Rima Hassan : la procédure pour possession de drogue classée sans suite, son avocat dénonce un « scandale politico-judiciaire »

 

Au-delà du fond de l’affaire, et même de la question de l’immunité parlementaire, nombreux médias et personnalités avaient relayé des « fuites » sur la prétendue présence de drogue dans les effets personnels de Rima Hassan.© TelmoxPintox
La procédure concernant « la prétendue découverte d’un produit stupéfiant » dans les affaires de Rima Hassan lors de sa garde à vue il y a une semaine a été classée « sans suite », selon son avocat. L’eurodéputée insoumise a annoncé que « des plaintes étaient à l’étude concernant les médias et personnalités ayant diffusé ces fausses informations ».

Il s’agit d’un « scandale politico-judiciaire » selon l’avocat Vincent Brenghart, voire d’un « naufrage médiatique et judiciaire » selon la France Insoumise. Jeudi 9 avril, la procédure concernant la supposée découverte de drogue dans les affaires de Rima Hassan lors de son placement en garde à vue le jeudi 2 avril a été classée sans suite. « Cette décision vient mettre un terme définitif à la diffusion, depuis plusieurs jours, de fausses informations », se félicite son avocat, tout en dénonçant « l’acharnement judiciaire » et « l’obsession médiatique nauséabonde » dont l’eurodéputée insoumise fait l’objet depuis plusieurs mois.

Une plainte contre le porte-parole du ministère de la Justice
Pour rappel, Rima Hassan avait été placée en garde à vue pour « apologie du terrorisme » à la suite de la publication sur X (ex-Twitter) d’une citation de Kōzō Okamoto, responsable d’un attentat dans un aéroport israélien ayant conduit à la mort de 26 personnes. Une garde à vue « illégale » et qui constituait « un dévoiement de la procédure de flagrance » qui permet aux autorités de passer outre l’immunité dont bénéficient les parlementaires, estimait Vincent Brenghart.
Au-delà du fond de l’affaire, et même de la question de l’immunité parlementaire, nombreux médias et personnalités avaient relayé des « fuites » sur la prétendue présence de drogue dans les effets personnels de Rima Hassan. La juriste franco-palestinienne a même annoncé avoir porté plainte contre ses fuites, dénonçant une violation du secret de l’enquête. Est visé notamment le porte-parole du ministère de la Justice. Un article du Canard Enchaîné, publié le 8 avril, affirme que ses fuites auraient pour origine le porte-parole du garde des Sceaux, Sacha Straub-Kahn, qui a échangé avec plusieurs journalistes pendant l’audition de Rima Hassan et discuté du contenu de sa garde à vue.
Le même jour, le garde des Sceaux Gérald Darmanin a annoncé avoir saisi l’Inspection générale de la Justice sur ces fuites, en réponse à une question du député LFI Thomas Portes qui demandait le départ du porte-parole du ministère de la Justice.

« Procédés déloyaux et illégaux visant délibérément à nuire à Rima Hassan »
Maître Vincent Brengarth rappelle que Rima Hassan « a toujours été catégorique » sur le fait qu’il s’agissait « d’un achat à usage médical parfaitement légal, attesté par un ticket de caisse dans une boutique de CBD à Bruxelles dont elle a immédiatement donné les coordonnées ». À ses yeux, « il ne s’agit pas d’un simple classement sans suite mais d’une situation d’une extraordinaire gravité ». La « divulgation de fausses informations dans le cadre de la procédure vient en effet confirmer l’existence de procédés déloyaux et illégaux, en fait des manipulations, visant délibérément à nuire à Rima Hassan : les autorités doivent en tirer toutes les conséquences », insiste l’avocat.
Selon lui, ce classement sans suite « anéantit la légalité, la crédibilité et l’impartialité de la procédure ayant donné lieu au renvoi de Rima Hassan devant le tribunal correctionnel ». Vincent Brengarth déplore également « le silence gardé par le parquet » et demande à tous les médias « ayant répandu de fausses informations d’opérer des démentis et de présenter des excuses publiques » à sa cliente. « Je ne vais pas me contenter de rétablir la vérité », a publié sur X Rima Hassan, selon qui des « plaintes sont à l’étude concernant les médias et personnalités ayant diffusé ces fausses informations ».
LFI a de son côté dénoncé dans un communiqué un « naufrage médiatique et judiciaire », démontrant « l’ampleur de la cabale politique et des barbouzeries judiciaires que subissent Rima Hassan et La France insoumise depuis maintenant plusieurs mois ». Pour la formation de Jean-Luc Mélenchon, « le gouvernement doit désormais prendre toutes les mesures nécessaires pour qu’il soit mis fin immédiatement à ces méthodes et que soient urgemment rétablies dans notre pays les règles élémentaires d’un État de droit ». La France insoumise rappelle aussi qu’elle a d’ores et déjà saisi l’Arcom, le régulateur des médias, « à propos de ce traitement médiatique diffamatoire ».

L'Humanité du 09 avril 26

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