Liban : Donald Trump annonce une prolongation de la trêve 3 semaines, Israël continue ses bombardements

 

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d’État Marco Rubio et le président Donald Trump dans le bureau ovale de la Maison Blanche, le jeudi 23 avril 2026, après une rencontre avec des émissaires libanais et israéliens.© Will Oliver/UPI/ABACAPRESS.COM
Le président des États-Unis a annoncé un prolongement du cessez-le-feu entre Tel-Aviv et Beyrouth, ce jeudi, à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux capitales à la Maison Blanche. Depuis, le sud du Liban a de nouveau été attaqué par l’armée israélienne.
« TROIS SEMAINES ! » La prolongation du cessez-le-feu entre Israël et le Liban a été annoncée sur la plateforme du président Donald Trump, Truth Social, ce jeudi, à l’issue d’une nouvelle réunion entre des représentants des deux pays à Washington. En vigueur depuis le 17 avril, la trêve devait initialement s’achever dimanche.
À l’issue de pourparlers organisés à la Maison Blanche, le président des États-Unis a par ailleurs affirmé qu’il y avait une « très bonne chance » de parvenir à un accord de paix dès cette année, disant aussi s’attendre à ce que les dirigeants Benyamin Netanyahou et Joseph Aoun se rencontrent « dans les semaines à venir ».
Mais la situation est toute autre sur place. Le Middle East Eye rapportait ce vendredi matin qu’Israël a lancé de nouvelles agressions militaires contre le sud du Liban quelques heures seulement après l’annonce de Donald Trump.

Le même sort que Gaza pour le Liban ?
« Parmi ces attaques figuraient deux bombardements visant la ville de Touline, tandis qu’un autre a touché Khirbet Selm ; des tirs d’artillerie ont également été signalés à la périphérie de Touline ; des avions de combat israéliens ont également frappé Majdal Zoun, une ville située près de Tyr », signale le média numérique indépendant. L’armée israélienne aurait aussi fait exploser des maisons dans la ville de Khiam, selon Al Jazeera. L’ambassadeur d’Israël auprès des Nations unies, Danny Danon, avait d’ailleurs averti que le cessez-le-feu avec le Liban n’était « pas à 100 % ».
De son côté, le Hezbollah rejette ces pourparlers et poursuit ses opérations dans le sud du Liban, où l’armée de Benyamin Netanyahou est constamment accusée de violer les cessez-le-feu et entend créer une « zone tampon », au prix d’opérations militaires sanglantes, qui ont tué notamment mercredi une journaliste libanaise.
Le président libanais, Joseph Aoun, est par ailleurs attendu ce vendredi au sommet européen d’Ayia Napa, à Chypre, alors que les Vingt-Sept ont fait savoir qu’ils entendaient évoquer la situation au pays du cèdre et les pourparlers en cours avec Israël, « et entretenir un « dialogue intensif » avec les États de la région ». Les présidents égyptien Abdel Fattah al-Sissi et syrien Ahmed al-Charaa seront présents, ainsi que le prince héritier de Jordanie Hussein ben Abdallah.
Depuis le 2 mars, le Liban compte plus de 2 400 morts et un million de déplacés, soit 15 % de la population libanaise. Villages entiers vidés de leurs habitants, quartiers détruits par les bombardements, ponts, hôpitaux et autres infrastructures civiles directement visés par les frappes israéliennes… Nombreuses sont les voix qui s’élèvent pour dénoncer les crimes de guerre israéliens alors qu’une partie du pays pourrait bientôt subir le même sort que Gaza.
« Depuis 1948, Le Liban et Israël ont mené huit guerres majeures. Celle que nous vivons aujourd’hui est de loin la plus violente et la plus meurtrière car elle est montée en puissance en quelques jours seulement. L’existence même du Liban dans ses frontières actuelles est en jeu », exprimait il y a peu l’ancien ministre libanais des Affaires étrangères Farès Boueiz.

Luis Reygada
L'Humanité du 24  avril 26

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire