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| Des soldats de l’armée américaine, membres de la Force opérationnelle « Inherent Resolve », coalition dirigée par les États-Unis contre le groupe « État islamique ». © AHMAD AL-RUBAYE / AFP |
Vingt-trois ans après l’invasion de l’Irak, les dernières troupes états-uniennes ont quitté le pays, ce mercredi 30 septembre. L’annonce a été faite par le département de la Défense et intervient deux ans après l’accord de retrait conclu entre le gouvernement de Bagdad et l’administration Biden en 2024. Ce deuxième départ met un terme à la coalition internationale avec des effectifs de plus de 80 pays, lancée en 2014, contre l’État islamique en Irak et en Syrie.
« Aujourd’hui, les États-Unis et nos partenaires de la coalition ont officiellement mis fin à l’opération Inherent Resolve (nom officiel donné par l’armée américaine à la campagne multinationale contre l’État islamique, NDLR) en Irak », a déclaré le Pentagone dans un communiqué. Les derniers des 2 500 soldats ont désormais quitté le pays.
La France a « rapatrié les dernières forces engagées », a également indiqué mercredi l’état-major des Armées, disant cependant qu’elle était prête à répondre aux demandes de coopération de Bagdad.
Un pays ébranlé
Le bilan de ces deux décennies d’occupation est catastrophique. Après avoir renversé Saddam Hussein en 2003, la présence militaire a provoqué des années de carnage, une fragmentation du cadre national, une guerre civile entre les diverses minorités.
« L’invasion américaine et l’occupation qui s’en est suivie, qui ont pris fin en 2011, ont laissé un pays ébranlé par des bains de sang sectaires et des insurrections qui ont coûté la vie à près de 4 500 Américains et tué plus de 115 000 Irakiens, selon les estimations les plus prudentes », rappelle le New York Times.
Du côté des officiels états-uniens, le récit reste le même. « Je me tiens devant vous en ce moment historique, où une nation reprend son destin en main » a osé affirmer le vice-amiral Liam M. Hulin lors d’une cérémonie organisée par des responsables américains et irakiens à Bagdad, mercredi.
Commandant de la force opérationnelle interarmées de l’opération « Inherent Resolve » il juge que : « La coalition a mené à bien son opération de retrait organisé d’Erbil ». Cette capitale de la région du Kurdistan irakien, abritait la dernière base de la coalition en Irak.
Des millions de déplacés et de nombreux morts
En attendant, ce départ intervient alors qu’un certain nombre de crimes et d’abus ont été réalisés par l’armée états-unienne : torture de détenus irakiens à Abou Ghraib, exécutions extrajudiciaires de civils, recours à des sociétés de sécurité privées rancœur face à l’impunité américaine.
Si en 2011, Barack Obama a annoncé la fin de la guerre d’Irak, le président des États-Unis décide de les renvoyer avec une coalition internationale en 2014. Falloujah, Mossoul, Erbil, Kirkouk, Tikrit et bien d’autres villes ont connu des combats acharnés lors du retour des forces américaines contre l’EI. Cette guerre a provoqué des millions de déplacés et de nombreux morts.
Le premier ministre d’Irak, Ali al-Zaïdi, est désormais en première ligne et sous pression de Washington. Ce dernier s’est engagé à maîtriser la multitude de milices, engagé à les placer sous le contrôle de l’État d’ici mi-2027. Les États-Unis ont le contrôle avec les comptes bancaires irakiens ouverts aux États-Unis pour les paiements liés au pétrole. Washington peut à tout moment suspendre les versements.
La région subit désormais une autre guerre illégale déclenchée le 28 février par l’armée états-unienne et israélienne. Dès l’annonce de ce retrait, Téhéran et ses alliés ont salué une victoire.
Vadim Kamenka
L'Humanité du 30 septembre 2026

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