Il y a vingt-trois ans, le 28 septembre 2000, l'étincelle de la Seconde Intifada palestinienne jaillissait lorsque l'ancien Premier ministre israélien Ariel Sharon prit d'assaut l'esplanade des Mosquées à la tête d'un important contingent de forces d'occupation.
Sharon visita l'esplanade d'Al-Aqsa et déclara que le Mont du Temple resterait une zone « israélienne », provoquant la colère des Palestiniens. Des affrontements éclatèrent entre fidèles et soldats d'occupation, faisant sept morts parmi les Palestiniens et 250 blessés, ainsi que 13 soldats israéliens.
La ville de Jérusalem fut le théâtre de violents affrontements qui firent des dizaines de blessés, et les troubles se propagèrent rapidement à toutes les villes de Cisjordanie et de la bande de Gaza, donnant naissance à l'« Intifada d'Al-Aqsa ». L'enfant palestinien Muhammad al-Durrah est considéré comme un symbole de la Seconde Intifada. Deux jours après la prise d'assaut de la mosquée Al-Aqsa, une vidéo filmée par un correspondant d'une chaîne de télévision française le 30 septembre 2000 montrait les images de l'exécution en direct d'un enfant de 11 ans qui s'était réfugié à côté de son père dans un baril de ciment rue Salah al-Din, au sud de la ville de Gaza.
L'exécution du jeune Muhammad al-Durrah par l'armée israélienne a suscité l'indignation des Palestiniens, les poussant à descendre dans la rue pour manifester leur colère et s'opposer à l'occupation. Ces manifestations ont entraîné la mort et des dizaines de blessés.
La Seconde Intifada s'est caractérisée, par rapport à la Première, par la fréquence des affrontements et l'escalade des opérations militaires entre la résistance palestinienne et l'armée israélienne.
Selon les chiffres officiels palestiniens et israéliens, la Seconde Intifada a fait 4 412 morts palestiniens et 48 322 blessés, tandis que 1 069 Israéliens ont été tués et 4 500 blessés.
Durant l'Intifada d'Al-Aqsa, la Cisjordanie et la bande de Gaza ont subi des incursions militaires, la destruction de milliers de maisons et la destruction de milliers d'hectares de terres agricoles.
L'un des événements les plus marquants de la Seconde Intifada fut l'assassinat du ministre israélien du Tourisme, Rehavam Ze'evi, par des combattants du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP). Sharon s'efforça d'éliminer le plus grand nombre possible de dirigeants des partis politiques et militaires palestiniens, afin de réprimer le soulèvement qui éclata en 2000 et d'affaiblir et de désorganiser les factions de la résistance, notamment le procureur général du FPLP de l'époque, le martyr Abou Ali Mustafa, et le fondateur du Hamas, le cheikh Ahmed Yassine.
La Seconde Intifada a été marquée par une évolution des outils de la résistance palestinienne par rapport à la Première Intifada, dont les principaux moyens de résistance étaient les pierres et les cocktails Molotov.
Durant la Seconde Intifada, les factions de la résistance ont renforcé leurs capacités militaires et développé leur armement, parvenant à fabriquer des roquettes capables de frapper des villes israéliennes.
L'Intifada d'Al-Aqsa a pris fin le 8 février 2005, suite à un accord de cessez-le-feu conclu entre Israël et les Palestiniens lors du sommet de Charm el-Cheikh. Cet accord a été suivi, durant l'été de la même année, par le retrait unilatéral d'Israël de la bande de Gaza et de plusieurs colonies de Cisjordanie occupée, dans le cadre du « plan de désengagement ». Ce plan a entraîné le départ d'environ 8 600 colons de la bande de Gaza, dont Ariel Sharon, qui y résidait avant le retrait. Cependant, les observateurs ont noté que la Seconde Intifada ne s'est pas achevée avec le retrait israélien de Gaza, en raison de l'échec des deux parties à trouver une solution politique et de la poursuite des affrontements dans les villes de Cisjordanie. Les responsables politiques palestiniens avaient prédit depuis longtemps que la politique des autorités israéliennes à Jérusalem occupée – notamment les incursions répétées dans l’esplanade des Mosquées, l’impunité dont jouissent les colons pour leurs violations et leurs crimes, voire la protection de ces crimes – allait fortement déclencher une troisième Intifada palestinienne, au cœur même de la capitale occupée. C’est précisément ce qui s’est produit : l’escalade de ces violations a conduit à l’Intifada populaire de Jérusalem le 1er octobre 2015.
La Première Intifada, ou « Intifada des Pierres » comme l'appellent les Palestiniens, a éclaté le 8 décembre 1987 dans le camp de réfugiés de Jabalia, au nord de la bande de Gaza, avant de s'étendre à toutes les villes, villages et camps de Palestine. L'élément déclencheur fut un incident au cours duquel un chauffeur de camion israélien a renversé un groupe de travailleurs palestiniens au point de contrôle de Beit Hanoun (Erez), également au nord de la bande de Gaza.
L'Intifada des Pierres s'est apaisée en 1991 et a pris fin définitivement avec la signature des accords d'Oslo entre Israël et l'Organisation de libération de la Palestine en 1993.
(Correspondance locale - Al Qods, le 28 septembre 2026)

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