Pour une résistance victorieuse

 

Quel est l'intérêt de susciter des débats du style « Je suis plus fort que toi » ?
La victoire contre l'occupation sioniste du Liban a été à chaque fois possible grâce à la participation de toutes les factions de la résistance (communistes, nationalistes et religieuses), chacune contribuant, selon sa position, son idéologie et sa vision, à la résistance militaire et populaire. Chaque faction a connu ses propres luttes et sacrifices, notamment des martyrs, des prisonniers et les dépouilles de résistants disparus.
La cause de la résistance doit demeurer celle de tout le peuple, indépendamment des capacités militaires et financières dont dispose chaque faction et faisant défaut aux autres. Toute tentative, intentionnelle ou due à une erreur tactique, de s'approprier l'histoire de la résistance de notre peuple et de la confiner à une seule faction ne sert ni le présent ni l'avenir de l'ensemble du mouvement de résistance.
N’est-il pas surprenant que la plupart des partis de la résistance libanaise soutenant la cause palestinienne avec ferveur et loyauté, exigent que les factions palestiniennes s’unissent autour d’un projet de résistance et qu’elles considèrent la division comme servant l’occupation, alors que le comportement du plus fort de ces partis envers les autres reflète la réalité palestinienne fragmentée ?
La résistance libanaise est à la fois une démarche et une volonté. Son projet doit reposer sur la conjugaison des objectifs de libération du territoire et la construction d'une nation résiliente. Or, la structure du système confessionnel libanais constitue l'un des principaux obstacles pour l'édification d'une société de résistance, de libération et de justice sociale.
Résister au projet sioniste et le vaincre exige un mouvement national de résistance fort d'une assise arabe. Cela nécessite une structure nationale non confessionnelle. Sans cette dernière, le mouvement de résistance ne peut se doter d'une base populaire arabe qui constituerait un modèle à suivre et l'un de ses courants phares.
L'une des fonctions du mouvement de résistance est la construction un projet libano-arabe unifié, fondé sur ses points communs et faisant de ses différences une source de richesse sociale. Ce projet doit fonder un patriotisme reconnaissant Israël comme ennemi et la nécessité d'une lutte commune en confrontation avec les projets hégémoniques impérialistes, sous tous les aspects économiques, culturels, militaires, politiques et diplomatiques.
Sans cette combinaison de tâches pour résister, toute victoire militaire remportée par l'une des factions de la résistance sera engloutie par le monstre confessionnel et sera plus facile à inhiber économiquement et politiquement.

Par le Dr. Tannous Chalhoub,
traduit de l'arabe par Roland Richa
Le 22 août 2026

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