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| Arrêtés en Lybie, plusieurs des membres de
la flottille « Global Sumud » évoquent des conditions de détention
arbitraires et violentes. © Davide Bonaldo/ZUMA-REA |
« Après 30 jours de détention illégale en Libye », quatre militants de la flottille terrestre pour Gaza ont enfin été relâchés et les six autres victimes de cet emprisonnement arbitraire devraient pouvoir quitter leur geôle dans les 24 heures, a annoncé, dans la soirée de mardi 23 juin, la Global Sumud Flotilla sur les réseaux sociaux.
« Nous exhortons chacun à maintenir la pression jusqu’à ce que chacun d’entre eux soit en sécurité chez lui auprès de ses proches », ajoute l’organisation à l’origine de ce convoi de quelque 230 militants de différentes nationalités dont l’objectif était de briser le blocus d’Israël à Gaza et d’apporter leur cargaison humanitaire aux Palestiniens victimes du génocide orchestré par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.
Détention arbitraire et grève de la faim en Libye
« Personne n’est libre tant que nous ne le sommes pas tous », insiste également l’ONG pointant « les près de 10 000 prisonniers politiques palestiniens, nos quatre organisateurs tunisiens détenus, et les dizaines de milliers injustement retenus dans des centres de détention à travers le monde ».
Arrêtés alors qu’ils étaient en transit, avec des papiers en règle, les 10 militants qui devraient être libérés en Libye avaient été arrêtés le 24 mai et avaient entamé une grève de la faim. Ils ont été « soumis à une détention arbitraire, privés de toute communication et soumis à une pression psychologique constante », rappelle la Global Sumud Flotilla.
Ils avaient choisi de passer par la terre pour tenter de rallier Gaza après les multiples interceptions des flottilles maritimes dont celle 430 militants de plusieurs nationalités, dont une trentaine de Français, qui ont été kidnappés mi-mai dans les eaux internationales puis conduits de force en Israël et incarcérés à la prison de Ktziot, dans le désert du Néguev, avant d’être expulsés.
De retour en France, ils ont témoigné des violences subies lors de leur détention- dont atteste une vidéo diffusée par le ministre israélien d’extrême droite Itamar Ben Gvir – et le Parquet national antiterroriste (Pnat) a annoncé le 5 juin l’ouverture d’une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre.
En France, de premières auditions dans l’enquête pour tortures et crimes de guerre
Les enquêteurs de l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité (OCLCH), saisis par le Pnat, ont commencé à les contacter, et en ont entendu certains, ont fait savoir mardi 23 juin à l’AFP des sources proches du dossier.
Entendu par les gendarmes, l’un des participants, Noé Tissot, a ainsi été interrogé en détail sur ces trois jours passés aux mains des forces israéliennes, depuis l’interception de son voilier dans les eaux internationales le 18 mai, jusqu’à son expulsion vers la Turquie, après un passage en prison en Israël.
Sur procès-verbal, il a notamment raconté un passage à tabac à bord du « navire-prison » où ont été regroupés les membres de la flottille par l’armée israélienne, des coups de crosse reçus en prison ainsi que des humiliations, notamment après avoir été dénudé, selon des éléments auxquels l’AFP a eu accès.
Une nouvelle plainte déposée auprès du parquet
Ce cuisinier de 32 ans fait par ailleurs partie des treize participants à la flottille qui ont fait parvenir mardi 23 juin au parquet une plainte pour « des faits d’atteintes à leur intégrité physique et psychique, des faits de violences sexuelles, de privation de liberté et de séquestration sur personnes protégées au sens des conventions de Genève ».
« Par leur démarche, ils demandent que toute la lumière soit faite sur les faits dénoncés et que l’ensemble des responsabilités soit établi, y compris celles des autorités civiles, militaires et politiques qui auraient ordonné, autorisé, couvert ou facilité la commission de ces actes », expliquent dans un communiqué les avocats de l’Association Avocats pour la Justice au Proche-Orient qui les assistent.
Car si les images publiées par Itamar Ben Gvir « ont suscité une vive émotion en France comme à l’étranger, les témoignages recueillis auprès des plaignants décrivent des faits d’une gravité alarmante, sans commune mesure avec ces premières séquences », ajoutent-ils.
C’est également un combat au-delà de leur propre cas qu’entendent mener les plaignants qui souhaitent par leur démarche « attirer l’attention sur les exactions subies par les civils palestiniens, ainsi que sur les traitements inhumains infligés aux personnes détenues dans les prisons israéliennes, notamment des femmes et des enfants ».
Julia Hamlaoui
L'Humanité du 24 juin 26

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