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| L’une des premières mesures du nouveau
président d’extrême droite Abelardo de la Espriella revient à soutenir
l’effort de guerre israélien. © Andres Moreno/XINHUA-REA |
L’extrême droite regagne du terrain en Amérique du Sud et Israël s’en frotte les mains. Tandis que Tel-Aviv poursuit son génocide dans la bande de Gaza et la colonisation de la Cisjordanie occupée, le gouvernement du président d’extrême droite Abelardo de la Espriella a annoncé la reprise des exportations de charbon vers Israël.
Le ministre du Commerce, Mauricio Gomez Amin, a annoncé cette décision dans une vidéo tournée aux côtés du chef d’État multimillionnaire, qui brandissait le décret en question. Si l’existence de ce dernier a été officialisée vendredi 21 août, Bogota n’a pas encore publié son numéro, sa date de publication au Journal officiel ni les conditions que devront remplir les exportateurs.
Le principal fournisseur de charbon à Israël
La Colombie continue ainsi de détruire l’héritage de la précédente mandature, menée par la figure de gauche Gustavo Petro. L’ex-président, grand soutien du peuple palestinien, avait officialisé un embargo sur le charbon à destination d’Israël, pour empêcher que les ressources colombiennes n’alimentent le génocide à Gaza.
Le choix de s’attaquer à l’embargo sur le commerce de charbon représente un revirement majeur : le pays d’Amérique du Sud était, avant les sanctions, le principal fournisseur (près de 60 % en 2024) d’Israël, rapporte Middle East eye. Outre cette décision, le président d’extrême droite colombien a rétabli les relations diplomatiques avec Tel-Aviv, reconnu la souveraineté israélienne sur le Golan syrien occupé et annoncé son intention de transférer l’ambassade de Colombie de Tel-Aviv à Jérusalem-Est occupée.
« Nous ne sommes au pouvoir que depuis quinze jours », s’est ainsi vanté Abelardo de la Espriella, au pouvoir depuis le 7 août dernier, dans la vidéo réalisée avec son ministre du Commerce. Outre la mise en place d’un embargo en août 2024, Gustavo Petro avait rompu les relations diplomatiques entre Bogota et Tel-Aviv en mai de la même année.
Le gouvernement colombien a par la suite supprimé les exemptions pour les contrats existants et imposé un embargo total en août 2025. Cette mesure était censée rester en vigueur jusqu’à ce qu’Israël se conforme aux mesures conservatoires émises par la Cour internationale de Justice ; à savoir se retirer de Gaza et de Rafah. L’extrême droite en a décidé autrement.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 25 août 26

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