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| Des soldats israéliens empêchent des
habitants palestiniens de rentrer chez eux, près du village d’Idhna, en
Cisjordanie occupée, le 5 juin dernier. © Middle East Images/ABACA |
L’armée israélienne poursuit le nettoyage ethnique entamé dans les territoires palestiniens occupés. Dans ce cadre, le meurtre par balle d’un nourrisson palestinien de sept mois et les blessures infligées, vendredi 5 juin, à ses parents par des soldats, près de Hébron (Cisjordanie), apparaît comme un énième crime commis par les forces d’occupation.
Reste que Tel-Aviv tente de conserver – malgré un génocide commis à Gaza, la colonisation de la Cisjordanie occupée et des bombardements à répétition sur ses pays voisins – un semblant d’image d’État fréquentable au sein de la communauté internationale. L’armée israélienne a ainsi annoncé, dimanche, avoir ouvert une enquête sur la mort de Sam Fahed Abu Haykal et les blessures de ses parents, après avoir prétexté que des soldats avaient réagi face à un véhicule ayant accéléré en leur direction. Comme si ces « mauvaises impressions » et « erreurs » sur des « civils non impliqués » n’étaient pas légion.
« Des tirs ont immédiatement été ouverts sur la voiture »
S’appuyant sur les témoignages des secouristes dépêchés vendredi dans le quartier de Tel-Rumeida à Hébron, le ministère palestinien de la Santé a annoncé que les forces d’occupation israéliennes ont ouvert le feu sur le véhicule de la famille Abu Haykal en plein jour et alors que cette dernière avait suivi leurs instructions. « Le soldat m’a fait signe de m’arrêter, alors j’ai complètement immobilisé le véhicule et j’ai levé les mains sur le volant, a rapporté Fahed Abu Haykal, le père du nourrisson. Des tirs ont immédiatement été ouverts sur la voiture. »
Une balle lui a traversé la main avant d’atteindre son fils, que sa conjointe tenait dans ses bras sur la banquette arrière. Leur fils de 11 ans et la mère du père étaient aussi présents. Le nourrisson a été évacué vers un hôpital, où il est mort de ses blessures, a annoncé le ministère palestinien de la Santé. « Cet incident est incroyable et inacceptable, s’insurge la grand-mère de l’enfant, Firyal Abu Haykal, auprès de Reuters. On nous prend pour cible simplement parce que nous avons décidé de rester chez nous. »
Ne reste plus à la famille Abu Haykal que le vide créé par la mort de Sam. « J’exige et j’attends, s’il reste une once de conscience, de loi ou de moralité chez quiconque, que le soldat qui a tiré soit tenu responsable de ses actes, espère Fahed Abu Haykal. Cette affaire ne doit pas être classée sans que des comptes soient rendus. Je n’ai pas l’intention d’abandonner. »
En attendant l’évolution de cette « enquête » de l’armée israélienne, les violences systémiques se poursuivent en Cisjordanie occupée. Samedi, huit Palestiniens ont été blessés lors d’une descente menée par des colons israéliens dans la ville de Hawara, près de Naplouse.
Des images de la scène obtenues par le journal israélien Haaretz montrent un groupe de colons et un soldat en tenue militaire plaquant deux Palestiniens au sol et les rouant de coups, à coups de poing ou de matraque. Kamal al-Jaber, président du conseil local de Huwara, estime qu’entre 100 et 150 colons ont pris part au raid. Malgré la diffusion des images, l’armée israélienne a affirmé n’avoir pas réussi à localiser le soldat impliqué.
Le meurtre de Sam Fahed Abu Haykal résonne aussi avec celui de Youssef Ali Kaabnah, adolescent palestinien de 16 ans tué par balles près de la localité de Jiljilya, mi-mai, à une dizaine de kilomètres au nord de Ramallah. Youssef Ali Kaabnah avait été blessé à la poitrine lors d’une descente de colons israéliens accompagnés de militaires. Selon un rapport de l’Unicef publié mardi 12 mai, 70 enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie occupée depuis janvier 2025, soit « au moins un enfant palestinien tué en moyenne chaque semaine en Cisjordanie occupée ».
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 08 juin 2026


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