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Manifestation du 05 novembre 2026 (Mise au point à 14h00)

 

18 stations de métro ont été fermées à Marseille. “C’est une immense manifestation. On n’avait pas vu ça depuis des années, au moins depuis les défilés contre la réforme des retraites”, nous rapporte Samia Lamarche, sur place
« À cause de vous, il y a des gens qui meurent » : Cnews est expulsée de la mobilisation lycéenne à Paris
À Paris, rue de Rivoli, les équipes de la chaîne d’extrême droite CNews ont été expulsées de force par les manifestants. « À cause de vous, il y a des gens qui meurent », crient certains en référence à l’attentat raciste de Trappes. Pour rappel, selon Mediapart, l’auteur du meurtre de Pengo Bossio Wangi, était un homme solitaire dont la haine a été alimentée par les discours racistes véhiculés par les chaînes d’information en continu, et à qui « l’analyse CNews convenait bien ».

55 000 manifestants à Lyon selon l'intersyndicale
Après plus de deux heures de manifestation, le cortège lyonnais a rejoint son point de chute, place Jean Macé. L’intersyndicale dénombre 55 000 manifestants contre 30 500 selon la préfecture du Rhône.

L'orchestre du Nouveau Monde livre un concert géant sur la Place de la République à Paris
En solidarité avec les manifestations, l’orchestre du Nouveau Monde réalise un concert géant sur la Place de la République à Paris.

A Rennes, un Orchestre du Nouveau Monde rythme le départ du cortège
La place de Bretagne de Rennes est encore noire du monde, près d’une heure après le début du défilé. Pourtant, relève Audrey Loussouarn, éducatrice et ancienne journaliste à l’Humanité, “il est presque impossible de rejoindre le centre-ville”, où nombre de stations de métro sont fermées “sur les deux lignes que compte la ville”. “Les stations ouvertes plus plus proches sont à trente minutes de la place de Bretagne où eétait fixé le point de départ de la manifestation”. De nombreux manifestants sont donc retardés “et marchent droit vers le centre ville”.
Sur la place de Bretagne, une des orchestres du Nouveau Monde, créé pour l’occasion, scande le départ et encourage les manifestants, relève Mathieu Barbances.
A noter que d’après le site “Actu”, plus de quarante commerçants indépendants du centre-ville participent au cortège, en estimant que les revendications portées par les manifestants priment sur le chiffre d’affaires.
Les services d’ordre de la CGT et de la CFDT sécurisent la tête de manifestation, alors que quelques individus masqués font face aux CRS.

« Plus de 250 000 manifestants » dans 73 villes à 13 heures, selon la CGT
Ce jeudi à 13 heures, la CGT a recensé « plus de 250 000 manifestants » dans 73 villes. « Le message est « rien ne nous arrêtera, la seule chose qui fera cesser la mobilisation est la réponse aux revendications » », a déclaré la secrétaire générale de la CGT, Sophie Binet, à la presse.


A Marseille, la CGT annonce une mobilisation exceptionnelle avec 150 000 manifestants
 A Marseille, le cortège s’est élancé à 10h30, sous forte surveillance policière: sept compagnies de CRS, trois escadrons de gendarmerie mobile et deux centaures, d’après le Figaro. Pas de quoi décourager les manifestants, qui seraient 150 000, selon la CGT, à défiler.
18 stations de métro ont été fermées dans la ville. “C’est une immense manifestation. On n’avait pas vu ça depuis des années, au moins depuis les défilés contre la réforme des retraites”, nous rapporte Samia Lamarche, sur place.

« Les lycéens appellent les syndicats à rejoindre leurs blocages » : l'actrice Corinne Masiero raconte la mobilisation de Boulogne-sur-Mer
À Boulogne-sur-Mer ce matin, l’actrice Corinne Masiero manifeste aux côtés de la jeunesse et de l’intersyndicale. Au total, plus de 1 000 manifestants ont répondu présent. « Il n’y a jamais eu autant de monde à Boulogne-sur-Mer, raconte l’actrice de cinéma à l’Humanité. Les lycéens présents ont appelé les syndicats à rejoindre les blocages. » Corinne Masiero est émue : cette lutte aux côtés de la jeunesse et des syndicats donne de l’espoir : « Ce qui fait plaisir, c’est de voir qu’en France, ça bouge. »

À Paris, gare Montparnasse, les cheminots prennent part au mouvement
« Cette journée est une énorme réussite », scande Sophie Binet, secrétaire générale de la CGT, devant les cheminots de la gare Montparnasse réunis en assemblée générale ce jeudi matin. Selon le syndicat, 97% des cheminots de cette gare parisienne font grève.
Pourquoi est-ce une réussite ? « Car nous avons mis en échec toutes les stratégies du gouvernement depuis un mois. Ils ont pensé se débarrasser de la mobilisation des jeunes par la répression. Les jeunes sont venus de plus en plus nombreux et nombreuses, et on est venu à leur côté pour les protéger, rappelle la syndicaliste. Ils ont pensé se débarrasser de la mobilisation des jeunes par les vacances. Les jeunes sont toujours là aujourd’hui dans la mobilisation. Ils ont pensé se débarrasser de la mobilisation en nous faisant passer pour des casseurs, des voyous, des violents, en faisant peur aux gens. Les manifestations n’ont été que plus nombreuses et aujourd’hui nous avons recensé 260 manifestations dans toute la France, malgré les entraves inédites. » La CGT rappelle qu’en France, un cheminot sur trois est en grève aujourd’hui.

À La Réunion, un début de convergence des luttes

Ce 5 novembre était synonyme de rentrée sociale pour l’île Bourbon. Après la grève de la fonction publique le 29 septembre dernier, l’intersyndicale organisait deux manifestations à Saint-Denis, au nord, et Saint-Pierre, au sud, où sont venues quelque 4 000 personnes. “Cette première interprofessionnelle est très réussie, se félicite Bertrand Capelotar, secrétaire confédéral de la CGTR. Nous avons pu discuter avec des jeunes, des étudiants, des retraités, des personnes sans emploi, nous commençons à avoir une convergence des luttes, nous allons donc nous organiser.” 
Des actions ciblées ont précédé cette matinée, au sein de l’entreprise de ramassage de déchets Nicollin, mais aussi chaque samedi avec des collectifs citoyens menés par les étudiants et leurs parents. “Avec la hausse des prix du carburant et aucun transport, à part les bus qui roulent sur les mêmes routes que les voitures, tous les ingrédients sont là pour que ça pète, continue Bertrand Capelotar. On est assis sur une poudrière, et si ça pète, on ne sait pas si nous, syndicats, pourrons maîtriser la situation.” 

30 000 personnes à Rouen, 26 000 à Caen... La CGT dévoile ses premiers chiffres
Les premiers chiffres de la Confédération générale du travail sont tombés. Pour le moment 30 000 personnes déambulent dans les rues de Rouen, 26 000 à Caen, 22 000 à Tours, 15 000 au Havre, 8 000 à Clermont-Ferrand et Toulon, 7 500 à Pau, 6 000 à Avignon, 5 500 à Bayonne, 5 000 à Lorient, 4 000 à Cherbourg, 3 000 à Tarbes et au Puy, 2 500 à Gap, et 2 000 à Arras.

Pourquoi plusieurs collectifs féministes appellent à l’intersectionnalité des luttes ?
« On ne peut pas laisser les jeunes seuls au front, nous aussi nous avons besoin de changer la société en tant que femmes », lance Élodie Tuaillon-Hibon. Dans la librairie parisienne Libertalia, à deux jours de la mobilisation du 5 novembre, l’avocate et la féministe Valérie Rey-Robert proposent d’investir le mouvement social en cours avec des revendications féministes, antiracistes et anticapitalistes. « Nous allons de renoncement en renoncement. Depuis 1995, il n’y a plus d’appel à la grève générale », s’inquiète l’autrice Valérie Rey-Robert, qui insiste sur l’intersectionnalité des luttes.
Les deux militantes ont lancé un appel sur les réseaux sociaux et une trentaine de profs, avocates, étudiantes, mères… ont répondu présentes en non-mixité choisie. Roxane, 42 ans, « gouine et féministe », professeur de sociologie auprès des travailleurs sociaux depuis dix ans, rappelle les conditions de vie et de logement précaires de ses étudiantes issues des classes populaires, souvent de grandes banlieues, et pour un tiers étrangères. « À l’école, elles n’ont pas accès à une infirmière ni à une assistante sociale. » Et au bout de la chaîne, la société leur propose quelques centaines d’euros de plus que le Smic, « un salaire hyper faible par rapport à leur utilité sociale ».

Pendant que les Français revendiquent leurs droits, la droite et l’extrême droite se retrouvent… Au salon de l’armement
Pendant que travailleurs, étudiants et lycéens manifestent ce jeudi 5 novembre pour leurs droits et contre le budget d’austérité, Marine Le Pen, Édouard Philippe et Bruno Retailleau sont attendus à Euronaval, à Villepinte, un salon consacré à l’industrie militaire. Alors que la priorité donnée aux budgets militaires quand tout le reste est soumis à la diète est contestée dans les cortèges partout en Europe, la visite du jour des candidats RN, LR et Horizons à la présidence de la République en dit long.

À Mayotte, des lycées sans toilette ou insalubres, deux ans après Chido
Sur l’île au lagon, foyer oublié du mouvement lycéen, la mobilisation s’axe sur l’éducation. La jeunesse, qui représente plus de la moitié de la population mahoraise, déplore ses établissements scolaires insalubres et surchargés, deux ans après le cyclone Chido.
La CGT éduc’action et le SNEP-FSU ont organisé trois manifestations au nord et sud de l’île, ainsi que devant le rectorat, à Mamoudzou. Ils réclament un « plan d’urgence et des moyens pour rénover le bâti public », le classement de l’île en Éducation prioritaire et la création massive de postes d’enseignants et de personnels. Les jeunes ont rejoint le mouvement, bloquant notamment le lycée Younoussa Bamana de Mamoudzou.
De son côté, Sud éducation Mayotte a rappelé que la situation n’est pas dûe à la « pression migratoire », comme a osé le dire Emmanuel Macron, interviewé par la chaîne HugoDécrypte. « Les problèmes scolaires de Mayotte sont dus à un refus d’anticipation des besoins d’un département jeune », insiste le syndicat, qui dénonce un « discours d’extrême droite qui rejette les responsabilités sur les étrangers ».

En plein reportage, la police empêche l'Humanité de travailler
Alors qu’il interrogeait un lycéen sur ses revendications, la police a empêché l’un de nos journalistes de faire son travail d’information en le bousculant à plusieurs reprises. Comble de la situation : l’adolescent interviewé se livrait sur la répression policière orchestrée depuis le début de la mobilisation.

En Guadeloupe, l’intersyndicale prépare un grand mouvement pour le 11 novembre
Pas de manifestation ce jeudi en Guadeloupe, mais une conférence de presse de l’intersyndicale et de différentes organisations telles que le LKP pour appeler à une grande mobilisation le mercredi 11 novembre. Rony Tillé, secrétaire général de la CGTG-CHU, espère « faire mieux que 2009 ».
« Nous organisons les travailleurs pour obtenir un rapport de force et des avancées concrètes, explique-t-il à l’Humanité. Car notre situation sociale est particulièrement préoccupante. La vie chère fait que les travailleurs n’arrivent plus à vivre dignement de leur salaire, et que les familles s’appauvrissent. Le prix du carburant est en hausse, et cela fait plusieurs années que les coupures d’eau intempestives coupent le robinet des familles pendant parfois plusieurs jours. »
Les syndicats guadeloupéens réclament donc l’indexation des salaires et des retraites sur le coût de la vie, 2 à 3 milliards d’euros d’investissements pour refaire les canalisations, la sécurisation des routes, ou encore la reconnaissance par l’État de l’empoisonnement des îles de la Guadeloupe et de la Martinique au chlordécone. « Nous ne pouvons plus continuer à se laisser écraser et piller par le système capitaliste et les patrons qui pleurnichent sur la misère », prévient Rony Tillé, qui n’oublie pas de soutenir le mouvement lycéen dans toute la France.

L’UNSA appelle à une augmentation du point d’indice des fonctionnaires
En direct sur BFMTV ce jeudi 5 novembre, le secrétaire général de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA), Luc Farré, rappelle que les revendications sur le pouvoir d’achat touchent « l’ensemble des Français ». Face à la baisse du pouvoir d’achat provoquée par l’inflation, il déplore la précarité des agents publics.
Pour y remédier, Luc Farré réclame une revalorisation du point d’indice ainsi qu’une refonte des grilles salariales, rappelant que 862 000 fonctionnaires perçoivent une rémunération inférieure au Smic.

Les lycéens de Valence déplorent leurs conditions d’études et la répression policière
Elora, Olivia et un élève souhaitant rester anonyme, font partie de ceux qui se mobilisent ce matin devant le lycée Camille-Vernet, à Valence (Auvergne-Rhône-Alpes). Engagés depuis le début du mois d’octobre, ces trois adolescents racontent leurs conditions d’études. « Même si nous vivons dans une région privilégiée, nous n’avons pas de clim ou de chauffage dans notre lycée, beaucoup de nos professeurs absents ne sont pas remplacés, nous n’avons toujours pas de psychologues scolaires… », expliquent-ils à l’Humanité.
La réponse que l’Éducation nationale donne à leurs revendications ? « On nous confisque nos téléphones et on nous somme d’arrêter de nous plaindre », poursuivent les trois jeunes gens.
Les adolescents déplorent la répression policière orchestrée à l’encontre de leurs camarades venant de quartiers populaires, comme ceux du secteur de Briffaut. « La plupart s’en prennent aux Maghrébins », analysent-ils.
À Briffaut justement, Tim, Lou et Benjamin sont aussi mobilisés. « La police a peur de nous, racontent ces étudiants en BTS informatique. Tous les matins, deux fourgons attendant devant notre établissement polyvalent. Heureusement ce matin tout s’est bien passé : le proviseur a demandé aux autorités de se tenir à distance ». Ces étudiants dénoncent l’abandon de l’Éducation nationale face à leurs bâtiments délabrés et au manque d’enseignants. « Aujourd’hui, nous allons rejoindre les manifestations des salariés », annoncent-ils fièrement.

Violences policières au lycée Victor-Duruy, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris
Ce matin, aux alentours de 8 heures, « une répression d’une violence inédite et disproportionnée s’est abattue sur les élèves du lycée Victor-Duruy, dans le 7ᵉ arrondissement de Paris », raconte à l’Humanité un témoin de la scène.
Alors que les lycéens tentaient d’organiser le blocus de leur établissement, la police nationale aurait lancé des insultes à caractère sexiste et gazé des mineurs. « Face à cette charge injustifiée, les élèves ont formé une chaîne humaine pour protéger l’entrée de l’établissement, nous écrit le témoin anonyme. C’est à ce moment que les violences ont atteint un niveau inacceptable. »
Comme l’attestent des images vidéo accessibles sur Instagram, un policier a ciblé un élève. Isolé du cortège par deux policiers, cet enfant a été interpellé avec brutalité avant d’être plaqué au sol. « Où est la Fraternité lorsqu’on malmène des enfants ? Où est l’Égalité lorsqu’on humilie des adolescents ? Où est la Liberté lorsqu’on empêche l’expression démocratique d’une assemblée d’élèves ? », poursuit le témoin, indigné.

Dans le secondaire, le SNES-FSU annonce 52 % de grévistes
Selon le SNES-FSU, 52 % des personnels des professeurs, CPE, psychologues de l’Éducation nationale, AESH et AED sont en grève aujourd’hui. De nombreuses vies scolaires en collège seraient fermées.
« Les premiers bougés, insuffisants, dans l’Éducation, en réponse au mouvement lycéen, ainsi que la timide ouverture des derniers jours sur le SMIC montrent que le mépris macroniste pour les revendications du mouvement social est rattrapé par la réalité et la colère grandissante du monde du travail, en particulier dans l’Éducation », écrit le SNES-FSU dans un communiqué. Le syndicat du second degré appelle à poursuivre le mouvement. « Une brèche s’est ouverte, poursuit-il. Le rapport de force est en notre faveur. Le gouvernement est en position de faiblesse. »

À Toulouse, les syndicats déboutés par la justice maintiennent leur parcours interdit en centre-ville
Selon l’Agence-France presse, le tribunal administratif de Toulouse, saisi en urgence, a rejeté le recours des syndicats locaux qui contestaient l’interdiction préfectorale de manifester en centre-ville jeudi. L’intersyndicale a tout de même annoncé maintenir son parcours. « On est parti pour faire comme on fait d’habitude, c’est-à-dire d’arriver avec les camions, les sonos et compagnie », a expliqué une source syndicale à l’AFP.
Pour expliquer sa décision, le juge des référés explique « qu’il existe un risque élevé de nouveaux troubles majeurs à l’ordre public » après les journées du 24 et du 31 octobre.

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