Flottille pour Gaza : dix militants détenus en Libye en grève de la faim

 

Depuis le 24 mai, 10 personnes faisant partie du convoi terrestre pour Gaza sont détenues arbitrairement en Libye, arrêtées alors qu’elles étaient en transit, avec des papiers en règle. Un autre militant tunisien avait été arrêté cinq jours plus tôt. Ils sont au quatrième jour d’une grève de la faim sans eau ni nourriture et leur état est préoccupant.
Ils sont onze militants de la flottille Sumud pour Gaza, qui ont été arrêtés en Libye alors qu’ils participaient au convoi terrestre vers Gaza, et sont détenus arbitrairement dans un centre de détention secret. Dix d’entre eux sont en grève de la faim, refusant nourriture et eau, pour protester contre leur emprisonnement illégal, le déni d’accès à un avocat, leur détention prolongée et les mauvais traitements.
Malgré la gravité de leur état, les autorités libyennes leur refusent tout suivi médical extérieur : ce sont les médecins de l équipe, eux-mêmes en grève de la faim et diminués, qui leur apportent quelques soins. L’organisation Sumud dénonce « une campagne calculée de harcèlement psychologique et d’interrogatoires intensifs ». Ils ont été informés qu’ils allaient comparaitre devant un tribunal ce mardi 9 juin, sans qu’il sache précisément ce qui leur est reproché.

En toute illégalité
Car les militants ont été arrêtés en toute illégalité : le 24 mai, une délégation de dix négociateurs s’est approchée de Syrte afin de négocier avec les autorités libyennes le passage en toute sécurité de leur convoi humanitaire. En guise de dialogue, ils ont été forcés de monter dans des fourgons banalisés et ont disparu.
Ils ont rejoint Mehdi Bouzguenda, un volontaire tunisien de 24 ans, technicien, arrêté le 19 mai alors qu’il rentrait chez lui. Le 2 juin, leur détention arbitraire a été prolongée de dix jours sous prétexte d’infractions à la législation sur l’immigration, alors que tous les volontaires étaient en possession de visas valides et étaient entrés légalement en Libye.
La flottille Sumud exige l’entrée immédiate de contrôleurs médicaux indépendants, l’accès des consuls internationaux et la libération immédiate et inconditionnelle des 11 volontaires. Deux sont tunisiens, deux argentins, deux Italiens, les autres étants portugais, états-uniens, uruguayens, polonais et espagnols.

Benjamin König
L'Humanité du 05 juin 26

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