Génocide à Gaza : le procès pour « apologie du terrorisme » du porte-parole d’Urgence Palestine, Omar Alsoumi, renvoyé à décembre

 

Omar Alsoumi, cofondateur et porte-parole du collectif Urgence Palestine, a obtenu le renvoi de son procès à décembre prochain. Il fait partie des soutiens du peuple palestinien, victime d’un génocide mené par Israël, visés par des accusations d'« apologie du terrorisme », dans son cas pour avoir utilisé le terme « Déluge d’Al-Aqsa ».

Cofondateur et porte-parole du collectif français Urgence Palestine, Omar Alsoumi sera jugé le 7 décembre prochain pour « apologie du terrorisme ». Militant dénonçant le génocide commis par Israël dans la bande de Gaza, comme la colonisation de la Cisjordanie occupée, Omar Alsoumi était attendu au tribunal correctionnel de Paris, mercredi 6 mai, pour répondre des accusations dont il est la cible.
« On a obtenu le renvoi de l’audience d’Omar Alsoumi au 7 décembre 2026, a finalement annoncé Me Elsa Marcel, son avocate, auprès de Révolution permanente, dont elle est membre. Le 25 juin, il y aura le procès d’Anasse Kazib, le 7 juillet celui de Rima Hassan, en septembre celui de Nicolas Shahshahani. « L’apologie du terrorisme » est utilisée par l’État comme l’arme de destruction massive contre la liberté d’expression et le mouvement de solidarité avec la Palestine. Il faut redoubler d’efforts pour faire front ! »

« C’est l’ensemble de cette période de deux ans »
Pour rappel, dans le cas d’Omar Alsoumi, le parquet de Paris a reçu, le 17 mars 2025, un signalement du ministre de l’Intérieur de l’époque, Bruno Retailleau, où le cofondateur d’Urgence Palestine est cité pour ses propos tenus lors d’une manifestation le 3 novembre 2024, où il aborde les attaques du 7-octobre en parlant de « Déluge d’Al-Aqsa » (du nom de la mosquée fondée sur l’esplanade des mosquées à Jérusalem). Urgence Palestine est elle-même menacée de dissolution depuis mai 2025, suite à une décision de celui qui est aujourd’hui président du parti les Républicains (LR).
Le parquet avait également annoncé avoir reçu un signalement du préfet de police en date du 8 octobre dernier, dénonçant d’autres propos tenus par Omar Alsoumi lors d’une manifestation quatre jours plus tôt. Présenté à un magistrat, qui lui a remis une convocation en procès, Omar Alsoumi réfute les accusations et a explicité son propos dans son livre intitulé Enfant de Palestine, publié le 28 janvier dernier.
« Notre collectif Urgence Palestine, fondé après le 7 octobre 2023, n’a pas pris position sur les événements des premiers jours suivant le début de cette bataille du Déluge d’Al-Aqsa, annonce-t-il, dans un extrait publié par Orient XXI. Par-delà les actions militaires de ces jours pleins de brouillard de guerre et de propagande, subsiste une incompréhension entre l’espace occidental et l’espace arabe qu’il convient de lever : ce qu’on appelle la « bataille du Déluge d’Al-Aqsa » dans le monde arabe, c’est l’ensemble de cette période de deux ans. »
Le porte-parole d’Urgence Palestine estime ainsi que le « Déluge d’Al-Aqsa » inclut ces « longs mois de guerre génocidaire visant à détruire la résistance palestinienne et sa base sociale ». Selon Me Elsa Marcel, ce procès « démontre l’hypocrisie de l’État français, qui prétend d’un côté reconnaître l’État de la Palestine, mais qui de l’autre continue de persécuter les voix qui expriment leur solidarité avec la cause palestinienne », estimait-elle à l’occasion d’un rassemblement de soutien. Dénonçant la situation de son client « particulièrement ciblé par l’État », aussi visé par « une procédure de gel des avoirs », Me Elsa Marcel plaide pour « la liberté d’expression » et « une relaxe ».

« C’est une notion qu’il faut savoir manier »
Face à la multiplication des cas, une tribune internationale, publiée fin avril 2025 dans Politis, dénonçait la « criminalisation de la solidarité avec Gaza » dans le monde occidental en général et en France en particulier. Cette dernière a été signée par la militante afro-américaine Angela Davis, l’écrivaine nobélisée Annie Ernaux, l’ex-leader de Podemos Pablo Iglesias, ou encore, le réalisateur britannique Ken Loach.
Tandis que le bloc macroniste a tenté d’associer, via la loi Yadan, les critiques d’Israël à de l’antisémitisme avec un élargissement de « l’apologie du terrorisme », Marc Trévidic, ex-juge antiterroriste, dénonçait dans les colonnes de l’Humanité l’instrumentalisation de cette accusation : « Tous les juges peuvent apprécier si une parole, un texte, une pancarte est un acte terroriste ou pas. Or, c’est une notion qu’il faut savoir manier. C’est dangereux de ne pas avoir de spécialistes là-dessus. »

L'Humanité du 06 mai 26

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