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| Des enfants palestiniens transportent des repas distribués par les sœurs Aya et Lina Zaid dans le nord de Gaza, le 6 mai 2026. © Saeed Jaras/Middle East Images/ABACA |
Pour mener à bien son projet génocidaire dans l’enclave palestinienne de Gaza, Israël n’hésite pas à utiliser la faim comme arme de guerre, conséquence d’un blocus humanitaire imposé comme châtiment collectif à toute une population. Diverses agences et autorités de l’ONU l’ont déjà signalé déjà à plusieurs reprises, et même les membres du Conseil de sécurité des Nations unies – à l’exception des États-Unis – avaient déclaré en août 2025 que la famine à Gaza, déclarée officiellement par l’Onu, était une « crise provoquée ».
À l’époque, les Nations Unies estimaient à plus d’un demi-million le nombre de Gazaouis en situation de détresse alimentaire maximale, et son secrétaire général, Antonio Guterres, décrivait « un catalogue sans fin d’horreurs » avec un « niveau de mort et de destruction sans équivalent dans l’histoire récente ». Au même moment, Amnesty International dévoilait un rapport assurant que « l’affamation des Palestiniens de Gaza par Israël est une politique délibérée ».
Alors que le gouvernement de Benyamin Netanyahou a toujours nié ces faits, accusant ses critiques de s’appuyer sur la propagande et « les mensonges du Hamas », une note d’analyse publiée ce jeudi par l’organisation Médecins sans frontières (MSF) vient nous rappeler la terrible situation que continuent de vivre les Palestiniens, au moment où la récente guerre déclenchée par Tel-Aviv et les Washington contre l’Iran tend à éloigner la lumière des projecteurs médiatiques des terres palestiniennes et occupées par Israël.
25 % des femmes en situation de malnutrition au moment de l’accouchement
« MSF a été témoin d’une hausse alarmante des naissances prématurées et de la mortalité néonatale, en raison de la situation de famine provoquée dans la bande de Gaza pendant les phases les plus aiguës de la guerre, et notamment en 2025, par le siège et les restrictions imposés par Israël », explique l’organisation médicale humanitaire.
Dans un communiqué de presse qui rappelle qu’avant la guerre (lancée en octobre 2023 par Israël suite à l’attaque meurtrière du Hamas) « la malnutrition aiguë était pratiquement inexistante à Gaza », l’ONG internationale d’origine française fondée en 1971 s’appuie sur l’étude de 200 cas de mères de nouveau-nés ayant dû être pris en charge par les unités de soins intensifs néonatals des hôpitaux Al Nasser à Khan Younès, et Al Helou dans la ville de Gaza, entre juin 2025 et janvier 2026.
« Plus de la moitié des femmes ont souffert de malnutrition à un moment donné de leur grossesse, et 25 % étaient encore en situation de malnutrition au moment de l’accouchement », signale l’organisation siégeant à Genève, en précisant que « la mortalité néonatale était deux fois plus élevée chez les nourrissons nés de mères souffrant de malnutrition ; 90 % des bébés nés de mères souffrant de malnutrition sont nés prématurément et 84 % présentaient un faible poids à la naissance ».
Des attaques contre les infrastructures civiles et notamment médicales
Pour MSF, le lien entre cette situation et le blocus imposé par Tel-Aviv et son armée sur les biens essentiels, mais aussi les attaques contre les infrastructures civiles et notamment médicales, est évident. Bien qu’ils soient protégés par le droit international humanitaire, à ce jour seulement la moitié des hôpitaux de Gaza sont partiellement fonctionnels en raison de la destruction systématique du système de santé par l’armée israélienne.
« Israël a restreint l’entrée de denrées alimentaires, a militarisé l’aide humanitaire et sa distribution, et ciblé les infrastructures essentielles », soutient José Mas, responsable des urgences. « Ce sont autant de moyens utilisés pour affamer la population de Gaza et la contrôler. »
Dans son rapport, l’organisation récipiendaire du prix Nobel de la paix en 1999 pointe également du doigt la Fondation Humanitaire de Gaza, un organisme privé soutenu et financé par Israël et les États-Unis créé l’année dernière pour prendre le rôle de l’ONU et des ONG, avant d’être dissoute en novembre dernier.
À l’heure actuelle, le cessez-le-feu en cours depuis octobre dernier est toujours en vigueur, ce qui n’empêche pas des attaques sporadiques dans l’enclave de la part des forces armées israéliennes. Après deux ans de conflit « dévastateur », la situation demeure « extrêmement fragile » pour MSF, qui appelle Israël à autoriser immédiatement l’entrée sans entrave de l’aide à Gaza.
Luis Reygada
L'Humanité du 07 mai 26

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