Ouverture d’un nouveau cycle de discussions entre Israël et le Liban à Washington

 

Des personnes regardent par les fenêtres endommagées d’un hôpital, après qu’une frappe israélienne a touché les abords de l’établissement, à Tyr, le 1er juin 2026. KAWNAT HAJU/AFP
De nouvelles discussions entre Libanais et Israéliens sont prévues, mardi et mercredi, à Washington. Ce cycle de pourparlers, auxquels s’oppose le Hezbollah, entre des émissaires des deux pays qui n’entretiennent pas de relations diplomatiques, est le quatrième depuis que la guerre a éclaté début mars.
Ces négociations sont « le seul moyen de mettre fin à la guerre », a lancé, lundi, le président libanais Joseph Aoun, dénonçant une « agression féroce » d’Israël, qui intensifie son offensive contre le Hezbollah.
Lundi, Israël a menacé de frapper le mouvement, dans son bastion de la banlieue sud de Beyrouth, déclenchant la fuite d’habitants. Le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, a argué de « violations répétées du cessez-le-feu » par le Hezbollah et d’attaques contre son pays.
Selon le média américain Axios, Donald Trump a qualifié Benyamin Nétanyahou de « complètement fou » et l’a accusé de mettre en péril les négociations de paix avec l’Iran au cours d’une conversation téléphonique.

Le Hezbollah revendique des attaques contre l’armée israélienne dans le sud du Liban
Le Hezbollah a annoncé avoir visé, lundi soir, des cibles israéliennes dans le sud du Liban, tandis que l’agence officielle libanaise (NNA) y a signalé des frappes israéliennes sur les villages de Marwaniyeh, Sidiqine, Yater and Mansouri, ainsi qu’une « très violente détonation » entendue à Debbine.
Dans un communiqué, le Hezbollah a, lui, déclaré que ses combattants avaient visé un char Merkava à Hadatha au moyen d’un drone, ainsi que des soldats israéliens par « des barrages de roquettes et des tirs d’artillerie ». Le mouvement a ensuite affirmé que plusieurs de ses membres avaient attaqué deux chars israéliens dans la même zone.
Puis, dans un troisième communiqué indiquant comme les précédents que l’attaque a eu lieu après 23 heures (22 heures à Paris), le Hezbollah a rapporté que ses combattants avaient ciblé un char Merkava à Bayada « avec un missile guidé ».
Par ailleurs, l’armée israélienne a annoncé l’interception, tôt mardi, de deux projectiles « qui ont pénétré sur le territoire israélien depuis le Liban ». La même source a aussi annoncé dans le même message qu’une « cible aérienne suspecte » avait été identifiée peu après et était tombée du côté israélien de la frontière avec le Liban, sans faire de blessé.
Ces échanges de tirs se produisent alors que le président américain, Donald Trump, a assuré que le mouvement pro-iranien et l’Etat hébreu allaient cesser leurs affrontements.

Donald Trump exhorte Israël et le Hezbollah à arrêter de se battre « pour toujours »
Alors que le président américain, Donald Trump, a assuré qu’Israël et le Hezbollah lui avaient promis un apaisement, il a de nouveau déclaré, dans un nouveau message publié sur son réseau, Truth Social, lundi soir, que le mouvement libanais avait « accepté d’arrêter de tirer sur Israël et ses soldats ».
« De même, Israël a accepté de cesser de tirer sur eux. Voyons combien de temps cela durera – espérons que ce soit pour TOUJOURS ! », a-t-il ajouté.

Le maintien d’une présence militaire de l’ONU sera « nécessaire » au Liban, selon le secrétaire général des Nations unies
Le maintien d’une présence militaire de l’ONU au Liban après le départ de la force actuelle de maintien de la paix, la Finul, à la fin de 2026, sera « nécessaire », estime le secrétaire général de l’ONU dans un rapport transmis lundi au Conseil de sécurité, vu par l’Agence France-Presse.
Dans ce rapport réclamé par le Conseil, Antonio Guterres propose trois options allant de près de 2 000 à plus de 5 500 personnels en uniforme pour permettre de surveiller le cessez-le-feu et de soutenir les forces armées libanaises.
La Finul, dont le mandat expire à la fin de décembre en vertu d’une résolution du Conseil de sécurité adoptée en août 2025 sous la pression des Etats-Unis, compte actuellement près de 7 500 casques bleus.

Itamar Ben Gvir exhorte Benyamin Nétanyahou à rejeter le cessez-le-feu annoncé par Donald Trump
Le ministre de la sécurité nationale israélien a exhorté, lundi, Benyamin Nétanyahou, le premier ministre, à rejeter le cessez-le-feu annoncé par le président américain, Donald Trump, entre Israël et le Hezbollah.
« Vous avez dit qu’un premier ministre fort dit “oui” au président américain quand c’est possible et “non” quand c’est nécessaire. C’est le moment de dire à notre ami, le président [Donald] Trump : “non” », a déclaré le dirigeant d’extrême droite dans une allocution publiée sur Telegram. Il a appelé à « frapper le Hezbollah », à « libérer les mains [des] combattants [israéliens]» et à « rétablir la sécurité dans le nord » d’Israël.
Itamar Ben Gvir fait partie des voix les plus influentes en faveur d’une intervention militaire israélienne dans le sud du Liban, plaidant pour une occupation plus importante du territoire. Ce n’est pas la première fois qu’il incite publiquement le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, à intensifier les affrontements avec le Hezbollah. « Il est temps pour le premier ministre de taper du poing sur la table face à Donald Trump et de lui annoncer qu’Israël retourne à la guerre au Liban », avait-il affirmé le 25 mai.

Donald Trump affirme avoir obtenu un accord de cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah et que l’armée israélienne ne frappera pas Beyrouth
Le président américain a annoncé lundi soir sur son réseau, Truth Social, avoir obtenu un cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah. Donald Trump annonce avoir eu un appel « très productif » avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à l’issue duquel « aucune troupe n’ira à Beyrouth » et celles « en route ont déjà fait demi-tour ».
Il affirme également avoir été en contact, par l’intermédiaire de « représentants haut placés », avec le Hezbollah, qui aurait accepté que « tous les tirs cessent » ; Israël s’engageant à ne pas attaquer le mouvement, et le Hezbollah à ne pas attaquer Israël.
« Les négociations se poursuivent à un rythme soutenu avec la République islamique d’Iran », a ajouté M. Trump dans un second message publié sur Truth Social.

L’ONU, « très inquiète » de l’escalade des hostilités au Liban, appelle à respecter le cessez-le-feu
L’Organisation des Nations unies, très inquiète de l’escalade des hostilités au Liban, où Israël intensifie son offensive, a appelé lundi toutes les parties à respecter le cessez-le-feu et à éviter une « nouvelle escalade ».
« Nous sommes très inquiets de l’escalade dans les activités militaires dans le sud du Liban et au-delà », a déclaré Stéphane Dujarric, porte-parole du secrétaire général, lors d’un point presse hebdomadaire. « Nous appelons tous les acteurs à respecter la cessation des hostilités et à éviter une nouvelle escalade. »
M. Dujarric a réaffirmé que « les civils et les infrastructures civiles ne doivent pas être pris pour cible » et a appelé tous les acteurs à « respecter la cessation des hostilités et à éviter toute nouvelle escalade ». « Nous condamnons toutes les pertes en vies humaines parmi la population civile », a-t-il déclaré. « Il n’y a pas d’autre solution que la voie diplomatique pour briser le cycle de la violence et instaurer une stabilité durable de part et d’autre de la ligne bleue. »


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