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| Dans la banlieue sud de Beyrouth, régulièrement bombardée par Israël. Ici le 20 avril dernier. © Zuma/ABACA |
Israël a mené, ce lundi 8 juin, malgré les appels à la retenue de Donald Trump, des bombardements contre l’Iran après avoir été la cible de missiles de la République islamique pour la première fois depuis l’instauration de la trêve au Moyen-Orient. Après 100 jours de guerre, et deux mois après l’entrée en vigueur d’un cessez-le-feu déjà très fragilisé, la région menace donc de s’embraser de nouveau, fragilisant ainsi la perspective d’un accord entre Washington et Téhéran.
Jérusalem s’est réveillée ce lundi au son d’une explosion alors que retentissait une alerte aérienne et que l’armée faisait état d’une nouvelle salve de missiles iraniens la visant – la troisième en moins de 24 heures. Quelques heures plus tôt, la télévision d’État iranienne avait fait état d’explosions à Téhéran et les villes de Tabriz (nord-ouest) et Ispahan (centre), au moment où l’armée israélienne annonçait que son aviation avait bombardé « des cibles militaires appartenant au régime terroriste iranien dans l’ouest et le centre de l’Iran ».
Un « avertissement » en représailles aux bombardements à Beyrouth
L’ambassadeur d’Israël aux États-Unis, Yechiel Leiter, a précisé que des sites de lancement de missiles sol-sol ainsi que « des infrastructures non liées au secteur énergétiques » avaient été visés, accusant l’Iran d’avoir tiré 11 missiles balistiques vers son pays lors des deux premières vagues – tous interceptés selon l’armée.
Téhéran a de son côté présenté ces attaques comme un « avertissement », en représailles à un bombardement israélien sur la banlieue sud de Beyrouth, faisant deux morts et 20 blessés, en dépit d’une trêve théoriquement conclue entre le Liban et Israël mais largement bafouée.
C’est la première fois que l’Iran tire des missiles contre Israël depuis le cessez-le-feu du 8 avril. Mais les négociations entre Washington et Téhéran n’ont depuis pas abouti, et les deux pays se sont déjà attaqués mutuellement plusieurs fois ces derniers jours autour du détroit d’Ormuz.
Selon le média Axios, Donald Trump s’est entretenu ce dimanche 7 juin au soir avec le Premier ministre israélien Benyamin Netanyahou afin qu’Israël ne riposte pas. Aucun compte rendu officiel n’a été diffusé. « Nous sommes sur le point de conclure un accord définitif avec l’Iran. Ce sera un bon accord. Je ne veux pas qu’il tombe à l’eau à cause de ce qui se passe actuellement », a-t-il affirmé selon le journaliste d’Axios Barak Ravid, qui dit l’avoir eu au téléphone.
Les craintes d’un nouvel embrasement régional
Les deux dirigeants ont déjà eu un échange musclé il y a quelques jours, selon le locataire de la Maison Blanche, qui s’est dit mécontent de l’offensive israélienne au Liban. Mais alors que Trump tente d’apparaître comme déterminé à en finir avec cette guerre de plus en plus impopulaire aux États-Unis à l’approche des midterms, ces déclarations n’ont pas empêché les forces américaines de bombarder plusieurs sites iraniens durant le week-end.
Alimentant les craintes d’un embrasement régional, Israël affirme également avoir identifié un tir de missile visant son territoire depuis le Yémen, où les rebelles houthis s’étaient déjà joints au conflit en soutien à l’Iran avant le cessez-le-feu. Les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, annoncé avoir ciblé des « groupes terroristes » à Souleimaniyé, dans le Kurdistan irakien. Et en Arabie saoudite, les secours ont émis une brève alerte à la population dans la province d’Al-Kharj où se situe la base américaine de Prince Sultan.
Après ses bombardements en Iran, l’armée israélienne a averti « rester en état d’alerte élevé et pleinement prête à continuer ses opérations sur tous les fronts contre ceux qui menacent » le pays. Israël a annoncé la fermeture de toutes les écoles du pays, tandis que l’Irak a fait état dimanche soir de la fermeture temporaire de son espace aérien, tout comme la Syrie – partiellement.
Le front libanais indissociable d’un accord pour Téhéran
L’Iran a également fermé dimanche soir et jusqu’à nouvel ordre son espace aérien dans la partie ouest du pays. Les vols à l’aéroport Imam Khomeini de Téhéran, l’un des deux principaux de la capitale, ont été suspendus, a rapporté l’agence iranienne Mehr.
Dans une interview accordée à un journaliste de Fox News, Donald Trump a regretté les frappes iraniennes sur Israël, qui « ne vont pas aider les négociations », assurant, comme déjà plusieurs fois ces dernières semaines, qu’un accord était « très proche ».
Les points d’achoppement restent cependant nombreux en vue d’un possible compromis : le contrôle du détroit d’Ormuz (essentiel pour le commerce d’hydrocarbures), le programme nucléaire iranien et son stock d’uranium hautement enrichi ainsi que le sort des avoirs iraniens gelés à l’étranger sous l’effet des sanctions.
Autre difficulté : la question d’inclure ou non le Liban dans un éventuel accord entre Washington et Téhéran. Alors que les États-Unis s’efforcent de dissocier les deux fronts, pour l’Iran, ils sont de fait indissociables.
Cité par l’agence Mehr, le conseiller de la diplomatie iranienne Ali Safari a affirmé que les tirs de missiles avaient eu lieu « après plus d’un mois de retenue face à des violations répétées du cessez-le-feu » de la part d’Israël qui a, ces derniers jours, multiplié les bombardements au sud du Liban et à Beyrouth. Des bombardements qui ont coûté la vie à 3 613 Libanais depuis le 2 mars, selon le dernier bilan des autorités dimanche. Côté israélien, 29 soldats et un contractuel civil ont été tués au Liban, d’après l’armée.
L'Humanité du 08 juin 26

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