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| L’Organisation des États-Unis (ONU) a
officialisé son inscription sur sa liste noire des pays coupables
d’avoir commis des violences sexuelles dans les zones de conflit. ©Mark HENLEY/PANOS-REA |
Le système colonial, génocidaire et raciste mis en place par Israël contre le peuple palestinien lui vaut de nouvelles sanctions. L’Organisation des États-Unis (ONU) a officialisé son inscription sur sa liste noire des pays coupables d’avoir commis des violences sexuelles dans les zones de conflit. Par cette décision, qui vise particulièrement le Service pénitentiaire israélien (IPS), l’ONU met en évidence les crimes systémiques autorisés par Tel-Aviv.
D’autres organismes israéliens restent sous surveillance en vue d’une éventuelle inclusion future. L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations Unies, Danny Danon, a immédiatement condamné cette décision, qualifiant de « politique » et de « déconnecté des faits et de la réalité » l’ajout de Tel-Aviv sur cette liste noire. En réponse, Israël a gelé ses relations avec le bureau du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, annonce le média proche du pouvoir israélien Jerusalem Post.
Le viol comme « méthode de guerre »
Les Nations unies avaient pourtant multiplié les avertissements. Antonio Guterres avait ainsi « exhort(é) le gouvernement israélien à libérer les Palestiniens détenus arbitrairement, à veiller à ce que les prisonniers palestiniens soient libérés dans la dignité, à enquêter sur toutes les allégations de violence sexuelle contre les détenus palestiniens et à les poursuivre en justice ».
Surtout, les allégations de viols, d’actes de torture, de privation de nourriture et de traitements dégradants à l’encontre de détenus palestiniens se sont multipliées depuis octobre 2023, démontrant une accélération d’un processus déjà existant. L’année dernière, une enquête des Nations Unies a démontré qu’Israël utilise la torture sexuelle et le viol comme « méthode de guerre… pour déstabiliser, dominer, opprimer et détruire le peuple palestinien ».
Accusation appuyée, fin mars 2026, par la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese. La juriste a démontré, dans un rapport présenté devant le Conseil des droits de l’homme de l’ONU, que « des membres du personnel israélien ont commis des viols, y compris des viols collectifs, souvent à l’aide d’objets tels que des barres de fer, des matraques, et des détecteurs de métaux ».
L’organisation israélienne de défense des droits de l’homme B’Tselem a quant à elle décrit le système pénitentiaire mis en place par Tel-Aviv comme un « réseau de camps de torture ». L’ONG dénonce le traitement des prisonniers palestiniens, soumis à « un usage répété de violences sexuelles collectives et à des agressions commises par un groupe de gardiens de prison ou de soldats ».
Violé par des chiens militaires dressés
Un enjeu de taille au vu de la répression menée par Tel-Aviv. Selon le dernier rapport de B’Tselem, daté de septembre 2025, le Service pénitentiaire israélien (IPS) détenait 10 863 Palestiniens, classés par le régime israélien comme « prisonniers de sécurité ». Selon le rapport de Francesca Albanese, entre 84 et 94 Palestiniens sont morts en détention en Israël depuis octobre 2023 – les médias + 972 Magazine, Local Call et The Guardian parlent d’au moins 98 Palestiniens.
Un détenu, interrogé par Middle East eye en décembre dernier, a ainsi raconté avoir roué de coups, piétiné, insulté et violé avec un objet alors qu’il avait les yeux bandés pendant une heure. Un second détenu contacté a quant à lui expliqué avoir été violé par des chiens militaires dressés.
Interrogée par l’Humanité, la militante australienne Juliet Lamont – présente sur la dernière flottille pour Gaza en date – racontait que des membres d’équipage ont été victimes d’agressions sexuelles lors de leur courte détention. Parmi les sept premiers à arriver à Roissy vendredi 22 mai, Meriem Hadjal a annoncé avoir subi des attouchements : « Pendant que l’un me giflait, l’autre me touchait les seins… Je ne pouvais rien faire si ce n’est dire non. J’ai cru mourir. »
Malgré la multiplication des témoignages, Israël continue de nier. L’ambassadeur israélien auprès des Nations Unies, Danny Danon, a ainsi affirmé que Tel-Aviv avait fourni des preuves, des documents et des réponses détaillées à chacune des allégations de l’ONU. « Nous avons invité des représentants de l’ONU à venir sur place et à examiner la situation de près, et bien sûr, ils ont choisi de ne pas le faire », a-t-il expliqué au Jerusalem Post.
Pourtant, en janvier 2025, « il a été rapporté qu’Israël empêchait Pramila Patten, représentante spéciale du Secrétaire général chargée de la question des violences sexuelles commises en période de conflit, de mener un examen approfondi des crimes de guerre commis par le Hamas le 7 octobre, car cela aurait nécessité qu’Israël autorise également l’ONU à enquêter sur les violences sexuelles commises contre des Palestiniens détenus en Israël », rappelle Haaretz. Encore une fois, Tel-Aviv tente de tordre la réalité pour camoufler ses crimes.
Tom Demars-Granja
L'Humanité du 28 mai 2026

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