Au titre d’une initiative conjointe engageant douze pays dont la France, le ministre des affaires étrangères britannique a annoncé le 8 septembre, devant la Chambre des communes, de nouvelles sanctions visant les colonies israéliennes en Cisjordanie. M. Edward (« Ed ») Miliband a dénoncé notamment le « nettoyage ethnique » qui y sévit. Les mesures qu’il a détaillées cibleront « des entreprises et des individus qui fournissent des services, tels que la construction, les infrastructures, le financement et l’immobilier, destinés à l’expansion » de la colonisation. Il s’agit aussi d’interdire l’importation des produits de ces mêmes colonies – que les Nations unies estiment illégales au regard du droit international.
Ces dispositions relèvent en partie du jeu politique interne. Le nouveau gouvernement de M. Andrew (« Andy ») Burnham semble enfin prendre acte de l’impasse dans laquelle le Parti travailliste s’est mis en refusant de faire droit à l’émotion et aux mobilisations suscitées par l’aggravation de la tragédie que vit le peuple palestinien au cours de la période récente. Déjà, le 11 novembre 2023, plus de 800 000 personnes avaient défilé à Londres en solidarité avec Gaza. Ces derniers mois, les Verts, beaucoup plus offensifs sur le sujet que les travaillistes, progressent dans les sondages et aux élections partielles ou locales.
Les sanctions contre les colonies illégales sont aussi tardives. En effet, depuis le 7 octobre 2023, les forces de Tel-Aviv ou des colons ont tué plus de 1 100 Palestiniens, dont plus de 240 enfants, en Cisjordanie. L’armée israélienne inflige également des détentions ou des incarcérations arbitraires, des humiliations de toutes sortes, des contrôles incessants qui rendent les déplacements cauchemardesques sur ce territoire.
Les dispositions annoncées par M. Miliband sont enfin dérisoires. D’une part, l’État visé par ces sanctions en raison de la seule colonisation de la Cisjordanie commet un génocide, des crimes de guerre et s’en prend illégalement au Liban, à la Syrie ou à l’Iran. D’autre part, les importations des colonies ne représentent qu’une proportion minime des 6 milliards de livres (près de 7 milliards d’euros) d’échanges commerciaux entre le Royaume-Uni et Israël. D’après Bloomberg, cité par L’Opinion (8 septembre 2026), « des diplomates britanniques ont eux-mêmes assuré Washington que les sanctions (contre les colonies israéliennes) étaient avant tout symboliques et qu’elles n’avaient pas vocation à miner la relation diplomatique et commerciale entre les deux États ».
Le Monde diplomatique
La valise diplomatique du 11 septembre 2026

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