Cisjordanie : 448 anciens dirigeants et diplomates européens appellent l’UE à agir contre un vaste projet de colonisation israélienne

 

Le ministre des finances israélien, Bezalel Smotrich (extrême droite), brandit une carte d’une zone proche de la colonie de Maale Adumim, un corridor terrestre connu sous le nom de E1, situé aux abords de Jérusalem en Cisjordanie, le 14 août 2025, après une conférence de presse sur place. MENAHEM KAHANA / AFP
Plus de 400 signataires, parmi lesquels l’ancien vice-président de la Commission européenne Josep Borrell et l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt, alertent sur le projet E1 voulu par Israël pour couper en deux la Cisjordanie.

Plus de 400 anciens ministres, ambassadeurs et hauts fonctionnaires européens appellent mercredi, dans une lettre ouverte relayée par l’Agence France-Presse (AFP), les dirigeants de l’Union européenne à « agir maintenant » contre « l’annexion illégale » que mène Israël en Cisjordanie avec le projet E1, prévoyant la construction de milliers de logements. 
« L’UE et ses Etats membres, en collaboration avec leurs partenaires, doivent prendre des mesures immédiates pour dissuader Israël de poursuivre son annexion illégale de terres palestiniennes en Cisjordanie », écrivent les 448 signataires, parmi lesquels l’ancien vice-président de la Commission européenne Josep Borrell et l’ancien premier ministre belge Guy Verhofstadt.
Israël a approuvé, en août 2025, le projet E1 qui coupera en deux la Cisjordanie et compromettra toute continuité territoriale d’un éventuel Etat palestinien à venir. L’appel d’offres pour construire 3 400 logements sur une zone de 12 kilomètres carrés située à l’est de Jérusalem a été publié en décembre par l’Autorité foncière israélienne. L’ONU, l’Union européenne et de nombreux dirigeants ont appelé Israël à renoncer à ce projet.
Le 1er juin, le « gouvernement israélien a l’intention de publier des appels d’offres détaillés pour développer la zone E1 », affirment les signataires. En raison de cette échéance, « l’UE et ses Etats membres doivent agir dès maintenant – notamment lors du conseil “affaires étrangères” du 11 mai », ajoutent-ils.
« L’UE doit, au minimum, imposer des sanctions ciblées, notamment des interdictions de visa et l’interdiction d’exercer des activités commerciales dans l’UE, visant toutes les personnes impliquées dans des activités de colonisation illégales, en particulier celles qui promeuvent, soumissionnent pour et mettent en œuvre le plan concernant la zone E1 », estiment les signataires.
Ces personnes et entités comprennent des « responsables politiques, des dirigeants de colonies, l’“Autorité foncière” israélienne, des représentants des autorités locales, des urbanistes, des avocats, des architectes, des ingénieurs, des promoteurs immobiliers, des entrepreneurs, des banques et d’autres institutions financières ».
Territoire palestinien frontalier de la Jordanie, la Cisjordanie est occupée par Israël depuis 1967. Selon une estimation relayée par l’AFP, hormis Jérusalem-Est, annexée par Israël, plus de 500 000 Israéliens y vivent parmi environ trois millions de Palestiniens, dans des colonies que l’ONU juge illégales au regard du droit international.
La colonisation de la Cisjordanie s’est nettement intensifiée sous le gouvernement actuel, particulièrement depuis le début de la guerre à Gaza déclenchée le 7 octobre 2023 par l’attaque du Hamas sur le sol israélien.
Les affrontements, parfois meurtriers, entre populations locales palestiniennes, armée et colons juifs s’y sont multipliés. La croissance des colonies israéliennes en Cisjordanie a atteint en 2025 un niveau record depuis le début du suivi de l’ONU, en 2017, selon un rapport du secrétaire général des Nations unies.

(Avec les agences de presse du 06 mai 2026)

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