César Baggio a dû fermer, et un large périmètre de sécurité réalisé, après qu’un feu de poubelles ait provoqué une grosse fuite de gaz.
La Martinique pense à la France, elle
Les travailleurs martiniquais avaient le choix : bloquer leur lieu de travail ou manifester. Alors ce jeudi matin, ils ont été nombreux à entamer des grèves dans leurs entreprises, surtout dans des collèges et lycées du centre de l’île. Ils se sont aussi rassemblés par centaines devant la Maison des syndicats, à Fort-de-France, avec en ligne de mire des revendications locales (prix de l’alimentation et du carburant, éducation, algues sargasses). Mais aussi nationales, avec la dénonciation des budgets 2027 et la mise en garde contre le danger de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
“On marque le coup, affirme Gabriel Jean-Marie, secrétaire général de la CGT Martinique. Nous réclamons de meilleures pensions et salaires, des mesures contre la vie chère et la hausse des prix du carburant, car chez nous, le sans plomb a pris 25 centimes en deux mois ! Nous avons donc demandé une audience au préfet, qui ne nous a pas encore répondu.”
A Bordeaux, 60 000 personnes manifestent dans le calme
Le rassemblement a commencé à 12h30 place de République pour arriver place de la Victoire. Le parcours a été validé à la fois par la Préfecture et les syndicats. La manifestation, qui rassemblerait au moins 60 000 personnes d’après la presse locale, se déroule pour le moment dans le calme, avec beaucoup de chants, se réjouit Valérie Tougard, éditrice, qui évoque une “manifestation immense”.
À Toulouse, les CRS empêchent le cortège d'avancer
Les CRS empêchent le cortège toulousain d’avancer sur le tracé classique dès le début de la manifestation. Ils exigent que la manifestation aille dans le sens opposé.
A Rennes, les CRS viennent de charger la tête de cortège
A Rennes, les CRS ont opéré une première charge, en pleine manifestation, contre la tête de manifestation, relève Audrey Loussouarn. Notre correspondante indique que quelques individus, ont “lancé des cailloux” sur les CRS. La ligne de CRS aurait remonté en courant vers le cortège, tandis que des camions les ont suivis.
C’est la tête de cortège, avec “ses drapeaux politiques et syndicaux”, qui ont été touchés. Audrey Loussouarn relève que des manifestants scandent “Calmez vous calmez vous”, aux CRS, tandis que sur une pancarte de début de cortège est inscrit: “Tape pas plus fort, je ne comprends toujours pas”.
Selon notre correspondante sur place, “il commence à y avoir du fumigène et ça crie ACAB! en boucle”, soit une tension qui devient palpable.
À Paris, les manifestants font une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi
Un peu après 14 heures, en plein milieu du boulevard Voltaire à Paris, les manifestants ont laissé place au silence pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi. L’homme de 26 ans a été victime d’un attentat raciste dans les Yvelines le 23 octobre. L’intersyndicale a ensuite dénoncé « les discours politiques » qui ont conduit à cet acte.
Dans un communiqué, la CGT indique qu’avec près d’1,6 million de manifestants, la mobilisation de ce 5 novembre, qui est la huitième journée d’action depuis le 29 septembre, a atteint « un niveau inégalé depuis la réforme des retraites de 2023 ». La centrale a recensé « 250 manifestations et rassemblements » sur l’ensemble du territoire. « À 17h30, dans 207 villes, la CGT recense 1 573 000 manifestantes et manifestants dont 350 000 à Paris, 150 000 à Marseille, 120 000 à Bordeaux, 100 000 à Lille, 80 000 à Toulouse, 55 000 à Lyon, 35 000 à Nantes et Rennes, 30 000 à Rouen, 28 600 à Grenoble, 26 000 à Caen et Strasbourg, 25 000 à Brest, 22 000 à Tours, 20 000 à Orléans », indique la confédération.
« Les grèves ont été fortes dans de nombreux secteurs », insiste la CGT qui dénombre « un cheminot sur trois en grève », « plus de 2 000 arrêts de travail recensés dans la métallurgie, l’agro-alimentaire, le verre/céramique, la construction, le commerce et les services, les industries chimiques, les organismes sociaux, les ports et docks, les activités postales et de télécommunication, les transports ». S’y ajoutent des centaines de milliers de grévistes dans la Fonction publique.
L’organisation de défense des salariés dénonce « la répression qui continue de s’abattre contre les lycéen·nes mobilisé·es ces derniers jours » et « affirme avec force » que la lutte se poursuivra « tant qu’ils n’auront pas répondu aux revendications sur les salaires, les services publics, les conditions d’étude, la protection sociale ».
Place de la Nation, une sortie dans le calme tandis que la place de la République se vide enfin de ses derniers manifestants
Il est un peu plus de 17 heures. Pour quitter la place de la Nation, lieu d’arrivée du cortège à Paris, des manifestants font la queue rue de Bouvines devant un cordon de CRS qui procède à un rapide contrôle des sacs. La sortie se déroule dans le calme. Un hélicoptère survole la place.
Au même moment, la place de la République, d’où partait le tracé, a presque retrouvé une activité normale après que le cortège, fermé par Force ouvrière, l’a enfin quittée, plus de trois heures après le début de la manifestation. Les camions de gendarmerie suivent le cortège, la situation est calme.
Sébastien Lecornu réunit une « conférence sociale » entre syndicats et patronat lundi
Dans un communiqué de presse, les services du premier ministre ont annoncé réunir les organisations de salariés et patronales lundi lors d’une « conférence sociale » pour « apporter des réponses aux questions de pouvoir d’achat et de salaires », enjeu au cœur des mobilisations sociales depuis plusieurs semaines.
Le chef du gouvernement a demandé au ministre du travail Jean-Pierre Farandou « de finaliser d’ici dimanche les concertations qu’il mène depuis plusieurs jours » sur ces sujets, ajoute Matignon. Le ministre de l’action et des comptes publics David Amiel « poursuit » par ailleurs « ses échanges avec les représentants des agents de la fonction publique ».
Près de 600 000 manifestants en France ce jeudi, selon une estimation provisoire du ministère de l’intérieur
Peu avant 17 heures, Beauvau, à la demande de presse, a fait savoir que près de 600 000 personnes ont participé à la mobilisation ce jeudi, ajoutant qu’il s’agit d’une estimation non définitive. Les syndicats n’ont pas encore communiqué leur chiffrage.
Lyon: Des manifestants sérieusement blessés et choqués à la suite d’une nasse policière
Plusieurs manifestants ont été sérieusement blessés et choqués au cours d’une nasse opérée par la police, vers 15 h 30, square René Bayet, dans le 8e arrondissement de Lyon. La scène s’est produite une heure environ après la dispersion officielle de la manifestation qui a rassemblé plus de 30 000 participants, 55 000 selon l’intersyndicale. Des cordons policiers ont repoussé des groupes de manifestants avec des grenades lacrymogènes, pour les inciter à se disperser plus rapidement en remontant l’avenue Berthelot.
« Nous avons vu un barrage en amont, alors on a pris une rue à gauche et on s’est retrouvés devant une autre rangée de policiers, ils ont chargé sur nous, on n’avait rien fait, ça a été très violent », témoigne une quadragénaire qui a vu « les jeunes courir et tomber » et parle de « cinq manifestants qui ont dû se faire soigner ». Plusieurs témoignages font état de « violents coups de matraque ». « Je n’ai jamais eu aussi peur de ma vie », dit un étudiant, tout pâle, après la charge.
« On faisait la chenille dans la bonne humeur, ils ont voulu vider la place avec des grenades de désencerclement », dit un autre, un bandeau sur la tête, alors qu’un de ses camarades tient un bandage sur sa main, après un « coup de matraque ». Prise dans cette nasse, une trentenaire raconte avoir pris « trois coups de matraque à la tête, à l’épaule et aux fesses ».
Une autre charge a provoqué des blessés, plus tôt dans la manifestation, au niveau de la station de métro Garibaldi, selon des témoignages recueillis par Radio France. Alors que la police cherchait à stopper une attaque de black blocs sur une vitrine de banque, des manifestants pacifiques ont reçu coups et grenades alors qu’ils étaient placés contre le cordon syndical.
Selon les autorités, des « groupes hostiles » n’ont cessé de perturber le cortège, ce qui a nécessité plusieurs « interventions compliquées », pour limiter violences et dégradations. La journée s’est soldée par 5 commerces dégradés, 24 interpellations, et 40 blessés, dont 34 membres des forces de l’ordre, selon le bilan de la préfecture. Le bilan des blessés parmi les manifestants pourrait être plus important, selon les témoignages recueillis par Le Monde.
Auxerre - Un millier de manifestants et des tracteurs : « On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général »
Les deux tracteurs rouges plantés de drapeaux jaunes de la Confédération paysanne font une arrivée remarquée sur la place de l’Arquebuse d’Auxerre (Yonne), au départ de la manifestation. Au volant, les frères Baptiste et Antoine Rouger, 32 et 26 ans, qui ont repris ensemble la ferme de leur père, des céréales bio qu’ils transforment en farine et pain.
Ils ont laissé les semis en plan pour être là. L’aîné, Baptiste, a embarqué son fils de deux ans. Il était déjà là les samedis précédents. A chaque fois, c’est une demi-journée de travail de perdue. « Mais c’est important de montrer notre présence, considère-t-il. On a les mêmes soucis dans l’agriculture que dans la société en général. »
Dans le cortège auxerrois, ils sont un millier. Un chiffre qui satisfait Eric Beaujean, secrétaire départemental de la CGT de l’Yonne. On trouve des fonctionnaires, des étudiants, des retraités, des cadres du privé quelques lycéens… L’ambiance est festive, les visages souriants, qui tranchent avec la gravité des revendications.
Surveillante dans un établissement classé en REP de Migennes, Célestine, 23 ans, a fabriqué une pancarte sous forme de BD sur laquelle elle a écrit tous ses griefs : « J’ai 23 ans et je m’inquiète pour mon avenir, c’est pour ça que je fais grève. » Une journée de grève qui pèse lourdement sur son salaire de 1 153,29 euros par mois, qu’elle connaît à la virgule près. Sans compter le prix de l’essence qu’elle a dû mettre dans sa vieille voiture pour venir de Joigny, à 30 kilomètres. « Mais j’estime que faire grève et manifester restent le seul moyen de se faire entendre », dit-elle, en évoquant tous les autres « petits grévistes comme elles » qu’elle imagine être en train de défiler dans les rues, partout en France, au même moment.
A quelques pancartes de là, Gwen et Stéphanie, la première CPE dans un lycée professionnel, la seconde professeur de biologie au lycée agricole La Brosse, ont fabriqué une pancarte que tout le monde veut prendre en photo. Celle-ci reprend le slogan à la mode cet automne, en y ajoutant une « petite note locale », s’amusent les deux amies, comme si elles avaient fait un sacré coup : « On fait caca sur Bardella, pipi sur les nazis, popo sur les fachos… et on gerboule sur Odoul [du nom du député de l’Yonne et porte-parole du RN, Julien Odoul] ».
Une pancarte qui ne serait pas du goût de certains des élèves de Stéphanie. L’enseignante de biologie se sent impuissante face à la décomplexion de la parole raciste chez certains de ses élèves : « On fait remonter, on sanctionne, ils s’en fichent. » Dans ce genre de cortège marqué à gauche, elle ressent une forme d’exutoire à pouvoir serrer les rangs de ses valeurs, alors même que son territoire désigne des députés d’extrême droite. Bien qu’elle soit consciente que chaque milieu reste « enfermé dans sa bulle et ses médias ».
Argenteuil : plaintes déposées après des tirs de mortier d’artifice sur du personnel éducatif
Le rectorat de Versailles a annoncé jeudi que des plaintes seraient déposées concernant les blessures par tirs de mortiers d’artifice de trois personnels mercredi, dont une enseignante du lycée Jean-Jaurès d’Argenteuil (Val-d’Oise) atteinte à la tête et brièvement hospitalisée, en marge des mobilisations lycéennes. Au lycée Nadia-et-Fernand-Léger de la même ville, des tirs de mortiers ont également blessé au dos une assistante d’éducation, tandis qu’un autre AED a subi une perte auditive en raison de sa proximité avec la détonation, assure le rectorat, selon lequel « le chef d’établissement a lui aussi été visé par un tir de mortier » d’artifice. Trois plaintes seront déposées pour ces « actes de violence inacceptables », écrit le rectorat, ajoutant qu‘« une procédure disciplinaire sera engagée contre les auteurs dès leur identification ».
Mercredi soir, le parquet de Pontoise avait indiqué à l’AFP que l’enquête se poursuivait concernant ces violences afin d’identifier les auteurs. Il s’agissait aussi de « déterminer si les membres du personnel enseignant étaient visés en raison de leur qualité ou non », puisqu’ils se trouvaient alors au sein de groupes de personnes.
En Guyane, ventre affamé n'a pas d'oreilles
C’est à l’aube que les travailleurs de Guyane et leurs représentants ont remis au goût du jour ce proverbe local. Et ont foulé le pavé, dès 7h30 à Cayenne, puis à Kourou et Saint-Laurent du Maroni. Comme dans le reste du pays et des outre mer, on manifeste “contre la vie chère, pour l’augmentation du pouvoir d’achat et l’augmentation des salaires”. Mais aussi pour le blocage des prix des produits de première nécessité, la baisse des loyers, et des investissements dans les services publics. Reçus il y a deux mois par le préfet, les secteurs public et privé déplorent encore l’incurie de l’État dans le département.
Enfin, l’éducation n’est pas en reste, après le soulèvement des lycéens en septembre, l’un des premiers mouvements du genre en France. Une cinquantaine d’établissements étaient fermés ce jeudi dans l’ensemble des villes du département. D’autres conflits continuent de s’y dérouler, comme la grève des agents de la Société guyanaise des eaux, notamment contre Suez.
Des lycéens mobilisés, des policiers en embuscade
Au lycée Jules Ferry dans le 18e arrondissement de Paris, place de Clichy, les lycéens ont bloqué leur établissement, pour la seconde fois de la semaine, ce jeudi 5 novembre, jour de manifestation. Pour la seconde fois de la semaine aussi, la réplique a été immédiate, et la police a empêché les élèves de manifester. Ce scénario et cette disproportion, entre des lycéens de 16 à 18 ans et des hommes surarmés et surentraînés, se sont répétés plusieurs fois dans la capitale et en région ce matin, comme au lycée Charlemagne où les lycéens se sont poisitionnés en face de la police, en tapant sur des poubelles.
Les élèves de Charlemagne sont ensuite aller prêter main forte à leurs camarades de Victor Hugo, tous deux dans le 3eme arrondissement, avant de bloquer la rue de Rivoli et de se faire encercler.
Sur la participation au mouvement, la bataille des chiffres continue entre le ministère et les organisations lycéennes, étudiantes, et les syndicats de professeurs: le ministère balançait ce matin le chiffre de 81 sur 3700 lycées en mouvement, soit 2,2% des établissements. L’Union syndicale lycéenne revendique pour sa part 1 000 établissements en mouvement, qu’ils soient bloiqués ou fermés administrativement par crainte des blocage.
Idem pour l’Enseignement Supérieur: selon le ministère, 22% des établissements universitaires sont “perturbés”, soit 60 universités sur 184. L’Union Etudiante et l’Union Syndicale Lycéenne estiment que 90% des universités sont à l’arrêt.
Du côté de sprofesseurs, le SNS/FSU recense 52% de personnels en grève.
A noter que deux lycées ont subi de gros dommages: à Toulouse, des individus ont provoqué un incendie en tirant au tir de mortier sur le lycée Françoise de Tournefeuille. L’accueil et le service de vie scolaire sont partis en flammes. A Lille, le lycée César Baggio a dû fermer, et un large périmètre de sécurité réalisé, après qu’un feu de poubelles ait provoqué une grosse fuite de gaz.
La Martinique pense à la France, elle
Les travailleurs martiniquais avaient le choix : bloquer leur lieu de travail ou manifester. Alors ce jeudi matin, ils ont été nombreux à entamer des grèves dans leurs entreprises, surtout dans des collèges et lycées du centre de l’île. Ils se sont aussi rassemblés par centaines devant la Maison des syndicats, à Fort-de-France, avec en ligne de mire des revendications locales (prix de l’alimentation et du carburant, éducation, algues sargasses). Mais aussi nationales, avec la dénonciation des budgets 2027 et la mise en garde contre le danger de l’arrivée de l’extrême droite au pouvoir.
“On marque le coup, affirme Gabriel Jean-Marie, secrétaire général de la CGT Martinique. Nous réclamons de meilleures pensions et salaires, des mesures contre la vie chère et la hausse des prix du carburant, car chez nous, le sans plomb a pris 25 centimes en deux mois ! Nous avons donc demandé une audience au préfet, qui ne nous a pas encore répondu.”
A Bordeaux, 60 000 personnes manifestent dans le calme
Le rassemblement a commencé à 12h30 place de République pour arriver place de la Victoire. Le parcours a été validé à la fois par la Préfecture et les syndicats. La manifestation, qui rassemblerait au moins 60 000 personnes d’après la presse locale, se déroule pour le moment dans le calme, avec beaucoup de chants, se réjouit Valérie Tougard, éditrice, qui évoque une “manifestation immense”.
À Toulouse, les CRS empêchent le cortège d'avancer
Les CRS empêchent le cortège toulousain d’avancer sur le tracé classique dès le début de la manifestation. Ils exigent que la manifestation aille dans le sens opposé.
A Rennes, les CRS viennent de charger la tête de cortège
A Rennes, les CRS ont opéré une première charge, en pleine manifestation, contre la tête de manifestation, relève Audrey Loussouarn. Notre correspondante indique que quelques individus, ont “lancé des cailloux” sur les CRS. La ligne de CRS aurait remonté en courant vers le cortège, tandis que des camions les ont suivis.
C’est la tête de cortège, avec “ses drapeaux politiques et syndicaux”, qui ont été touchés. Audrey Loussouarn relève que des manifestants scandent “Calmez vous calmez vous”, aux CRS, tandis que sur une pancarte de début de cortège est inscrit: “Tape pas plus fort, je ne comprends toujours pas”.
Selon notre correspondante sur place, “il commence à y avoir du fumigène et ça crie ACAB! en boucle”, soit une tension qui devient palpable.
À Paris, les manifestants font une minute de silence en hommage à Pengo Bossio Wangi
Un peu après 14 heures, en plein milieu du boulevard Voltaire à Paris, les manifestants ont laissé place au silence pour rendre hommage à Pengo Bossio Wangi. L’homme de 26 ans a été victime d’un attentat raciste dans les Yvelines le 23 octobre. L’intersyndicale a ensuite dénoncé « les discours politiques » qui ont conduit à cet acte.

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