Le parquet national antiterroriste (Pnat), s’est saisi vendredi 5 juin du signalement effectué par le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, après les récits de plusieurs membres français de la flottille pour Gaza. Une militante avait témoigné dans nos colonnes des violences infligées par ses geôliers israéliens.
La France réagit enfin. Le Parquet national antiterroriste (Pnat) a ouvert vendredi 5 juin une enquête préliminaire pour tortures et crimes de guerre à la suite des violences subies par des ressortissants français lors de leur arrestation par les autorités israéliennes en mer Méditerranée. Les investigations ont été confiées à l’Office central de lutte contre les crimes contre l’humanité.
Le 29 mai, le ministre des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot annonçait avoir saisi la justice sur le traitement indigne infligé aux membres français de la flottille pour Gaza, après la diffusion d’une vidéo d’une extrême violence, publiée par le ministre de la sécurité nationale israélien,Itamar Ben Gvir. Celle-ci montrait des militants agenouillés et mains liées à la suite de leur interception en mer et de leur placement en détention dans le sud d’Israël.
Des coups, des attouchements, des privations de sommeil…
Le 14 mai, une cinquantaine de navires quittaient les côtes turques sous le nom de Global Sumud Flotilla. À leur bord : environ 430 militants de plusieurs nationalités, dont une quarantaine de Français, déterminés à briser le blocus imposé par Israël à la bande de Gaza. Kidnappés en Méditerranée, à l’ouest de Chypre, ils avaient ensuite été conduits de force en Israël et incarcérés à la prison de Ktziot, dans le désert du Néguev, avant d’être expulsés. De retour en France, plusieurs militants ont accepté de témoigner, à l’instar de Malika, infirmière niçoise, dans nos colonnes.
Tous les militants de retour en France ont décrit des heures passées à genoux, front contre le sol, mains menottées dans le dos. Tous ont raconté les coups, les privations de sommeil, la musique assourdissante, et un rationnement sévère en eau et en nourriture. Des militants rapportent même avoir été témoins de l’utilisation de tasers, de balles en caoutchouc, de grenades assourdissantes et de chiens. Des blessés se seraient vus refuser des soins médicaux. Des femmes ont également témoigné de violences sexuelles.
« Rien comparé à ce que subit chaque jour le peuple palestinien »
Les avocats des militants de la flottille accueillent favorablement l’initiative judiciaire, mais sans naïveté. « Il aura fallu que des ressortissants français soient violentés sous l’œil des caméras pour que le ministère se décide à faire un signalement », ont-ils déclaré à l’AFP, soulignant que leurs clients ont subi des actes qui « ne sont rien comparés à ceux qu’endure chaque jour le peuple palestinien ». Ils pointent également une contradiction : le parquet qui ouvre cette enquête est le même qui poursuit régulièrement des militants pro palestiniens pour leurs prises de position publiques.
Des militants encore détenus en Lybie
Depuis le 24 mai, onze personnes faisant partie du convoi terrestre pour Gaza sont encore détenues arbitrairement en Libye, arrêtées alors qu’elles étaient en transit, avec des papiers en règle. Dix d’entre eux ont entamé une grève de la faim. L’organisation de la Global Sumud dénonce « une campagne calculée de harcèlement psychologique et d’interrogatoires intensifs ». Ils ont été informés qu’ils allaient comparaître devant un tribunal ce mardi 9 juin, sans qu’ils sachent précisément ce qui leur est reproché.
L'Humanité du 05 juin 26

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