Le pionnier de la BD reportage a participé à plusieurs rendez-vous évènement lors de cette Fête de l’Humanité.
Le pionnier de la BD reportage a donné plusieurs rendez-vous ce week-end, du Village du livre à l’Agora. « Pour être honnête, je ne voulais plus faire de journalisme, mais je me suis retrouvé contraint après les événements du 7-Octobre », a raconté l’auteur de Requiem pour Gaza, son dernier ouvrage (Futuropolis). De sa formation de journaliste aux États-Unis, considéré comme le plus haut standard de la profession, il retient la « propagande » à propos des Palestiniens. « Ce mot était toujours associé à l’adjectif terroriste », insiste-t-il.
C’est en couvrant les massacres de Sabra et Chatila, au Liban, qu’il commence à interroger son regard et l’objectivité du journalisme. Inde, Caucase, Irak… Joe Sacco a documenté le monde de son dessin noir et blanc, fouillé, dont chaque détail apporte une information nouvelle. Mais sans cesse, il retourne à Gaza. Interdit du territoire comme tout journaliste étranger qui veut actuellement pénétrer dans la zone occupée, il a décidé, avec le reporter Chris Hedges, de recueillir les témoignages de réfugiés exilés en Égypte.
« Ceux qui ont réussi à sortir de Gaza ont dû payer : 5 000 euros pour un adulte, 2 500 euros pour un enfant. Ou alors, ils ont été évacués parce qu’ils étaient blessés. Nous voulions recueillir des témoignages afin qu’on ne les oublie pas, qu’ils ne soient pas transformés par les médias mainstream ou la censure. C’est une bataille culturelle de la mémoire contre une bataille de l’effacement. » Des témoignages de vies interrompues qu’il continue de relayer dans des cases ou à la Fête de l’Humanité.
Kareen Janselme
L'Humanité du 13 septembre 206

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