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| Photo : chaîne Al Jazeera |
La dernière de ces scènes s’est produite mardi 1er septembre dans la région d’Arraba, dans le gouvernorat de Jénine, où les forces israéliennes ont arraché des dizaines d’oliviers des deux côtés de la route reliant les localités d’Arraba et de Ya‘bad, selon l’agence de presse palestinienne Wafa.
Selon le rapport, l’opération a concerné des arbres anciens ainsi que des arbres récemment plantés. Les autorités israéliennes avaient auparavant informé des propriétaires terriens de la région qu’ils devaient enlever certains arbres, justifiant ces mesures par des considérations liées à « la sécurisation des routes et à la protection des déplacements des colons ».
Mais ce qui s’est produit à Arraba ne semble pas être un épisode isolé lorsqu’on le replace dans le contexte de ce qui s’est déroulé dans d’autres régions au cours de la période récente.
La même scène dans le sud de la Palestine
De l’autre côté, dans le sud du Liban, de vastes superficies de terres agricoles et d’oliveraies ont subi d’importants dégâts durant la guerre et les opérations militaires israéliennes qui ont suivi.
En juin 2025, des rapports ont documenté le défrichement par l’armée israélienne d’oliveraies dans la région de Mais al-Jabal, lors d’une incursion nocturne en territoire libanais.
Ces scènes se sont poursuivies en 2026.
En juillet, des rapports ont fait état de l’incendie d’oliveraies dans des zones frontalières du sud, avant que la localité de Yaroun, dans le district de Bint Jbeil, ne soit à son tour touchée, au début du mois d’août, par des incendies qui ont ravagé des oliviers centenaires.
Des rapports ultérieurs ont également fait état du défrichement de terres agricoles et de l’arrachage d’oliviers dans les environs d’Aïtaroun, ainsi que d’opérations de démolition et de défrichement dans d’autres localités du sud.
Les chiffres donnent une idée de l’ampleur des dommages subis par le secteur agricole. Le ministre libanais de l’Agriculture, Nizar Hani, a ainsi indiqué qu’environ 56 000 oliviers avaient été détruits ou arrachés dans la seule localité de Houla, ce qui montre que la question dépasse largement la perte d’une seule saison agricole.
L’olivier… bien plus qu’une culture
Ce qui relie Arraba aux villages du sud du Liban n’est pas seulement l’espèce d’arbre.
En Palestine comme au Liban, l’olivier fait partie des cultures profondément enracinées dans l’histoire sociale et économique des villages. La propriété de nombreuses oliveraies se transmet d’une génération à l’autre. La perte d’un arbre ancien ne représente donc pas seulement la perte d’une certaine quantité d’huile ou d’olives.
Un arbre qui a besoin de plusieurs décennies pour atteindre sa taille et son niveau de production actuels ne peut être remplacé par la plantation d’un jeune plant et l’attente de la saison suivante.
Cette importance est encore plus grande dans les zones rurales et frontalières, où la propriété et la mise en valeur des terres, ainsi que la possibilité d’y accéder, sont également liées au maintien des populations sur place et à leur capacité à préserver leurs terres et leurs moyens de subsistance.
D’Arraba à Mais al-Jabal et Yaroun
Il existe une différence évidente entre le contexte juridique et politique de la Cisjordanie occupée et celui du sud du Liban, et les deux situations ne peuvent être placées dans un même cadre juridique.
Mais le résultat matériel sur le terrain présente une similitude frappante : des oliviers centenaires sont arrachés ou brûlés, des terres agricoles sont endommagées et des agriculteurs perdent en quelques heures ce que leurs familles ont mis des décennies à construire.
À Arraba, les dernières opérations d’arrachage sont intervenues après d’autres mesures prises au cours de la même année. En mars 2026, des ordres israéliens avaient déjà visé l’enlèvement d’arbres aux abords d’un site militaire situé à l’est de la localité. Par la suite, des dizaines d’oliviers ont également été arrachés sur une terre dont la superficie était estimée à environ 25 dounams.
Dans le sud du Liban, les pertes ne se sont pas limitées à une seule localité. Les dommages agricoles se sont étendus de Mais al-Jabal et Houla à Aïtaroun, Yaroun et à d’autres zones situées le long de la frontière.
Le bulldozer anéantit en quelques minutes ce que des générations ont construit
L’image la plus révélatrice de la comparaison entre Arraba et le sud du Liban est peut-être à la fois la simplicité et la brutalité de la scène.
Un olivier a besoin de dizaines d’années pour devenir une partie intégrante du paysage d’une terre, d’un village et d’une famille. Pourtant, un bulldozer lourd peut l’arracher en quelques minutes.
Une terre privée de ses arbres ne perd pas seulement sa couverture agricole. Elle perd aussi une partie de sa valeur économique ainsi qu’un élément du paysage naturel et du patrimoine façonné au fil des générations.
C’est pourquoi ce qui se passe mérite d’être considéré au-delà des images de bulldozers et d’arbres arrachés : cela touche au rapport que des communautés entières entretiennent avec la terre dont elles vivent et sur laquelle elles vivent.
D’Arraba, en Palestine, aux villages du sud du Liban, les frontières, les circonstances et les contextes diffèrent, mais l’olivier demeure un même témoin.
Et lorsqu’un arbre planté par les ancêtres est arraché, la question ne porte plus seulement sur le nombre d’arbres détruits, mais sur l’ampleur d’une perte que les chiffres, à eux seuls, ne peuvent mesurer.
Sada Online - Le 09 septembre 26

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