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5 novembre : deux journalistes tabassées par la police malgré leur brassard presse portent plainte

 

Habituées aux zones de conflit, les deux femmes se sont plaquées contre un mur pour laisser passer une charge de policier, alors qu’elles s’apprêtaient à quitter la place de la Nation.
© Martin Pope/ZUMA Press Wire/ABACAPRESS.COM
Les journalistes Céline Martelet et Cerise Sudry-le Dû ont été tabassées à coups de matraque par la police alors qu’elles s’apprêtaient à quitter la manifestation du 5 novembre, place de la Nation. Une plainte va être déposée.
Elles étaient clairement identifiables comme journalistes, avec leur brassard « Presse ». Les policiers les ont pourtant frappées à la tête, selon les récits de la Société des journalistes (SDJ) de Politis et de leur avocate. Jeudi 5 novembre, à 19 h 05, Céline Martelet, journaliste à Politis, et Cerise Sudry-le Dû, photographe pour Divergence Images, terminaient leur couverture de la manifestation intersyndicale, place de la Nation, lorsqu’une unité a chargé, « sans raison apparente et sans aucune forme de sommation », dénonce leur conseil, Chirinne Ardakani.
Habituées aux zones de conflit, les deux femmes se sont plaquées contre un mur pour laisser passer une charge de policier, alors qu’elles s’apprêtaient à quitter la place de la Nation. Céline Martelet, munie d’un brassard presse fluorescent, a crié à plusieurs reprises sa profession.
Sa rédaction raconte qu’elle a paré de la main un premier coup de matraque avant d’en recevoir un second à la tête, provoquant une plaie saignante. Prise en charge par des street medics, puis à l’hôpital Saint-Antoine, elle souffre notamment d’un traumatisme crânien, selon son avocate. Cerise Sudry-le Dû a reçu deux coups au crâne et deux à l’épaule. Son casque, marqué « presse » comme son sac, l’a protégée.
Selon l’avocate, ces violences sont délibérées, « les auteurs ne pouvant ignorer qu’ils étaient face à des professionnels de la presse ». Elle annonce une plainte ce vendredi pour violences avec arme et en réunion par personne dépositaire de l’autorité publique et entrave concertée à la liberté d’expression. Céline Martelet a aussi saisi l’Observatoire français des atteintes à la liberté de la presse (Ofalp) et le SNJ. « La liberté de la presse n’est pas négociable », rappelle la SDJ.

Lisa Guillemin
L'Humanité du 06 novembre 2026

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Violences policières : Laurent Nuñez assigné devant la Cour de justice de la République
Tirs de grenades explosives et de désencerclement, de grenade lacrymogène à bout portant, de LBD au visage, voiture fonçant dans la foule, usage massif de la matraque…. Les avocats de 18 victimes ont annoncé vendredi 6 novembre leur intention de faire juger les ordres donnés aux policiers, et notamment le recours à des armes mutilantes voire létales contre des manifestants, de surcroît mineurs.
Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, est-il responsable des violences policières exercées en marge des manifestations ? Pour les avocats de 18 victimes blessées durant les mobilisations sociales en France, la réponse est oui. Les cinq avocats, dont Arié Alimi, figure de la Ligue des droits de l’Homme (LDH), ont annoncé ce vendredi 6 novembre, lors d’une conférence de la LDH, leur intention de saisir la Cour de justice de la République, juridiction compétente pour juger les ministres en exercice. Ils reprochent à Laurent Nuñez les ordres passés auprès de la police depuis le 17 octobre dernier, dont l’utilisation d’armes intermédiaires, comme les LBD ou les grenades, dans le cadre du maintien de l’ordre.
Pour Arié Alimi, Laurent Nunez « sait quels sont les dégâts qui vont être causés » quand ces « armes mutilantes », sont utilisées. « Nous pensons aujourd’hui qu’il est impératif de viser celui qui est à l’origine des mutilations et des dégâts massifs, à savoir le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez », a précisé Arié Alimi, avocat de plusieurs des victimes.
« C’est lui qui donne les ordres et les faits commis par les policiers en manifestation résultent des ordres donnés », insiste-t-il. La saisine qui vise le ministre concerne, d’après France Info, des faits de « violences ou tentative de meurtre par instigation, c’est-à-dire la complicité ». L’avocat a indiqué que la finalisation de cette saisine pourrait prendre « 15 jours à trois semaines ».

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