Liban - L'ennemi revit le cauchemar de juillet à Bint Jbeil : La résistance ramène le Nord dans le cercle de feu

 

En réponse à la violation du cessez-le-feu et aux attaques répétées de l'ennemi, la résistance a relancé ses opérations militaires. Hier, elle a mené une série d'opérations d'envergure, allant de frappes en profondeur dans les colonies à des affrontements rapprochés à Bint Jbeil, marquant un net changement de cap d'une politique d'endiguement à une stratégie de « rétablissement des règles d'engagement » par le feu.

La résistance a intensifié ses frappes sur les colonies du nord par des salves de roquettes successives et des essaims de drones d'attaque, touchant des localités comme Kiryat Shmona, Metula, Manara, Avivim, Shlomi, Shomra et Kabri, et atteignant même Nahariya et Misgav Am. Le ciblage répété et intense de Kiryat Shmona a été particulièrement remarquable, visant à épuiser les systèmes de défense aérienne et à exercer une pression psychologique et opérationnelle constante sur le front intérieur israélien. La nature des moyens utilisés, entre missiles conventionnels et drones, reflétait également une tendance à tester les défenses israéliennes à plusieurs niveaux, combinant puissance de feu et pénétration qualitative, parallèlement à l'élargissement du champ géographique des cibles.

Sur le terrain, la ville de Bint Jbeil devint l'épicentre des affrontements. La résistance annonça avoir engagé des combats directs à bout portant avec une force israélienne qui tentait de progresser vers le marché de la ville. Ces affrontements coïncidèrent avec le bombardement de concentrations de véhicules autour du complexe Musa Abbas, du Triangle de la Libération et de l'école professionnelle. Ce schéma de combat reflète l'adoption d'une tactique de « défense active », fondée sur l'engagement direct appuyé par le feu, dans le but d'isoler la force d'attaque et de l'empêcher de s'implanter dans la ville. Il s'agit d'une répétition de la guerre de juillet 2006, mais avec un armement plus sophistiqué.

Parallèlement, la résistance mena une série d'opérations de précision ciblant des véhicules et des positions israéliennes. Celles-ci comprenaient des frappes de véhicules avec des missiles guidés dans la ville de Taybeh, le ciblage d'un char Merkava et d'un bulldozer militaire D9 avec des drones, ainsi que des frappes sur des positions militaires et des concentrations de troupes sur le site de Marj, la colline d'Ajal, le site d'Asi et la caserne de Hounin. Ces opérations témoignent d'une volonté manifeste de « paralyser les capacités offensives » de l'armée israélienne, en ciblant les plateformes de combat elles-mêmes et non seulement le personnel, ce qui reflète un niveau avancé de surveillance et de reconnaissance ainsi qu'une capacité à gérer les tirs de manière intégrée.

En conclusion, ces opérations révèlent le passage de la résistance à une phase d'initiative sur le terrain, lié à la décision israélienne de poursuivre son agression contre le Liban afin de l'éloigner des négociations pakistanaises. Cette stratégie repose sur trois axes : exercer une pression sur le front intérieur israélien, empêcher toute avancée terrestre et affaiblir les capacités militaires. Cette stratégie est claire : toute violation du cessez-le-feu ne se traduira pas par une riposte localisée, mais par une escalade globale qui reliera le front intérieur israélien au champ de bataille et rendra toute avancée terrestre extrêmement coûteuse.

Alors que le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, justifiait son rejet de l'accord de cessez-le-feu et la poursuite des combats par la nécessité de « sécuriser le nord », les habitants du nord exprimaient des doutes quant à la faisabilité de cet objectif. La chaîne 12 a rapporté que les combats se poursuivent, mais que les habitants du nord prennent désormais conscience que cela ne garantit pas le démantèlement du Hezbollah. Le correspondant de la chaîne, Guy Varon, a déclaré que « jusqu'à mercredi, Israël et l'armée insistaient sur le fait qu'il n'y avait aucun lien entre les situations iranienne et libanaise ». Il a noté que les responsables militaires parlaient d'« affaiblir » le Hezbollah et que « l'on n'entend plus parler de "victoire décisive". Même le Premier ministre n'a pas évoqué une défaite décisive du Hezbollah. » Il a souligné que le parti conservait la capacité de lancer des roquettes sur les colonies, à raison de 200 par jour. Selon le correspondant, les colons du nord exigent du Premier ministre et du gouvernement qu'ils éliminent cette menace et s'inquiètent profondément d'un cessez-le-feu imposé « d'en haut » par les Américains.

(Correspondance locale - Nabatiyeh, le 10 avril 2026)

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