Donald Trump veut renommer le détroit d’Ormuz en « détroit Trump », ou comment faire croire qu’on a la main quand on s’enlise

 

Malgré les affirmations de Donald Trump, le Détroit d’Ormuz est loin d’être sous contrôle états-unien.
Samuel Corum/UPI/ABACAPRESS.COM
Donald Trump a proposé mercredi 2 septembre de renommer le détroit d’Ormuz en « détroit Trump ». Malgré la reprise des hostilités depuis dimanche 30 août entre l’Iran et les États-Unis, le locataire de la Maison Blanche espère imprimer l’idée d’une situation sous contrôle. Jeudi 3 septembre, le Koweït a affirmé être la cible d’attaques de Téhéran.
On connaissait l’égotrip Trumpien, mais son étendue n’a de cesse de surprendre. Mercredi 2 septembre, le président états-unien a proposé de renommer le détroit d’Ormuz en « détroit Trump ». « Maintenant que nous en avons le contrôle, devrions-nous rebaptiser le détroit d’Ormuz ”détroit Trump”? », a d’abord écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social. Ce passage névralgique pour le commerce mondial est pourtant loin d’être sous contrôle états-unien.
La Maison Blanche a ensuite diffusé sur les réseaux sociaux une carte où la voie maritime qui sépare l’Iran et le sultanat d’Oman est désignée sous le nom de « détroit Trump » avec le commentaire « Ça sonne bien ». Pressé par un journaliste de l’Agence France-Presse sur la question, le chef de l’État a toutefois affirmé quelques heures plus tard en souriant qu’il avait « juste lancé ça comme ça ».

Le Koweït sous les missiles iraniens
Le déblocage du Détroit d’Ormuz, levier de pression iranien et enjeu économique mondial, est devenu l’un des principaux objectifs de guerre de Donald Trump. Pourtant, avant cette guerre illégale déclenchée le 28 février par les États-Unis et Israël, le passage était bel et bien libre. Il est maintenant presque totalement réduit et l’Iran entend percevoir un droit pour le transit des navires marchands.
La situation dans le détroit d’Ormuz et dans le reste du Golfe Persique est loin d’être stabilisée. Dimanche 31 août, l’armée états-unienne a bombardé des lance-roquettes iraniens situés dans la zone, menant leur première opération militaire depuis un mois et rompant ainsi une accalmie dans ce conflit intermittent.
Dans la nuit de mardi à mercredi, « les forces américaines ont frappé des cibles du Corps des Gardiens de la Révolution iranien », notamment des sites de défense aérienne, des systèmes de radar ou encore des installations maritimes, a écrit sur X (ex-Twitter) le Commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom), annonçant la fin de l’attaque. Au moins 19 personnes ont été tuées lors de cette dernière série de bombardements. En représailles, l’Iran a attaqué mercredi des bases militaires des États-Unis dans le Golfe.
À l’issue de cette nouvelle série de bombardements américains meurtriers suivis d’une riposte d’envergure, Donald Trump a averti que les États-Unis restaient prêts à frapper « à tout moment » la République islamique qui a juré de « briser » l’ennemi américain. Jeudi 3 septembre, le Koweït a indiqué sur X faire face à « des attaques hostiles de missiles et de drones à la suite de l’ignoble agression iranienne ».
« En réponse aux crimes commis par l’Amérique contre le peuple iranien, des attaques de missiles et de drones sont en cours contre des bases américaines au Koweït », a confirmé peu après la télévision d’État iranienne sur le même réseau social. Les infrastructures énergétiques de l’émirat étaient déjà ciblées quotidiennement par Téhéran avant l’accalmie du mois d’août, mettant en péril sa production électrique.

Théo Bourrieau
L'Humanité du 03 septembre 26

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