Guerre en Iran : « Notre retenue est terminée », prévient Téhéran après l’attaque de deux de ses pétroliers par les États-Unis

 

Alors que le cessez-le-feu ne tient qu’à un fil, Donald Trump dit attendre de connaître la réponse de Téhéran sur sa proposition d’accord de paix… Tout en continuant la guerre. Dans le détroit d'Ormuz, deux pétroliers iraniens ont été attaqués par l’armée américaine vendredi 8 mai. « Notre retenue est terminée », a prévenu dimanche un parlementaire iranien, réagissant aux attaques de navires.
Le cessez-le-feu ne tient qu’à un fil. Après l’attaque de deux pétroliers iraniens par l’armée américaine vendredi 8 mai, le bras de fer dans le stratégique détroit maritime d’Ormuz continue : dimanche, il s’est traduit par l’attaque d’un navire de transport au large des côtes du Qatar. Un vraquier a signalé avoir été frappé par un projectile non identifié tôt dimanche matin, provoquant un incendie qui a pu être éteint, selon l’agence de sécurité maritime britannique UKMTO.
Le navire commercial en provenance d’Abou Dhabi « a été visé par un drone » dans les eaux territoriales du Qatar, a confirmé le ministère qatari de la Défense, ajoutant qu’il avait « poursuivi son trajet ». L’agence de presse iranienne Fars, citant une source informée du dossier, a affirmé que le bateau « battait pavillon américain et appartenait aux États-Unis », sans dire explicitement que l’Iran l’avait visé.
En riposte aux attaques israélo-américaines, Téhéran verrouille depuis le 28 février, le détroit d’Ormuz autorisant au compte-goutte les franchissements du détroit. « Toute attaque contre des pétroliers et navires commerciaux iraniens entraînera une lourde riposte contre l’un des centres américains dans la région ainsi que contre les navires ennemis », avait prévenu samedi le commandant de la marine des Gardiens de la Révolution, l’armée idéologique de Téhéran.
Le commandant réagissait aux attaques menées vendredi par l’armée américaine contre deux pétroliers iraniens, alors que Washington impose un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril. L’armée américaine a précisé avoir « neutralisé » grâce à un avion de chasse les deux bâtiments sans cargaisons dans le golfe d’Oman, voie d’accès au détroit d’Ormuz, par lequel transite en temps normal un cinquième du pétrole consommé dans le monde.

les alliés de l’Amérique pas les bienvenus dans le détroit d’Ormuz
Le Koweït a pour sa part fait état d’une attaque de drone dimanche à l’aube, malgré le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril dans le conflit. Les engins ont été « traités », a écrit l’état-major de l’armée sur X, sans préciser la provenance des drones. Les Émirats arabes unis ont eux aussi indiqué avoir été visés par deux drones iraniens, selon le ministère de la Défense.
Dans une nouvelle salve de menaces verbales, l’Iran a prévenu les alliés de l’Amérique qu’ils n’étaient pas les bienvenus dans le détroit d’Ormuz. « Les pays qui se rangent du côté des États-Unis en imposant des sanctions à la République islamique d’Iran rencontreront certainement des difficultés pour traverser le détroit d’Ormuz », a menacé dimanche Mohammad Akraminia, responsable de l’armée iranienne, à l’agence officielle IRNA.
Le gouvernement américain avait annoncé le 1er mai de nouvelles sanctions contre les intérêts iraniens et mis en garde les navires qui paieraient les autorités de Téhéran pour franchir ce détroit.
« Désormais, tout navire souhaitant le traverser devra se coordonner avec nous », a rappelé Mohammad Akraminia.
Ebrahim Azizi, président de la commission du Parlement sur la sécurité nationale, a de son côté menacé samedi de barrer l’accès du détroit aux pays qui soutiendraient un projet de résolution de l’ONU. « Nous avertissons les gouvernements, y compris les micro-états comme Bahreïn, que le fait de se rallier à la résolution soutenue par les États-Unis entraînera de graves conséquences. Le détroit d’Ormuz est une artère vitale, ne prenez pas le risque de vous en priver à jamais », a-t-il écrit.
Les États-Unis et des pays du Golfe ont appelé jeudi le Conseil de sécurité de l’ONU à exiger que l’Iran arrête « d’empêcher » la navigation dans le détroit. Un projet de résolution en ce sens a été soumis par les États-Unis et Bahreïn, mais la Russie (alliée de Téhéran) a indiqué qu’elle était prête à bloquer le texte.

Donald Trump attend sa réponse
Les négociations semblent au point mort dans l’attente d’une réponse iranienne à des propositions américaines. Donald Trump s’attend à recevoir une réponse « très bientôt », a rapporté samedi la chaîne de télévision LCI, après un bref entretien avec le président américain. Il avait déjà dit la veille s’attendre à recevoir « une lettre » en soirée.
Pendant ce temps, les contacts diplomatiques se poursuivent pour tenter de trouver une issue au conflit, qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban. Sur l’autre front du conflit, au Liban, Israël et le Hezbollah pro-iranien poursuivent leurs attaques mutuelles, malgré un cessez-le-feu en vigueur depuis le 17 avril.
Deux secouristes affiliés au Hezbollah ont été tués dans deux frappes israéliennes dans le sud du Liban, a indiqué dimanche le ministère de la Santé. Le Hezbollah avait déclaré samedi avoir visé l’armée dans le nord d’Israël avec un drone. Un réserviste de l’armée a été grièvement blessé, selon Israël. Au moins neuf personnes, dont une fillette, ont été tuées samedi dans des frappes israéliennes sur le sud du Liban, selon les autorités libanaises.

L'Humanité du 10 mai 26

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