À l’occasion de la « Journée de Jérusalem », célébrée jeudi 14 mai, des dizaines de milliers d’Israéliens ont défilé dans les rues de la ville. Certains se sont défoulés dans la Vieille ville multipliant violences, crachats et attaques haineuses et racistes. Le lendemain, un adolescent palestinien était tué par les balles des soldats israéliens dans un village du nord de la Cisjordanie occupée.
La « marche de Jérusalem » réunit chaque année des dizaines de milliers d’Israéliens, principalement des lycéens venus de tout le pays, brandissant des drapeaux israéliens, pour célébrer ce que l’état colon et génocidaire présente comme la « réunification » de la ville après l’annexion de Jérusalem-est à l’issue de la guerre des Six Jours de 1967.
Jérusalem-est est un territoire palestinien, aujourd’hui occupée par Israël. Une majorité de Palestiniens vit dans cette partie de la ville. L’ONU ne reconnaît pas son annexion, la jugeant illégale au regard du droit international.
« Que leur nom soit effacé »
Tous les ans depuis une dizaine d’années, une partie des manifestants, souvent jeunes, déferlent dans le quartier de la Vieille ville, multipliant violences, crachats et attaques haineuses et racistes. On peut entendre scander « Israël pour toujours », « Que leur nom soit effacé », ou encore « Que vos villages brûlent », ou voir des t-shirts décorés d’autocollants « Mort aux terroristes », nœud coulant et visage d’Itamar Ben Gvir, ministre de la Sécurité nationale à l’origine de la loi instaurant la peine capitale pour les « terroristes ».
« C’est un jour noir », raconte auprès de l’Agence France-Presse (AFP) Mustafa, un Palestinien qui rapporte qu’une vingtaine de jeunes « ont défoncé les portes » et « brisé les vitres » de chez lui en criant « mort aux Arabes ». Lors de cette journée, par précaution, la plupart des commerces baissent leurs rideaux, et les habitants palestiniens fuient les rues.
Un enfant palestinien tué chaque semaine depuis janvier 2025 en Cisjordanie occupée
Les Palestiniens de Cisjordanie subissent quotidiennement humiliations, menaces, agressions et attaques sur leurs terres par les colons israéliens, appuyées par l’armée génocidaire. Vendredi 15 mai, un adolescent palestinien a été assassiné par les forces de Benyamin Netanyahou dans un village du nord du territoire occupé illégalement.
Fahd Zidan Oweis, 15 ans, a été tué « par des balles des forces d’occupation à l’aube dans la localité de Lubban al-Sharqiya, dans le gouvernorat de Naplouse », indique un bref communiqué du ministère de la Santé palestinien. L’armée israélienne a indiqué à l’AFP avoir visé un « lanceur de pierres ». Mercredi 13 mai, un autre adolescent palestinien, âgé de 16 ans et originaire de Lubban al-Sharqiya, avait été tué par des tirs de soldats israéliens dans un village des environs, selon l’Autorité palestinienne.
Soixante-dix enfants palestiniens ont été tués en Cisjordanie depuis janvier 2025, a indiqué mardi le Fonds des Nations unies pour l’enfance (Unicef), précisant que 93 % d’entre eux avaient été tués par les forces israéliennes. « Entre janvier 2025 et aujourd’hui, au moins un enfant palestinien a été tué en moyenne chaque semaine en Cisjordanie occupée, y compris à Jérusalem sous contrôle israélien », précisait James Elder, porte-parole de l’organisation onusienne.
Théo Bourrieau
L'Humanité du 15 mai 26

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