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Ataba

 

Jadis, à l'époque précolonialiste et à cette période automnale de l'année, les oliveraies de la Palestine étaient un lieu de rendez-vous.
Les agriculteurs accompagnés de leurs familles se rassemblaient sous les oliviers la plupart centenaires pour la cueillette des fruits gorgés d'huile et de soleil.
C'était la fête. Les chants traditionnels comme l’"Ataba"(1) et le "Zajal"(2) fendaient l'air.
La fumée qui s’élevait des vergers, témoignait de la préparation des repas et du thé sur le feu.
Tout a changé avec l'occupation et le colonialisme.
Aujourd’hui, la fumée qui s’échappe de ces vergers provient d’arbres incendiés par des colons. Les champs, devenus des pièges mortels et des théâtres d’affrontements permanents, ont transformé la récolte des olives — un moment attendu toute l’année par les Palestiniens pour améliorer leurs conditions de vie — en une période marquée par la peur, la souffrance et le sang. 
Aujourd'hui, il leur est interdit d’accéder à leurs terres. Les oliviers sont incendiés, mutilés ou déracinés. Les récoltes sont volées.
La nature et la fréquence des agressions des colons  révèlent un plan orchestré visant à transformer la récolte des olives en une véritable cérémonie funèbre.
Aujourd'hui, c'est l'intimidation, le harcèlement, les menaces, la répression, l'expropriation, l'expulsion, le tout dans le cadre d'un nettoyage ethnique mis au point de longue date et orchestré par un État dirigé par des suprémacistes décomplexés avec à leur tête un génocidaire en chef sous mandat d'arrêt émis par la Cour pénale internationale pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité.
"Même brûlé, un olivier peut repartir. C'est un arbre résistant !", me confie Marwan, et d'ajouter: "C'est pour ça que nous restons".
Comme l'arbre, l'homme résiste.

Par Roland RICHA
Le 20 octobre 2026

"Même brûlé, un olivier peut repartir. C'est un arbre résistant !", me confie Marwan, et d'ajouter: "C'est pour ça que nous restons".
Comme l'arbre, l'homme résiste.

(1) La "ataba" est un chant traditionnel arabe, originaire de la culture bédouine. Il est joué et chanté lors de festivités ou de cérémonies, à l'exemple des mariages.
Le chant de la "ataba" est une improvisation. Il est exécuté par un soliste qui réalise également l'accompagnement instrumental. Celui-ci utilise pour cela un rabâb.
Le chant est de type récitatif et de nature poétique. Il reprend des thèmes et des éléments de la culture populaire. Le thème principalement utilisé est l'amour.
D'autres thèmes existent, comme la description de la nature ou les instructions morales.

(2) Le zajal est le nom arabe donné, à une forme poétique d'origine arabo-andalouse, utilisant exclusivement l'arabe dialectal.
Il permet une expression plus proche de la sensibilité populaire. Son univers poétique privilégie des thèmes profanes — l'amour, le vin, la nature — mais aussi, pour une part, des thèmes religieux.

Chant "Ataba" palestinien: "On a pris les armes pour la dignité."



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