Quatre civils libérés par Israël transférés par le CICR au Liban

 

Un convoi du Comité international de la Croix-Rouge, en route pour accueillir quatre personnes qui avaient été détenues en Israël, près d’Al-Mansouri (Liban), le 4 septembre 2026. KAWNAT HAJU/AFP
C’est la première fois que des personnes détenues sont libérées depuis qu’ont commencé, en avril, les négociations entre le Liban et Israël, sous l’égide des Etats-Unis.
Le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a annoncé, vendredi 4 septembre, avoir transféré au Liban quatre nouvelles personnes relâchées par Israël, au lendemain de la libération d’un premier civil.
« A la demande des parties concernées, le CICR a facilité le transfert vers le Liban de cinq personnes libérées » par Israël, a précisé l’organisation internationale dans un communiqué, en ajoutant qu’« une personne a été transférée jeudi, et quatre autres vendredi ». Israël avait annoncé jeudi qu’il libérait les cinq civils capturés dans le sud du Liban, où il est en guerre avec le mouvement pro-iranien Hezbollah.
Une source militaire israélienne a confirmé au bureau de l’Agence France-Presse (AFP) à Jérusalem que les quatre personnes avaient été transférées au Liban. Un correspondant de l’AFP a vu vendredi trois voitures du CICR arriver de la zone occupée par Israël dans le sud du Liban au barrage de l’armée libanaise à Al-Amiriya, qui marque le début de la zone tenue par les autorités de Beyrouth.
Le convoi a été escorté par deux véhicules de l’armée libanaise vers la ville de Tyr, où les personnes libérées devaient subir un examen médical et être interrogées par l’armée. Il s’agit de deux Libanais et deux Syriens, a déclaré à l’AFP un responsable libanais qui a requis l’anonymat, sans préciser leur identité.
C’est la première fois que des personnes détenues sont libérées depuis qu’ont commencé, en avril, des négociations entre le Liban et Israël, sous l’égide des Etats-Unis. Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, avait affirmé jeudi qu’« à l’issue de leur interrogatoire il est apparu qu’il s’agissait de citoyens (…) qui n’avaient pas participé à des activités terroristes ».
Le président libanais, Joseph Aoun, a remercié dans un communiqué les Etats-Unis et le CICR, et affirmé que cette libération « confirme la pertinence de la position » du Liban, engagé dans les négociations avec Israël – rejetées par le Hezbollah.

Espoir de « discussions élargies »
Jeudi, Israël avait libéré par l’entremise du CICR un jeune Libanais, Malek Ghazi, porté disparu en octobre 2025 par sa famille, alors qu’il était sorti selon elle faire du sport près de leur village d’Aïn Aata, dans le sud-est du Liban.
Beyrouth avait demandé lors de la dernière session de pourparlers, en août à Rome, la libération d’un premier groupe de ses ressortissants enlevés par Israël. Un comité de proches de ces Libanais estime leur nombre à plus d’une trentaine, parmi lesquels des combattants du Hezbollah.
Les Etats-Unis ont salué jeudi « le gouvernement d’Israël et le gouvernement du Liban pour avoir fait preuve de bonne foi à travers ces premières étapes », exprimant l’espoir que cela « servira de base à des discussions élargies sur d’autres questions civiles ».
Les deux pays doivent tenir une nouvelle session de négociations en septembre, mais aucune date n’a encore été fixée. Le Liban et Israël ont signé un accord-cadre le 26 juin prévoyant que l’armée libanaise rétablisse son autorité dans le sud du pays, sous réserve du désarmement du Hezbollah, en commençant par des « zones pilotes » dont se retirerait l’armée israélienne.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans la guerre régionale en bombardant Israël, en soutien à Téhéran, le 2 mars, déclenchant des bombardements aériens israéliens massifs et une offensive terrestre.
Selon le bureau du premier ministre israélien, l’annonce de jeudi « fait suite aux efforts déployés par Israël et le Liban pour localiser et rapatrier les dépouilles des dirigeants de la communauté juive qui avaient été enlevés et tués au Liban ».
Douze Juifs libanais, dont le chef de cette communauté, avaient été enlevés en 1984, 1985 et 1986, alors que des groupes clandestins accusés d’être liés au Hezbollah kidnappaient des Occidentaux. La plupart ont été exécutés. Par ailleurs, l’armée israélienne avait annoncé à la mi-août avoir rapatrié la dépouille d’un soldat tué au Liban en 1982.

(Avec les agences de presse du 04 septembre 26)

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