Quand Israël entraîne les États-Unis

 

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Une fois de plus, le président américain Donald Trump a-t-il été piégé par son allié israélien ? Pour les partisans de « L’Amérique d’abord » (America First), le récit par le New York Times de la réunion du 11 février dernier à la Maison Blanche au cours de laquelle le premier ministre israélien a exposé son (nouveau) plan de guerre contre l’Iran, lequel a aussitôt reçu l’aval du maître (théorique) des lieux est glaçant, humiliant, au point d’avoir suscité leur fureur.

Car M. Netanyahou a manipulé l’immense vanité de M. Trump en lui laissant croire que le conflit dans lequel il comptait entraîner Washington constituerait une promenade militaire de quelques jours, une « excursion ». Non seulement, promettait M. Netanyahou, elle tuerait quelques-uns des dirigeants de la République islamique, mais elle provoquerait simultanément la chute du régime et le soulèvement du peuple iranien aux côtés des États-Unis et d’Israël. Non seulement elle détruirait toutes les capacités militaires de l’Iran, mais la rapidité foudroyante de son exécution et de la défaite de l’adversaire empêcherait que les monarchies du Golfe soient attaquées et que le trafic dans le détroit d’Ormuz soit interrompu.

Un peu plus d’un mois plus tard, le piège israélien s’est refermé sur la Maison Blanche : aux États-Unis, la guerre est plus impopulaire que jamais, les prix de l’essence ont explosé et nombre des partisans de M. Trump sont devenus las de ses menaces démentes, de sa soumission à Israël, de ses fanfaronnades.

(Le Monde-diplomatique d'Avril 2026)

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