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Le dernier voyage

 

Jeudi matin, Noura est arrivée à l'hôpital Al-Amal, géré par le Croissant-Rouge palestinien dans la ville de Khan Younès. C'est là que se rassemblent les patients et leurs accompagnateurs avant de quitter la bande de Gaza par le point de passage frontalier de Rafah.
Sur place, elle a fait ses adieux à son mari malade et à sa fille, qui l'accompagnait pour un séjour médical en Égypte, avec l'espoir de les revoir un jour.
Après ces adieux, elle est montée dans une charrette tirée par un âne — appelée localement "al-karra" — pour regagner sa tente, située dans la zone dite « Bir 19 », à Al-Mawasi (Khan Younès).
En chemin, elle a été atteinte par une balle tirée par un soldat de l'armée autoproclamée "la plus morale au monde". 
Noura est morte avant même d'atteindre son lieu de refuge.
Son frère, Mohammed Sheikh al-Eid, raconte: "Ma sœur est sortie ce matin avec son mari et sa fille, qui partaient pour l'Égypte. À six heures, elle leur a dit au revoir. Alors qu'elle rentrait, elle a été touchée par une balle. Elle est tombée en martyre, sans avoir commis la moindre faute."
Et d'ajouter: "Il n'y a aucune position ni aucun mouvement militaire dans ce secteur ; ma sœur était une femme âgée qui rentrait simplement dans sa tente."
Mohammed s'interroge : "Comment peuvent-ils parler de -zones sûres- alors que des gens meurent jusqu'à l'intérieur même de leurs tentes ?" et de conclure: "Il faut stopper cette mascarade et sauver l'humanité ; des innocents sont tués chaque jour, sans aucune raison."
C'est là que l'homme se trompe. Il y a une raison à cette tuerie collective et porte le nom de génocide.

Par Roland RICHA
Le 06 novembre 2026

"Il n'y a aucune position ni aucun mouvement militaire dans ce secteur ; ma sœur était une femme âgée qui rentrait simplement dans sa tente."

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