Beyrouth et Tel-Aviv ont publié une déclaration commune, avec les États-Unis, pour officialiser la mise en place d’une trêve alors que la précédente, en vigueur depuis le 17 avril, a été bafouée par Israël. Conditionné au retrait du Hezbollah, ce nouvel accord aborde la création de « zones pilotes » dans le sud du Liban, « dont les Forces armées libanaises assumeront le contrôle exclusif ».
Apparaît encore et toujours la même question : le cessez-le-feu va-t-il être respecté ? Israël et le Liban ont annoncé, dans une déclaration commune avec les États-Unis, publiée dans la matinée du jeudi 4 juin, avoir convenu d’une nouvelle trêve. La précédente s’était effondrée du fait de l’assaut mené par Tel-Aviv au sud du Liban, en marge de la guerre conduite avec Washington en Iran.
Depuis la reprise des bombardements, malgré la précédente trêve qui devait ouvrir une phase de désescalade entre Israël et le Hezbollah, Tel-Aviv n’a cessé de massacrer la population civile et de s’emparer de territoires, causant la mort au moins 3 516 personnes et en blessant 10 674 autres en trois mois, estime le ministère libanais de la Santé. Ce nouvel accord a été imaginé autour de la création de « zones pilotes » dans le sud du Liban, « dont les Forces armées libanaises assumeront le contrôle exclusif ».
Qualifié d’« ennemi du Liban »
Le cessez-le-feu stipule ainsi que l’arrêt des massacres sera conditionné au retrait de tous les combattants du Hezbollah – qui ne participe pas aux négociations et est qualifié d’« ennemi du Liban » dans le document – de la zone située au sud du fleuve Litani et à un « arrêt complet » de ses tirs. La déclaration ne précise pas quelles zones sont concernées et reste vague sur un retrait des forces d’occupations israéliennes.
À l’inverse, loin de condamner les massacres de civils et les destructions de villes par Israël, la déclaration critique une instrumentalisation de l’Iran : « Tous les pays ont réaffirmé que l’avenir des relations entre Israël et le Liban doit être décidé par les deux gouvernements souverains. Ils ont rejeté toute tentative, de la part de tout acteur étatique ou non étatique, de prendre en otage l’avenir du Liban. »
Le cessez-le-feu représente une rapide évolution de la situation, alors que le pays du Cèdre était encore le théâtre de combats seulement quelques heures plus tôt. Deux médecins libanais ont été tués dans la municipalité de Chehour et six autres civils près de la ville côtière de Tyr, selon le ministère libanais de la Santé. Un soldat a quant à lui été tué lors d’un bombardement israélien dans le sud du pays, tandis que deux autres ont été blessés par un drone près de Deir al-Zahrani, au nord de Nabatieh.
La chaîne panarabe Al-Ghad a enfin rapporté six frappes de drones sur des véhicules dans le sud du Liban, pendant que l’armée israélienne émettait un ordre d’évacuation pour plusieurs villages de la région, intimant à la population de se diriger vers le nord de la rivière Zahrani. Le Hezbollah a également mené des attaques contre Israël, en tirant des roquettes sur des soldats à proximité de la frontière entre les deux pays. Lors d’un entretien accordé à la chaîne états-unienne CNBC, mercredi, le premier ministre israélien Benyamin Netanyahou a justifié cette violence par sa volonté de « désarmer le Hezbollah et démilitariser le Liban ».
L’armée libanaise a rétorqué, dans un communiqué, que cette « série d’attaques délibérées visant le personnel militaire, les véhicules et les positions » vise à « chasser les habitants de leurs villages et de leurs villes et à révéler les véritables objectifs qui se cachent derrière l’escalade de l’agression israélienne ». Beyrouth et Tel-Aviv ont convenu de reprendre les discussions durant la semaine du 22 juin, en vue de « parvenir à un accord global ».
L'Humanité du 04 juin 2026

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