Consulat du Royaume-Uni fermé, Jeremy Corbyn interdit d’entrée : Israël répond à l’annonce de sanctions contre ses colonies en Cisjordanie

 

 Le consulat du Royaume-Uni à Jérusalem-Est, annexée par Israël, le 8 septembre 2026. AHMAD GHARABLI / AFP
Le ministre des affaires étrangères israélien a annoncé une série de mesures visant le Royaume-Uni, dont l’interdiction d’accès au territoire de 11 députés britanniques jugés « antisémites » ou « anti-Israël ».
Le chef de la diplomatie israélienne a annoncé, mardi 8 septembre, la fermeture du consulat du Royaume-Uni à Jérusalem, en représailles à l’annonce de sanctions contre les colonies israéliennes en Cisjordanie par Londres et d’autres pays occidentaux.
Cette mesure, qui survient quelques heures seulement après l’annonce par 12 pays, dont le Royaume-Uni et la France, de leur intention de sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes, marque une dégradation spectaculaire des relations entre Israël et le Royaume-Uni, dans un contexte de tensions croissantes avec les pays occidentaux compte tenu de la multiplication des colonies et des violences en Cisjordanie occupée.
La déclaration conjointe des 12 pays occidentaux affirme que les violences de colons « ont atteint des niveaux sans précédent » et que « les actions menées par le gouvernement israélien en Cisjordanie compromettent la possibilité d’une solution à deux Etats ».

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Qualifiant les critiques britanniques de « scandaleuses » lors d’une conférence de presse, le ministre des affaires étrangères israélien, Gideon Saar, a annoncé la fermeture du consulat du Royaume-Uni à Jérusalem, ajoutant que cette mesure avait reçu l’aval de Benyamin Nétanyahou, le premier ministre israélien.
L’annonce fait écho à une décision similaire d’Israël qui avait interdit, en 2024, au consulat d’Espagne à Jérusalem de proposer ses services consulaires aux Palestiniens de Cisjordanie, à la suite de la reconnaissance de l’Etat de Palestine par Madrid.
Par ailleurs, 11 députés britanniques jugés « antisémites » ou « anti-Israël », dont l’ancien dirigeant du Parti travailliste Jeremy Corbyn, ainsi qu’un avocat ayant représenté le Hamas, ont été frappés d’une interdiction d’entrer en Israël. En outre, des représentants britanniques travaillant au centre de coordination international de Kiryat Gat, chargé de superviser le cessez-le-feu dans la bande de Gaza, seront expulsés, a annoncé Gideon Saar, sans toutefois dire combien de personnes étaient concernées.
Le ministre israélien a également annoncé la fin des activités britanniques de formation des forces de l’Autorité palestinienne, menées dans le cadre de la British Support Team, une petite unité de militaires britanniques basée à Ramallah qui apporte son soutien aux forces de sécurité palestiniennes.

Le Royaume-Uni ciblé pour avoir « lancé et mené ce mouvement »
Ces contre-mesures ne visent pour l’instant que le Royaume-Uni, et non les autres pays ayant annoncé leur intention de sanctionner le commerce avec les colonies israéliennes. M. Saar a justifié ce choix en affirmant que Londres avait « lancé et mené ce mouvement », tout en prévenant : « Nous prendrons également des contre-mesures contre tout autre pays qui agit ou agira contre Israël. »
« Les accusations portées aujourd’hui par le ministre des affaires étrangères britannique devant le Parlement britannique sont des mensonges scandaleux », a déclaré M. Saar, après que son homologue britannique, Ed Miliband, eut accusé le gouvernement israélien de fermer les yeux sur le « nettoyage ethnique en cours en Cisjordanie », selon lui.
« Cette initiative britannique est moralement biaisée et constitue une ingérence flagrante dans les affaires d’un Etat souverain, ainsi que dans son processus électoral », a affirmé M. Saar, en référence aux élections législatives très disputées du 27 octobre en Israël.

(Avec les agences de presse du 08 septembre 2026)

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