À quelques jours des élections législatives prévues le 27 octobre, le premier ministre israélien est poursuivi pour diffamation par l’ancien chef des services de renseignement intérieur israélien, le Shin Bet. Dans la plainte, Ronen Bar affirme que de nombreuses preuves prouvent « que les services de renseignement avaient bien transmis des informations ».
En pleine campagne, avant les élections législatives prévues le 27 octobre, Benyamin Netanyahou est poursuivi pour diffamation par l’ancien chef des services de renseignement intérieur israélien, le Shin Bet.
Ronen Bar accuse le premier ministre d’avoir menti sur leurs responsabilités respectives concernant l’attaque sans précédent du Hamas le 7 octobre 2023. Cette action fait suite à une publication du chef de la coalition gouvernementale sur X datée du 28 septembre, accusant Ronen Bar d’avoir dissimulé des renseignements.
« Une calomnie sanglante inventée de toutes pièces pour tenter de rejeter la responsabilité des événements du 7 octobre (…) dans le but de détourner le débat de sa propre responsabilité », a estimé l’ancien directeur du Shin Bet au moment de l’attaque.
Au moins 20 avertissements sur Gaza
La plainte porte sur un montant de trois millions de shekels (plus de 975 000 dollars) et a été déposée devant le tribunal de grande instance de Tel-Aviv. Benyamin Netanyahou voit sa campagne de plus en plus empoisonnée par les accusations de défaillances sécuritaires.
Dans une réponse juridique aux accusations portées contre lui par Netanyahou, Ronen Bar détaille « au moins 20 avertissements concernant la situation sécuritaire à Gaza et apporte la preuve que les services de renseignement avaient bien transmis des informations au cabinet de Netanyahou quelques heures avant l’attaque du Hamas », écrit Haaretz.
L’ancien directeur du Shin Bet israélien a démissionné en juin 2025 de ses fonctions après avoir reconnu les défaillances de son service en 2023. « Tous les systèmes se sont effondrés. Le Shin Bet n’a pas su donner l’alerte », avait-il déclaré à l’époque, avant de souligner « qu’en tant que chef de l’organisation, j’en ai assumé la responsabilité ».
Dans le document de 134 pages, que s’est procuré l’AFP, Ronen Bar affirme : « C’est la politique du premier ministre pendant plusieurs années (…) qui a renforcé les dangers provenant des organisations terroristes de Gaza ». Et il appelle le premier israélien « à lever toute revendication d’immunité et à rendre immédiatement publics tous les documents liés à cette affaire ». Selon L’ancien directeur du Shin Bet, la divulgation de la plupart des documents disponibles ne porterait pas atteinte à la sécurité d’Israël.
Quelques heures plus tard, le premier ministre a réagi sur X en affirmant que « Ronen Bar qui a remarqué les signes avant-coureurs dans la nuit du 7 octobre (…) ne m’a pas appelé car il n’avait pas mon numéro de téléphone ». « Ronen, tu es sérieux ? », a rétorqué Benyamin Netanyahou.
L'Humanité du 14 octobre 26
Photo: Ronen Bar, chef du Shin Bet (le service de sécurité intérieure israélien), lors d'une cérémonie au cimetière militaire du mont Herzl à Jérusalem, le 13 mai 2024.
© GIL COHEN-MAGEN / AFP

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