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| En Cisjordanie, Mike Huckabee a dénoncé les violences des colons israéliens tout en maintenant son soutien à l’occupation des territoires palestiniens. © Will Oliver - Pool via CNP/ZUMA-REA/ZUMA-REA |
Mike Huckabee a-t-il connu une épiphanie aussi soudaine qu’intense ? L’ambassadeur des États-Unis à Jérusalem est un chrétien évangélique, défenseur inconditionnel d’Israël quelle que soit la politique de ses gouvernements ainsi que du droit de ce même pays, au nom de la Bible, à disposer des terres de Cisjordanie. Voilà que, samedi 5 septembre, il a lancé une mise en garde à Benyamin Netanyahou dans une mise en scène millimétrée.
Le diplomate s’est rendu à Turmus Ayya, un village de Cisjordanie assailli par les colons. Pendant deux heures, il s’est entretenu avec plusieurs habitants chez Samir Hazmeh, un Palestino-Américain dont la maison a été prise pour cible à plusieurs reprises. « Notre message est clair : un crime est un crime, un acte de terreur est un acte de terreur. Ceux qui les commettent doivent s’attendre à de sévères conséquences », a-t-il lancé.
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La critique est néanmoins très limitée puisque le représentant états-unien a stigmatisé un « petit groupe de vandales », non un processus massif organisé par Tel-Aviv. Le gouvernement de Benyamin Netanyahou, qui compte en son sein des colons, notamment le suprémaciste juif Bezalel Smotrich, autorise régulièrement l’implantation de nouvelles colonies et a même lancé le projet E1 censé couper la Cisjordanie en deux.
Cette visite a surtout permis de lancer une pique à Benyamin Netanyahou. « L’un des messages que nous avons transmis et que nous continuerons de transmettre est que les habitants de ces communautés ont le droit de vivre en sécurité et que le gouvernement a la responsabilité de veiller à ce que ce soit le cas », a déclaré Mick Huckabee.
Ce qui est une façon également de reconnaître la souveraineté israélienne sur la Cisjordanie, appelée Judée-Samarie par les adeptes de la colonisation. Le premier ministre israélien aura néanmoins compris le message. En difficulté dans les sondages, à moins de deux mois des élections législatives, il se targue d’avoir l’administration états-unienne à sa main. Donald Trump vient de lui rappeler à très peu de frais qu’il peut agir comme bon lui semble, tout au moins dans les limites de la non-remise en cause de l’alliance indéfectible entre les deux pays.
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Ce petit épisode savamment orchestré permet aussi au président états-unien de donner des gages à l’Arabie saoudite, allié traditionnel des États-Unis dans la région, qu’il ambitionne toujours de faire rentrer dans les accords d’Abraham. Or, pour Ryad, une telle perspective est impossible dans un contexte de négation des droits des Palestiniens.
Moins pour soutenir en soi la cause palestinienne que pour ne pas en laisser le monopole à Téhéran et son « axe de la Résistance » qui inclut le Hamas. Une fois revenu de son opération communication, Mike Huckabee a repris le cours normal de sa vie politique, en accusant le gouvernement britannique d’antisémitisme, après que son chef de la diplomatie, Ed Miliband, a qualifié la situation à Gaza d’ « épouvantable », ce qui relève juste d’un constat.
« Les Britanniques ont perdu la tête. La haine des Juifs de la part de leur gouvernement ne connaît ni limites, ni faits », a-t-il écrit sur X en réaction à ce simple propos d’un ministre, dont les parents étaient des réfugiés juifs en Grande-Bretagne.
Christophe Deroubaix
L'Humanité du 06 septembre 26

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