Déjà récompensés d’un oscar en 2025 pour leur film documentaire No Other Land, Yuval Abraham et Rachel Szor ont remporté samedi 12 septembre le prix du jury de la Mostra de Venise pour leur nouveau documentaire NAZA, construit autour de témoignages de soldats israéliens.
Un documentaire choc israélien sur Gaza réalisé par les journalistes d’investigation Yuval Abraham et Rachel Szor, déjà coauteurs du film oscarisé No Other Land (2024), a remporté samedi 12 septembre le prix spécial du jury à la Mostra de Venise.
Ovationné durant 25 minutes lors de sa première vendredi, NAZA dénonce, selon Yuval Abraham, des « mécanismes de mise à mort » utilisés par l’armée israélienne dans la bande de Gaza. NAZA – un terme utilisé par l’armée israélienne pour indiquer le nombre de civils censés être tués dans une frappe aérienne – se fonde sur les témoignages anonymisés de 24 militaires des services secrets israéliens, filmés de nuit depuis les toits de Tel-Aviv.
Une « usine » à tuer
Ce film de 80 minutes a laissé de nombreux spectateurs stupéfaits à la Mostra. Les militaires israéliens qui y témoignent décrivent le sentiment de travailler dans une « usine » à tuer ou dans un jeu vidéo mortel lorsqu’ils utilisaient des systèmes de ciblage alimentés par l’IA pour bombarder Gaza.
« Nous voulions entendre, avec le plus de détails possible, à quoi ressemblaient les mécanismes de mise à mort à Gaza, comment ils fonctionnaient », avait expliqué Yuval Abraham lors d’une interview avec l’Agence France-Presse (AFP) à Venise. « Les agents des services de renseignement israéliens à qui nous avons parlé nous ont expliqué à quel point ce massacre est systémique », a déclaré le réalisateur lors de la remise du prix samedi.
« Ce n’est pas un accident, mais bien le fruit d’une stratégie délibérée. Des actes meurtriers et des politiques fondés sur une déshumanisation totale des Palestiniens », a-t-il ajouté en rendant hommage aux journalistes palestiniens ayant permis de documenter et faire connaître ces faits. « Plus de 200 d’entre eux ont été tués par Israël », a rappelé le journaliste d’investigation et réalisateur.
Yuval Abraham a également souligné qu’il était « vraiment » et « particulièrement important pour nous que les Israéliens regardent ce film » car « c’est notre pays qui commet ces crimes ». Sans surprise, l’armée israélienne a « catégoriquement rejeté » les témoignages du documentaire tout en assurant faire « des efforts sans précédent pour réduire autant que possible les dommages causés aux civils ».
L'Humanité du 13 septembre 26

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