L’armée états-unienne a annoncé dans la soirée du lundi 25 mai avoir mené une série de frappes sur des sites de lancement de missiles dans le sud de l’Iran. Après avoir tué trois personnes dans un bombardement à Gaza dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 mai, l’armée israélienne a intensément bombardé le Liban lundi 25 mai malgré la trêve en vigueur depuis le 17 avril. Une escalade militaire qui fait craindre une reprise globale des affrontements dans la région.
Aucune trêve n’est inviolable au Moyen-Orient. Dans la soirée du lundi 25 mai, l’armée états-unienne a annoncé avoir mené plusieurs bombardements en Iran le même jour. « Les cibles comprenaient des sites de lancement de missiles et des embarcations iraniennes qui tentaient de poser des mines », a précisé le commandement américain pour le Moyen Orient (Centcom) dans un communiqué. De nouveaux bombardements qui violent le cessez-le-feu en vigueur depuis le 8 avril et qui surviennent alors que les négociations pour mettre fin à la guerre avaient progressé ces derniers jours.
Du côté israélien, trois personnes ont été tuées dans le centre de la bande de Gaza après un bombardement dans la nuit du samedi 23 au dimanche 24 avril. Au Liban, l’armée israélienne a mené une série de bombardements à travers le pays dans la journée de lundi. Malgré la trêve conclue le 17 avril, puis prolongée dans le cadre des pourparlers à Washington, Benyamin Netanyahou a affirmé vouloir « intensifier » les combats contre le pays du cèdre.
Une reprise des opérations militaires qui intervient alors qu’aucune des parties n’est pour l’instant parvenue à trouver un accord de paix durable, et qui fait craindre un nouvel embrasement de la région.
Marco Rubio affirme qu’un accord avec l’Iran reste possible
Après des semaines de blocages et de menaces, Washington et Téhéran ont fait état d’avancées ces derniers jours dans les discussions. Donald Trump avait même laissé entrevoir un compromis imminent au cours du week-end. Le locataire de la Maison Blanche a donc encore une fois soufflé le froid et le chaud sur les négociations puisque son armée a bombardé plusieurs sites iraniens lundi 25 mai.
« Les forces américaines ont mené aujourd’hui des frappes de légitime défense dans le sud de l’Iran afin de protéger nos troupes contre les menaces posées par les forces iraniennes », a déclaré le Centcom dans son communiqué diffusé lundi soir. Les cibles visées par ces bombardements sont des sites de lancement de missiles et des navires qui posaient des mines dans le détroit d’Ormuz selon l’armée états-unienne.
Les médias iraniens ont rapporté que plusieurs fortes explosions avaient été entendues à Bandar Abbas (sud) vers minuit (heure locale). La télévision d’État a ensuite précisé que la situation était revenue à la normale, ajoutant qu’une enquête était en cours pour déterminer l’origine des bruits.
Des bombardements sans incidence sur les négociations selon le secrétaire d’État Marco Rubio, qui fait savoir qu’un accord avec l’Iran restait possible. Les discussions entre les deux parties tournent essentiellement « autour de la formulation précise du texte initial, cela prendra donc quelques jours », a-t-il indiqué en marge d’une visite officielle en Inde, sans pour autant donner de détails supplémentaires sur les dernières frappes.
Surenchère du gouvernement israélien
Même son de cloche côté israélien. Dans la nuit de samedi à dimanche, l’armée israélienne a tué trois membres de la même famille, dont un nourrisson, dans un bombardement sur le camp de Nousseirat dans le centre de la bande de Gaza. Selon les informations de l’hôpital local et de la Défense civile palestinienne, dix personnes ont également été blessées.
L’armée israélienne n’a pas réagi dans l’immédiat à ces trois décès, mais a indiqué avoir frappé et démantelé, au cours des dernières 24 heures, trois dépôts d’armes du mouvement islamiste dans le centre de la bande de Gaza. Depuis l’entrée en vigueur du cessez-le-feu le 10 octobre 2025, au moins 890 Palestiniens ont été tués.
Au Liban, l’Agence nationale d’information (Ani) a fait état lundi de plusieurs dizaines de bombardements israéliens à travers le pays. « Huit frappes ont visé Machghara, dans l’ouest de la Békaa, formant une ceinture de feu autour de la localité », a-t-elle précisé tout en indiquant que trois personnes avaient été tuées dans le Sud Liban. Dans la soirée, le ministère de la Santé libanais a diffusé le bilan de la journée qui s’élève à 34 morts et porte donc le nombre de Libanais tués depuis le 2 mars à 3 185.
Cette escalade militaire israélienne s’inscrit dans la directe lignée des dernières déclarations du gouvernement. « Nous ne freinons pas, au contraire, j’ai demandé à accélérer », a déclaré le premier ministre Benjamin Netanyahou dans une vidéo diffusée sur sa chaîne Telegram alors que de nouveaux pourparlers sont prévus avec le Liban à Washington les 2 et 3 juin.
« Pour chaque drone explosif, dix immeubles doivent tomber à Beyrouth », a surenchérit pour sa part le ministre des Finances d’extrême droite, Bezalel Smotrich. Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, semble déjà sorti du scandale de sa vidéo d’humiliation des militants de la flottille pour Gaza, puisqu’il appelle à « revenir à une guerre intensive ».
Malgré un bilan particulièrement lourd, le président libanais Joseph Aoun a défendu lundi sa décision de négocier avec Israël, tout en affirmant que son exigence d’un retrait total israélien du sud du Liban n’était « pas négociable ». Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, avait renouvelé dimanche soir son opposition aux négociations directes et répété qu’il refusait le désarmement de son mouvement.
Arthur Dumas
L'Humanité du 26 mai 2026

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire