Génocide à Gaza : communication coupée, grève de la faim envisagée… ce que l’on sait du sort des plus de 400 membres de la flottille envoyés en Israël après leur arrestation illégale

 

La flottille qui est partie le 14 mai de Turquie vers Gaza comprend 54 navires transportant environ 500 participants et militants de solidarité provenant de près de 50 pays, dans le contexte de la crise humanitaire.
© Abdelrahman Alkahlout/ZUMA Press Wire/ABACAPRESS.COM
Les membres de la dernière flottille pour Gaza, arrêtée illégalement lundi 18 mai, sont transportés vers Israël. Le centre juridique Adalah a annoncé, mercredi 20 mai, qu’une équipe d’avocats bénévoles va se rendre au port d’Ashdod pour « mener des consultations juridiques » auprès des détenus.
Près de 430 civils originaires de plus de quarante pays sont conduits illégalement vers le port d’Ashdod, a annoncé le ministère israélien des Affaires étrangères. Les participants de la dernière initiative de la Freedom Flotilla Coalition (FFC) et de la Global Sumud Flotilla (GSF), afin de briser le blocus dans la bande de Gaza, devaient arriver sur place dans la matinée.
Alors que les premiers signes d’une opération israélienne ont été confirmés lundi 18 mai, dans les eaux internationales, l’organisation Global Sumud flotilla a confirmé, mardi, qu’« après près de 35 heures d’agression et de violence navales soutenues », les forces d’occupation israéliennes ont mis un terme à cette tentative d’atteindre le territoire palestinien victime d’un génocide depuis plus de deux ans.

« Honte à l’Union européenne »
Depuis cette intervention, où des tirs auraient été tirés – les autorités israéliennes réfutent l’utilisation de balles réelles -, les communications sont « coupées », les détenus se trouvant « dans des bateaux prisons », confirme Jacques Dimet, ex-membre de la rédaction de l’Humanité, dont la fille, Juliette (cofondatrice de la maison d’édition Daronnes), se trouvait sur le bateau Kafr Qasem (Furleto). Reste, pour les proches des membres arrêtés, à attendre des retours du Consulat français.
Exigeant « la libération rapide des militants et la fin du blocus de Gaza », la Global Sumud a aussi alerté sur de « graves et immédiates inquiétudes quant à la sécurité physique et au bien-être de toutes les personnes détenues illégalement ». Lors de leur arrêt en Turquie, les membres d’équipage ont voté, lors d’une assemblée générale, pour qu’une grève de la faim soit lancée en cas d’arrestations. Plus de quatre-vingts participants s’étaient alors portés volontaires.
L’organisation s’appuie notamment sur les témoignages de participants d’une précédente flottille, en avril, qui ont dénoncé « des actes de torture, de graves sévices physiques et des violences sexuelles invasives perpétrés par les forces d’occupation israéliennes ». Pas de quoi empêcher le premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, de se féliciter de l’interception des bateaux, comme de dénoncer – de nouveau – un projet « malveillant ».
« Israël a reçu le feu vert pour menacer, kidnapper et tirer sur des civils, même en eaux internationales, a réagi la rapporteuse spéciale des Nations Unies (ONU) sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. Bienvenue dans l’apartheid sans frontières – bientôt le Consortium méditerranéen de l’apartheid. Honte à l’Union européenne, son principal complice dans cette partie du monde. » Parmi les militants arrêtés illégalement se trouve Margaret Connolly, militante irlandaise et sœur de la présidente, Catherine Connolly. « Je suis très fière de ma sœur, a réagi la cheffe d’État. Mais je suis très inquiète pour elle, et aussi pour ses collègues. »
Le premier ministre irlandais, Micheál Martin, a de son côté « condamné fermement » les actes d’Israël. La Turquie a quant à elle dénoncé un « nouvel acte de piraterie » et exigé la libération immédiate des militants. « Après une période initiale durant laquelle les informations concernant la localisation, le statut juridique et l’état de santé des personnes à bord étaient strictement restreintes », le Centre juridique pour les droits de la minorité arabe en Israël (Adalah) a confirmé, mercredi 20 mai, qu’une équipe d’avocats bénévoles a obtenu l’autorisation d’accéder au port d’Ashdod pour « mener des consultations juridiques ».
L’équipe juridique contestera ainsi la légalité de ces détentions et « exigera la libération immédiate » de tous les participants à la flottille. Au vu du nombre de soutiens au peuple palestinien arrêtés, reste dorénavant à savoir si Israël va en profiter pour faire durer la procédure.

Tom Demars-Granja
L'Humanité du 20 mai 2026

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